Enracinés dans l’espérance


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / samedi, décembre 4th, 2021
Temps de lecture : 5 minutes(Last Updated On: 4 décembre 2021)

Enracinés dans l’espérance Nous cheminons vers l’espérance de Noël, en ce 2e dimanche de l’Avent. Pas facile forcément si l’on regarde le journal, la météo ou simplement notre fatigue qui peut se faire dense en cette fin d’année. Pour autant, nous avons conscience que l’irruption de Dieu, qui va naître à Noël, est un réel bouleversement pour nos vies. Cette espérance, qu’il fait naître dans le cœur des femmes et des hommes de bonne volonté, entraîne des changements radicaux. Nous le voyons bien dans la lecture du livre de Baruc, proposée en première lecture. Les chemins qui mènent à la rencontre de Dieu deviennent ainsi simples.

Renaître à l’espérance

Pour autant, naître ou renaître sans cesse à cette espérance n’est pas facile. Nous pouvons facilement nous rendre compte que nous avons vraiment besoin de la grâce de Dieu, de sa miséricorde et de son Esprit de force pour avancer dans cette espérance. Souvenons-nous toujours que Dieu tient ses promesses et que son Salut nous est offert en abondance. Nos esprits, nos intellects le savent bien sûr, mais notre foi est parfois bien fragile et à besoin d’être revigoré par cette espérance. Nous avons besoin de discerner et d’être encouragés dans ce chemin de rencontre vers le Seigneur. C’est à cela que Paul nous invite dans la seconde lecture. Avec lui, nous avons à nous encourager les uns les autres dans notre foi et à nous encourager à tenir bon dans l’espérance.

Faire communion

Toutefois, peut-être nous faut-il un temps pour prendre conscience des lieux où nous avons à renforcer notre foi. Elle est toujours en travail et doit se fortifier par la prière des uns et des autres. Cette communion des « saints », cette intercession continuelle fortifie la communauté ecclésiale et l’enracine dans l’espérance. « Je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important », nous dit Paul. Cette phrase forte nous devrions la mettre sur notre miroir de salle de bains pour la méditer lorsque nous nous lavons les dents.

Progresser dans l’espérance

Ainsi, ce qui nous fait progresser dans l’espérance ce n’est pas nos propres forces, nos « vaines gloires », nos « merveilles », mais l’amour que Dieu nous porte. Même si nous avons une conscience imparfaite de nos fragilités, de nos pauvretés, de nos manquements et autres handicaps, Dieu nous aime parfaitement. Cet amour est puissance de vie et de résurrection. Il nous donne, grâce à sa force et à celle de la prière des uns et des autres, à tenir dans la foi. Nous pouvons ainsi continuer à espérer contre toute espérance, à « alle[r] porter l’Évangile du Seigneur », comme nous y invite l’un des rites de conclusion de la dernière traduction du Missel romain.

Apprendre à discerner

Au final, là est bien l’un des objectifs de notre foi. C’est bien pour cela qu’il nous est nécessaire de bien discerner, comme le dit saint Paul aux Philippiens. Notre vie est une suite de choix que nous avons à prendre. Tous ne demandent pas un temps de discernement. Pour ceux qui concernent notre vie, celle des femmes et des hommes de ce temps, ou bien encore la manière la plus juste d’annoncer le Christ par et dans toute notre vie, cela est nécessaire. Discerner c’est regarder de quelle manière nous pouvons faire naître l’espérance au cœur de ce monde. Ainsi, nous serons des bâtisseurs de justice et de paix.

Incarner l’amour du Seigneur

Si le Seigneur vient rencontrer notre chair à Noël, c’est pour que son amour s’incarne dans ce monde. Chacun de nous a sa manière propre d’être le prolongement de l’amour du Christ, de l’espérance du Seigneur pour ce monde. Certains auront la fougue de Jean-le-Baptiste, de François-Xavier – que nous fêtions vendredi – ou seront plus discrets. Ce qui importe c’est de pouvoir être accordé à la miséricorde et à la justice de Dieu. C’est l’intérêt de ce chemin d’Avent d’avancer jour après jour vers davantage de lumière pour découvrir davantage l’illumination de la révélation. Notre prière doit se nourrir de ce cap et nous porter à devenir témoins du Christ pour les autres.

La communion de l’espérance

Une fois de plus, tenir dans cette espérance n’est pas quelque chose que nous pouvons réaliser seuls. C’est la communauté des croyants qui est invitée à être ce feu qui réchauffe, cette « petite fille espérance » si chère à Péguy. Dans nos crèches familiales, dans celles de nos communautés, de nos paroisses, nous préparons une place pour Dieu. Mais, prenons-nous le temps de faire de la place dans notre cœur ou bien sommes-nous « entravés par le souci de nos tâches présentes » ? Il y a vraiment un risque de passer à côté du Seigneur. Même si nous avons l’impression que notre vie, notre cœur ressemblent à la sécheresse du désert, souvenons-nous qu’il est le lieu de mission de Jean-le-Baptiste. Nous pouvons comprendre ainsi qu’il n’y a aucun lieu étranger pour l’amour de Dieu.

Compter davantage sur Dieu

Il vient nous rejoindre dans toutes les dimensions de notre humanité et particulièrement au cœur de nos fragilités. Aussi, le monde a besoin de femmes et d’hommes prompts à témoigner de cette réalité. Ce témoignage amène est ce « salut » dont nous avons tant besoin. Nous avons des difficultés avec cette notion de pêchés dont nous parle l’Écriture. Il ne s’agit pas d’une culpabilité native ou d’un sort maléfique, mais de notre suffisance, de notre manière de toujours compter sur nos propres forces et non sur celle du Seigneur.

Chemin d’Avent

Le temps de l’Avent nous offre des compagnons tels Jean-le-Baptiste, Joseph ou bien encore Marie. Tous trois, et bien d’autres aussi nous ont montré le chemin de la confiance. Ils ont accepté que la Parole du Seigneur s’incarne dans leur vie pour qu’ils soient ses témoins. Sans eux, le Christ n’aurait pas été annoncé. Nous aussi entrons dans cet appel.

Ainsi, il est heureux de constater que Dieu compte sur nous pour nous conduire au Salut. Il est en dialogue, en partenariat avec nous. Singulièrement, personnellement, le Seigneur nous aime. Il nous demande de nous enraciner dans l’Espérance de son appel, et de faire de la place dans notre cœur au surgissement de sa Bonne Nouvelle.