Grandir dans la foi

Grandir dans la foiCe 27è dimanche ordinaire prend place au début du mois extraordinaire de la mission voulue par François. Les textes de la liturgie nous amènent à réfléchir sur la foi. Cette foi dont l’Église, ensemble des baptisés, vit et en même a pour mission de proclamer par toute sa vie. Mais, nous sommes pauvres en foi, nous sommes des femmes et des hommes qui doutons continuellement. Notre doute porte trop souvent sur nous- mêmes mais aussi sur Dieu. Nous manquons de confiance dans la miséricorde de Dieu, la puissance de son amour salvifique. C’est ce que nous dit Jésus au début de l’Évangile de ce dimanche.

Espérer

Nous pourrions nous désoler, nous lamenter et faire des actes de pénitence qui seraient punitifs. Nous pécherions alors doublement. Non seulement, nous porterions atteinte à notre corps, temple de l’Esprit mais surtout nous passerions à côté de l’être même de Dieu. C’est ce que reproche le Seigneur a Habacuc dans la première lecture. Il y a les récriminations contre Dieu. Nous pourrions les faire nôtre. Et puis Dieu invite le prophète à ouvrir les yeux, à changer d’angle de vue. Il l’exhorte à la patience et à se nourrir de cette espérance qui ne déçoit pas.

Agir

Nous pouvons savourer, garder en bouche tel un bon vin, le verset final du livre d’Habacuc : “Le Seigneur mon Dieu est ma force ; il me donne l’agilité du chamois, il me fait marcher dans les hauteurs”. De la désolation, à la plainte nous sommes invités à entrer dans la louange qui nous conduit à l’action. Notre pèlerinage avec Dieu doit nous entraîner à agir avec la conviction que c’est Dieu qui conduit dans la tempête comme dans le temps plat d’une mer d’huile. Même si notre foi est ridiculement petite, même si nous nous sentons indignes d’être aimé : Dieu nous veut pour compagnon. Ne cherchons pas d’excuses pour ne pas œuvrer à son service. Il ne s’agit pas de dignité, mais d’amour.

Aimer

Le Seigneur nous veut à son service, car il nous aime pour et par ce que nous sommes. Il attend de nous que nous soyons des semeurs d’amour autour de nous. Annoncer l’Évangile ne consiste pas à obliger les gens à suivre des rites, mais à faire découvrir que l’Amour de Dieu est libérateur. Cette annonce ne doit pas être surplombante, mais aimante. Aimer signifie servir ; être là pour et avec l’autre. Ce n’est pas devenir esclave de ses moindres désirs, mais assurer une présence de pleine attention à sa dignité.

Enraciner

Ce qui importe pour vivre de l’amour de Christ, ce sont les gestes d’attention, même les plus infimes. Une bienveillante vigilance est bien plus essentielle que tous les discours, aussi beaux soient-ils. Nous pouvons faire notre cette citation d’Ignace de Loyola : « L’amour doit se mettre plus dans les œuvres que dans les paroles » (Ex. Spi n°230). Elle est une invitation à nous enraciner davantage dans le concret, à incarner nos convictions pour les mettre en acte, à faire descendre nos idées de la tête aux pieds.

Servir

Ainsi, nous ne pourrons grandir dans la foi que si nous servons. Nous pouvons demander cette grâce au Seigneur. Qu’il nous permette de servir davantage. Non pas dans un esprit servile, parce qu’il faudrait le faire. Prendre la tenue de serviteur doit-être considéré comme un honneur, car nous portons ainsi l’Amour de Dieu aux femmes et aux hommes de ce temps. Nous prenons la suite du Christ-Serviteur lors du jeudi saint. Puissions-nous ne pas oublier cet aspect essentiel de notre foi.

Nous ne pouvons pas louer, servir et respecter, Dieu notre Seigneur si nous ne mettons pas le service du l’autre en premier. N’oublions pas que servir c’est aimer et qu’aimer c’est servir.

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