Jeudi Saint : partager le fol amour de Dieu

Ce soir, en ce jeudi saint, début du triduum pascal, le blanc a remplacé le violet du carême. La table est prête et le Seigneur nous y attend. Ensemble, chacun tel que nous sommes, où nous en sommes dans notre relation avec Lui, nous sommes invités. Heureux sommes-nous d’être invités aux noces de l’Agneau.

Jeudi saint
(c) Pqv

Ce soir, en ce jeudi saint, début du triduum pascal, le blanc a remplacé le violet du carême. La table est prête et le Seigneur nous y attend. Ensemble, chacun tel que nous sommes, où nous en sommes dans notre relation avec Lui, nous sommes invités. Heureux sommes-nous d’être invités aux noces de l’Agneau. Ce soir, le Christ se donne en partage. Il s’offre à nous comme nous sommes appelés à nous offrir les uns aux autres ; en vivante offrande à la louange de sa gloire.

Convives

Tous les disciples sont conviés, même « celui qui va le trahir ». Nous-mêmes faisons partie des invités. Le Christ se donne même à ceux qui choisissent de lui tourner le dos ; de le mener à la mort pour trente petits deniers. Ne jugeons pas trop vite Judas, nous aussi il nous arrive sans doute de renier le Christ pour une maigre gratification. Réjouissons-nous plutôt d’être embrassés ce soir dans l’Amour du Christ et célébrons tous ensemble le don de Sa vie.

Cène

La liturgie nous propose comme Évangile non pas le récit de l’institution de l’Eucharistie mais celui du lavement des pieds. C’est Paul qui nous invite à faire mémoire de la nuit pascale. Lui qui en est le témoin indirect en fait le cœur de sa vie, de sa mission. Sa foi, par transmission, peut nous aider dans notre appel à être les témoins du Christ. Nous non plus n’avons pas connu le Christ en chair et en os, mais des femmes et des hommes qui en sont ses témoins. Nous avons rencontré et continuons de découvrir des personnes qui tâchent de vivre du Christ, généreusement, simplement et joyeusement.

Communion

Prendre la suite du Christ, de ses disciples en communiant à son corps et à son sang, à sa vie divine c’est entrer dans un mouvement d’abandon. En recevant l’Eucharistie, le Christ vient faire sa demeure en nous. Il vient faire mourir en nous tout ce qui est suffisance, tout ce qui nous empêche de vivre de son don, tout ce qui nous détourne de la vie donnée en abondance. L’Eucharistie n’est pas un pilule miraculeuse, c’est le dynamisme du don.

Mémoire

En recevant la vie de Dieu, je fais mémoire de sa mort. Je me souviens de la force de son amour. Cet amour qui traverse toute sa vie pour que ma vie soit traversée par la force de son amour. Cet amour fou de Dieu est une consolation qui nous entraîne vers la dépossession. Nous pouvons ainsi commencer à comprendre que le passage de Dieu au cœur du monde, au cœur de ma vie est un appel à l’accueillir en ma chair, au plus intime de mon humanité.

Incarnation

Une vie qui se déploie dans la réalisation de la vie de Dieu et non dans la course à la puissance, au pouvoir et aux honneurs. Ces tentations le Christ les a connues et vaincues non par la force mais par le don de la prière et de son lien avec le Père. Il n’était pas le mercenaire de ce dernier, mais son serviteur, son envoyé, son Fils unique et bien-aimé. Sa divinité qui a épousé notre humanité nous invite à passer nos résistances par la force du pain et du vin devenus son corps et son sang.

Don

Le jeudi saint perdrait de tout son sens sans le lavement des pieds. Pierre ne comprend pas ce geste. Il refuse de voir son Seigneur et maître s’abaisser devant lui, prendre le rang du serviteur. Pourtant, il lui faudra bien entrer dans cette acceptation.

Abaissement

Suivre le Christ c’est accepter qu’il soit un maître de justice, de justesse et d’humilité. C’est entrer dans son abaissement du lavement des pieds à l’humiliation du dallage et du Golgotha. Le jeudi saint, Dieu, en son Fils, nous fait saisir qu’il n’est pas un Dieu des hauteurs, lointain, mais ce Dieu qui se met à notre portée. Par le don de son Eucharistie et par le geste du lavement des pieds, Dieu se donne en partage. Il rompt son corps en rompant le pain pour nous inviter à servir davantage ce monde.

En célébrant ce premier pas du triduum pascal avec foi et joie, laissons-nous rejoindre par l’humilité du Christ. Laissons-le nous conduire vers le chemin du service, du compagnonnage. Il nous appelle à être avec Lui au cœur de ce monde, au cœur de nos détresses, et de celles de ce monde pour y apporter sa compassion et sa joie. Celle d’être aimé follement par Dieu.

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