La confiance en Dieu : chemin de guérison intérieure

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5e dimanche du temps ordinaire. Année B : Job 7, 1-4.6-7 – Ps. 146 – 1 Co 9, 16-19.22-23 – Mc. 1, 29-39

confiance en DieuLa désespérance et l’angoisse de Job, dans la première lecture de ce 5e dimanche du temps ordinaire, nous sont familières. La crise sanitaire provoque une importante crise sociale qui frappe nombre de contemporains. Comment alors, dans ces conditions, garder confiance en Dieu ? Comment est-il possible de voir dans le lendemain, un jour de promesse et de bénédiction ? Difficile, en effet, d’entrer dans cette invitation à louange du psaume de ce dimanche. Pourtant, nous sentons bien, que notre foi, notre attachement au Christ nous ouvrent à une promesse positive d’avenir. Nous sommes, peut-être, au cœur de la tornade, dans l’obscurité, mais nous savons que notre confiance en Dieu ne sera pas déçue. Le Christ est à nos côtés pour nous soutenir et nous accompagner tout au long de notre pèlerinage sur notre terre.

Tenir

Mais nous pouvons tout de même nous demander comment tenir alors que tout semble s’écrouler. Comment cette confiance en Dieu, qui sommeille au cœur de notre cœur, peut surgir et nous faire tenir ? Peut-être, tout d’abord, nous faut-il humblement reconnaître que notre barque peut chavirer et que nous sommes malades de la désespérance. Il ne s’agit pas de nier la réalité de la difficulté ; mais se maintenir dans la morosité, c’est faire le jeu de l’ennemi de la nature humaine. Ainsi, nous avons vite fait de mettre de côté notre relation au Christ et à son Évangile. Ils sont un phare dans la nuit, la force de l’espérance qui nous donne le courage d’avancer sur ce chemin d’alliance.

On ne prête pas attention au danger qu’il y a à trop charger la barque. Il en résulte que, s’il est dangereux de la mener à vide parce qu’elle sera ballottée par les tentations, il l’est davantage encore de la charger si lourdement qu’elle coulera
Ignace de Loyola

Espérance

Oublier le Christ, c’est, en quelque sorte, risquer de cheminer dans un labyrinthe dont la sortie est particulièrement complexe. Prendre conscience de ce risque, c’est l’éviter et entendre cette voix qui nous invite à « entonner pour le Seigneur l’action de grâce », comme nous y invite le psaume de ce dimanche. Dans notre manière de rendre grâce, soyons prudents. Il ne s’agit pas de se réjouir de la peine, de la douleur, de la détresse… ce ne serait pas très chrétien comme louange. Mais il nous revient de nous souvenir de la présence de Dieu au cœur de ces tribulations. Nous pouvons nous souvenir que, Lui aussi, a souffert, pour porter nos souffrances et les transformer en puissance de résurrection. Telle est notre espérance, telle est notre foi qui nous permet de confier nos interrogations à la Trinité.

Avoir confiance en Dieu

Dans cette confiance en Dieu infinie, dans cette intimité de la prière, nous pouvons aussi crier notre détresse. Soyons certains que Dieu n’y sera pas sourd et viendra nous accorder sa consolation. Cette expérience de la proximité de Dieu, même si elle nous est intimement personnelle, nous n’avons pas à la garder pour nous. Notre baptême fait de nous des missionnaires. Nous avons été greffés sur la vigne du Seigneur pour devenir son bon vin qui réjouit nos contemporains. Les paroles de Paul dans la seconde lecture nous font comprendre cet appel, cette vocation. Tous, nous sommes appelés au service de Dieu, dans le service de nos frères et sœurs.

Promesse

Qu’importent nos incapacités, nos fragilités et toutes ces occasions qui nous font louper la rencontre avec le Seigneur. La grâce du Seigneur est première, c’est elle qui nous donne le courage de l’avenir, la force de l’espérance pour annoncer à temps et à contre-temps la force de Dieu, force des fragiles. Malgré nos résistances, notre apathie, nous savons que Dieu nous promet le bonheur. Ne luttons pas contre Dieu, ne l’accablons de nos malheurs, il n’en est pas responsable. Même si, comme Job, nous avons envie de dire « mes yeux ne verront plus le bonheur », souvenons-nous de la présence du Christ qui vient nous guérir, nous remettre debout pour que le plus grand service de nos contemporains.

Dans ton amour inlassable, Seigneur,
veille sur ta famille;
Et puisque ta grâce est notre unique espoir,
garde-nous sous ta constante protection

Prière d’ouverture du 5ᵉ dimanche du Temps Ordinaire

Guérir

Contemplons l’Évangile de ce dimanche. Nous sommes encore au tout début de l’Évangile de Marc. Jésus semble vouloir prendre du repos dans la famille de Pierre, après l’épisode du possédé-délivré de la synagogue de Capharnaüm. Aussitôt, il lui est demandé de guérir la belle-mère de Pierre. Cette dernière, guérie, se met déjà au service de ses hôtes. Ce qui est intéressant, ce n’est pas tant la question de la convalescence de la belle-mère de Pierre, mais sa promptitude à se mettre au service. Nous pouvons y entendre un appel à aller le Christ, à conduire nos frères et sœurs vers Lui, et le laisser nous guérir. De même, il nous faut accepter qu’il nous envoie en mission. Jésus n’est pas un vulgaire thaumaturge ou un rebouteux particulièrement doué. S’il remet debout, c’est pour que nous partions servir, comme la belle-mère de Pierre.

Mission

La guérison est mission, car nous avons communié à l’espérance que donne la vie du Christ. Nous pouvons rester sur le banc de touche, heureux d’avoir été guéris par le Christ, mais cette guérison serait incomplète si nous n’en témoignons pas. Nous avons à faire notre la confession de Paul dans la seconde lecture : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » Annoncer l’Évangile, c’est témoigner de la charité du Christ. L’Amour miséricordieux que le Christ nous manifeste, son cœur brûlant d’amour nous pousse à être porteur de sa Bonne Nouvelle. Cette mission que nous avons à vivre et à faire vivre demande aussi, de temps à autre, du silence pour un cœur à cœur plus approfondi avec l’Éternel Seigneur de toutes choses. Se dévouer corps, cœur et âme au service du prochain, pour le Seigneur, est louable, mais il ne faut pas oublier la gratuité de la prière. Même Jésus prenait le temps de se mettre à l’écart pour s’en remettre au Père. Il en tirait la force et le dynamisme pour poursuivre sa mission.

N’oublions pas que la prière est aussi un moyen concret de servir Dieu. Demandons donc la grâce de trouver du temps dans la prière, pour entrer dans une intime communion avec le Père et Seigneur de toutes choses. Cette conversation amicale nous permettra de sentir la force de l’espérance, la douceur de sa miséricorde et l’exigence de son appel.

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