Renforcer la grâce de notre baptême

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Dernière modification 3 heures ago by Chrétien en ce temps

La première lecture de ce 11e dimanche ordinaire nous invite à écouter la voix de Dieu et à garder son alliance (Ex 19, 5). Cette invitation de Dieu est tout indiquée alors que nous revenons aux dimanches véritablement ordinaires après le temps pascal, la Sainte Trinité et le Corps et Sang du Christ Ces liturgies de fête sont là pour fortifier notre baptême, notre foi et nous redonner l’élan pour continuer notre chemin d’alliance avec le Seigneur.

Envoyé en mission depuis notre baptême

Chaque jour nous sommes invités à redire le « oui », formulé lors de notre baptême, pour mieux suivre et aimer le Seigneur. Cette invitation nous envoie en mission, au cœur du monde, là où nous sommes, pour annoncer au monde la « justice et la fidélité » de Dieu (Psaume 99, 100). Ainsi, nous pouvons comprendre que c’est Dieu qui nous a aimé le premier et que c’est son amour qu’il nous est donné de porter et d’apporter dans et par ce que nous sommes et faisons.

Devenir disciple

Être disciple c’est prendre la suite du Christ avec nos charismes, nos forces et aussi nos fragilités pour annoncer les merveilles de Dieu. Ce n’est pas nous que nous annonçons, nous ne sommes pas en mission comme en campagne électorale. Notre vie doit donc essayer de résonner de cet amour de Dieu qui parcourt la terre.

Les difficultés de notre baptême

Mais, il faut être lucide, cette vocation baptismale n’est pas toujours aisée. Nous ne sommes pas toujours en communion avec Dieu, et encore moins avec les autres. Pourtant, l’invitation de Dieu est là. Il nous invite chaque jour à renouer avec cette alliance, à mettre nos pas dans les siens pour que le monde vive davantage de sollicitude et de fraternité.

Comment rester fidèle ?

Alors, comment rester fidèle à l’appel de Dieu ? Peut-être qu’il nous faut, tout simplement, adopter une attitude de louange, d’action de grâce pour la fidélité et la constance de Dieu. Reconnaître sa primauté comme l’élan premier de notre vie nous invite à nous décentrer de nous-même. Ainsi, lorsque nous nous tournons vers l’Éternel, Seigneur de toutes choses, nous contemplons l’étendue de sa fidélité. Alors, de notre bouche, de notre cœur pourra monter un chant de louange. Je peux louer le Seigneur, le bénir, car il m’aime infiniment plus que ce que je suis capable d’imaginer.

Rendre grâce

C’est dans ce mouvement de reconnaissance, d’action de grâce que Paul nous conduit dans la seconde lecture. Le sacrifice, la mort du Christ sur la croix est pure gratuité du Père pour nous montrer le chemin du plus grand amour. C’est le signe du fol amour de Dieu qui nous conduit justement à lui rendre grâce. Le Salut n’est donc pas une récompense à notre bonne conduite, à nos bonnes actions. Nos actions peuvent témoigner du Salut mais n’en sont pas la conséquence.

Dieu donne par amour

L’éternité de l’amour de Dieu nous donne de nous éloigner d’une relation commerciale avec Lui. Il n’y a pas de donnant-donnant avec Lui, juste un « je donne par amour. » Mais, devant un tel amour, une telle intensité dans le désir de Dieu de nous faire devenir ce qu’il est, comment ne pas être habité par la reconnaissance.

Notre baptême consiste à annoncer au monde les merveilles de Dieu

Et c’est là que notre mission baptismale prend tout son sens : annoncer au monde le désir de Dieu pour nous. Dieu veut que nous bâtissions son Royaume et sa justice là où nous sommes. Il est d’abord empli de compassion devant tous ceux et toutes celles qui n’ont pas la joie de le connaître.

Envoyés dans le monde depuis notre baptême

Comme les disciples dans l’Évangile de ce dimanche (Mt 9, 36 – 10, 8), c’est d’abord vers « les brebis perdues de la maison d’Israël », celles de notre « Galilée », qui nous sont proches, que nous sommes envoyés. Ce n’est peut-être pas la mission la plus facile tant il est difficile d’échapper au regard des autres. Pour autant, Dieu nous invite à l’humilité et à essayer d’être autant que faire se peut dans la cohérence entre nos paroles et nos actes.

Humilité et conversion

Jésus nous fait donc une proposition pour travailler à la fois notre humilité et notre conversion. Nous ne sommes pas toujours cohérents et comme les foules de l’Évangile de ce 11e dimanche, nous sommes parfois « désemparés et abattus. » Alors, dans ces cas-là, n’hésitons pas à revenir vers Dieu. Il est toujours prêt à nous manifester sa compassion, son amour et sa grâce. Nous entendrons ainsi son doux appel à avancer davantage vers un accomplissement des promesses de notre baptême.

Vous avez dit conversion ?

La conversion qui en découle n’est pas une somme de choses à faire. Il est important de sortir d’une sorte d’obligation de résultat, de réussite. Avec le Seigneur, il n’y a pas d’examen à passer. Le seul qui vaille est l’examen de conscience qui n’est pas une évaluation mais plutôt une marche vers la prise de conscience d’une révélation. Dieu vient nous dire qu’il nous aime et qu’il veut que nous marchions à sa suite car cela rend heureux.

Dans la vérité de l’Évangile

Certes, cela coûte, car cela nous engage à vivre davantage dans la vérité de l’Évangile. Il nous conduit vers un compagnonnage avec le Christ qui nous donne d’entendre sa promesse d’une vie en abondance. Non pas une vie facile, à l’abri des problèmes, des soucis et autres aléas de la vie. Mais une vie qui est davantage tournée vers les autres que vers soi, une vie où l’échange et le partage ont davantage de prix que l’égoïsme.

Serviteurs de la mission du Christ

Ainsi, vivre la mission du Christ d’annonce de l’Évangile c’est essayer de vivre davantage de disponibilité et d’ouverture au quotidien. Dans le rythme effréné de nos vies, dans nos agendas souvent surchargés, quelle place faisons-nous à cette ouverture, à celui qui frappe à notre porte et vient nous déranger ? Sommes-nous capables d’accepter d’être déroutés, déplacés, déstabilisés par cet autre qui peut venir nous déranger ? C’est dans ces lieux quotidiens, dans ces rencontres de tous les jours que nous pourrons témoigner que Dieu est promesse de vie et que « le royaume des Cieux est tout proche. »

Invités aux noces de l’Agneau

Heureux sommes-nous donc si l’invitation du Seigneur à l’annoncer par et dans toute notre vie nous conduit à tout faire pour être des témoins crédibles de l’Évangile. Prions donc le maître de la moisson de nous aider à accueillir sa grâce. Puissions-nous nous rendre disponibles à l’impromptu de l’Esprit et ainsi rejoindre les ouvriers pour la moisson de l’amour.

 

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