Être fatigués de ne pas savoir aimer

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Fatigués de ne pas savoir aimerLe psaume 144 (145) de ce 14e dimanche ordinaire nous invite à la louange continuelle de Dieu. Mais quelles sont les raisons de nous réjouir ? Nous sommes fatigués. Le monde est de plus en plus violent et les humains n’en finissent pas d’être veulent, fourbes, avides de pouvoir et de puissance. En résumé : « Rien ne va plus ». Pourtant, nous qui avons la foi, devons entendre cette voix de Dieu qui se dit dans le brouhaha du monde. Il nous dit sa promesse de victoire sur ces temps troublés ; il nous invite à renouer l’Alliance avec Lui.

Communion

C’est dans cette communion d’Amour, telle celle qui unit les trois personnes divines, que nous pourrons vaincre ce mal qui rôde à la recherche de sa proie. Nous y arriverons à la seule condition de compter d’abord sur Dieu, de mettre, dans notre action quotidienne, toute notre confiance en Lui. Il est présent dans ce monde, mais il nous revient de le faire advenir, aidés par sa grâce. Celui qui désire que le Royaume de Dieu advienne doit se reconnaître comme un mendiant de la force de Dieu.

Amour

Celui qu’il veut à son service n’est pas d’abord une âme bien faite, un sachant. Le disciple que Jésus nous appelle à devenir dans l’Évangile de ce dimanche (Mt 11, 25-30) est avant tout un aimant. Une personne qui se laisse toucher par la tendresse du cœur du Christ. Par cet amour désintéressé, Il veut attirer tous les êtres humains, et d’abord les plus fatigués, les plus fragiles, vers Lui. Il veut nous rendre libres de ce qui nous empêche d’aimer comme Lui. Trop souvent, dans nos relations humaines, nous sommes dans des calculs, dans des recherches d’intérêt pour combler notre soif de puissance, de domination. Ainsi, nous pensons faire reculer la mort et être quelqu’un. Cela fait de nous des êtres fatigués !

Dignité

Pourtant, chacun d’entre-nous est digne d’intérêt, parce qu’il est infiniment aimé de Dieu. Il nous invite à le rencontrer personnellement et à découvrir cette tendresse, cette douceur dont il nous entoure. Il ne s’agit pas d’un dieu marshmallow, mais de ce Dieu pour qui chacun est aimable pour ce qu’il est et par ce qu’il est. Reconnaître cet amour demande de notre part un travail de conversion. Nous avons d’abord à reconnaître Dieu comme Celui qui nous aime. Simplement parce que, par son incarnation, il a choisi d’habiter en et avec nous. C’est ce que nous dit Paul dans la seconde lecture (Rm 8, 9.11-13).

Responsabilité

Nous avons donc pour responsabilité de laisser son dynamisme se déployer par et dans nos vies. C’est une démarche de confiance et d’abandon que le Seigneur nous demande. Nous avons à recevoir la grâce de mettre sur pause notre petit vélo intérieur. L’appel à entrer dans la louange de ce dimanche consiste à reconnaître l’infinie grandeur de la petitesse de Dieu. Il nous veut à cette ressemblance pour que nous soyons enfin capables d’aimer.

Capacité

Paradoxalement, nous ne sommes pas si éloignés de cet amour de Dieu, nous en sommes même capables. « Homo capax Dei », disait Augustin d’Hippone. Nous pouvons connaître Dieu, si nous reconnaissons que nous ne sommes pas notre propre origine, ni notre propre finitude. Nous sommes sur cette terre, dans ce monde pour semer l’Amour de Dieu, pour vivre de Sa Parole et de Son Pain. Rien d’autre ne nous est autant nécessaire. Il nous faut devenir ces « anawins du Seigneur » pour que notre monde rayonne de la Gloire de Dieu. Ne cherchons rien d’autre et surtout pas notre propre gloire, ce serait aller à notre perte. Je me suis fatigué à te chercher hors de moi, Toi qui habites en moi, nous dit Augustin dans ses Confessions (10:5).

Que le Seigneur, par son exemple et sa miséricorde, nous aide à chasser cette fatigue pour entrer dans la vraie louange. Cette action de grâce permanente qui est pour nous le « sacrifice spirituel » dont la source est l’Eucharistie.