Devenir humble en Christ

Devenir humble en ChristCes derniers dimanches, l’Évangile nous conduisait à méditer sur la foi. Notre pauvre mais sincère foi en la puissance de l’Amour de Dieu. Comment cheminer avec le Christ, malgré notre fragile foi, notre détermination si hésitante. Les textes de ce 30e dimanche nous donnent quelques pistes pour creuser une réponse : l’humilité et la pauvreté. Ces mots tout simples sont piégés et nous font penser au sens de l’effort, de l’action forcée. Pourtant, il ne s’agit pas de se forcer à être humble et pauvre, nous deviendrions hypocrites. Il nous faut chercher à marcher en contemplant le Christ pour que sa grâce transforme nos vies.

Être

Nous sommes souvent, comme les jeunes enfants, dans les « comment » et les « pourquoi ». Nous cherchons à trouver des raisons d’agir et d’espérer. Avec le Christ, nos motivations ne doivent pas être de cet ordre. Une seule chose nous est demandée : c’est d’être avec Lui pour être aux autres. De là nous pourrons agir avec justice. Paul dans la seconde lecture nous fait le récit humble de son apostolat. C’est le Christ le moteur de son action et de son espérance. Il ne cesse de brûler du désir d’annoncer l’Évangile. Nous aussi pouvons être habités de ce même zèle, de ce même désir, mais ne partons pas tels des Don Quichotte.

Devenir

Devenir compagnons de Jésus, ses intimes, cela se cultive et demande une humble patience. Lors de notre baptême et de notre confirmation, l’Esprit a été versé en nos cœurs en vue de cette annonce. Toutefois, pour que cela ne reste pas lettre morte, nous devons nous tourner davantage vers Dieu. Cette proximité ne pourra naître que de la prière, de ce cœur à cœur avec Celui pour qui notre vie a du prix. La prière est notre principale arme, c’est d’ailleurs l’unique. Toutefois, c’est un véritable défi pour chacun. Nous devons accepter d’être humbles devant cette relation avec Dieu.

Livrer

Humble, non pas car Dieu serait si puissant qu’il nous faudrait craindre de lui adresser une parole. Humble parce que cela nous invite à sortir des postures, à faire tomber nos masques pour se dépouiller et ouvrir notre cœur à l’Amour. C’est une école de pauvreté, car nous ne pouvons qu’être pauvre en amour. Offrir sa vie, ses pensées, tout ce qui fait ce que nous sommes à Dieu, c’est faire de nos vies un offertoire. C’est entrer dans la dynamique eucharistique : Dieu se livre à nous à partir de ce que nous lui offrons.

Offrir

Notre simplicité, l’offrande humble de ce que nous sommes, révèlent l’humilité de Dieu. Nous cherchons parfois, même souvent, sa présence. Notre prière est parfois sèche et nous avons l’impression qu’elle est vaine à l’image du récit de la première lecture. Pourtant, c’est souvent dans ce silence aride que le Seigneur vient nous parler. Nous sommes si souvent emplis de nous-mêmes que même le dialogue que nous avons avec Dieu ressemble à un monologue. Avouons que très souvent nous ressemblons à ce pharisien de l’Évangile de dimanche. Nous tâchons de nous justifier que nous sommes de « bonnes personnes », que nous respectons le code. Le respecter c’est bien mais le vivre c’est mieux.

La relation au Christ, recevoir de Lui son Amour et sa force ne consiste pas à cocher les bonnes cases. Nous ne sommes pas dans un registre scolaire. Devenir humble en Christ c’est se présenter comme nous sommes en disant : « Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté » et se mettre en route, en mouvement. Dieu nous rejoindra, il se manifestera lors de notre contemplation des « signes des temps ». Nous ne pourrons être unis davantage avec le Christ que si nous entrons dans son cœur. C’est de son cœur que jaillit la source de la mission et la force de transformer nos vies en ressemblance à la sienne.