La Confiance au Christ livré

L’ÉvLa Confiance au Christ livréangile de ce 25ᵉ dimanche ordinaire nous exhorterait-il à la malice et à la tromperie ? C’est ce qui ressort des conseils qui y sont formulés. Cet intendant malhonnête, qui fait confiance à sa malice, serait-il un exemple à suivre ? Ce qui est intéressant dans ce texte n’est pas tant la fourberie de cette personne mais plutôt son esprit d’à propos. Il cherche à se sortir d’une mauvaise passe et use ainsi de son intelligence pour poursuivre son but, même par des moyens peu recommandables. Pour autant, Jésus nous invite à suivre son esprit d’à propos et à poursuivre – cette fois-ci loyalement – notre but, notre désir Nous sommes invités à entrer dans une intelligence des situations, à entrer dans une diplomatie du discernement pour mieux annoncer l’amour de Dieu.

Confiance

Notre mission c’est bien de prendre la suite de Jésus et de ses disciples pour vivre et annoncer le fol amour de Dieu. Il choisit de nous faire confiance en nous faisant devenir, par le baptême, les porteurs des grâces de son royaume. Nous sommes donc responsables devant Dieu et devant les femmes et les hommes de ce temps, de la propagation de la foi. Pour autant, faire des disciples ne consiste pas à forcer les gens à croire. Il faut, bien sûr, annoncer à temps et à contre-temps cette confiance que le Seigneur nous fait, cet amour qui dépasse tous les possibles. Mais la manière et les circonstances de cette annonce demandent tact et mesure. C’est là que l’exemple du gérant malhonnête de l’Évangile pour nous aider.

Mission

La confiance qui doit nous habiter ne doit pas être dans notre malice ou nos propres forces mais dans le don de Dieu. Il nous donne la force de mobiliser notre intelligence pour entrer dans le dynamisme de Dieu. Le feu de la mission doit être alimenté par notre discernement des enjeux. Ce qui importe n’est pas tant que nos contemporains rejoignent l’assemblée de nos églises. Ce qui importe c’est qu’ils comprennent que Dieu nous fait confiance.

Amour

Faire confiance c’est recevoir des mains de l’autre toutes les potentialités pour réussir. Dieu choisit donc de faire de nous ses intendants fidèles. Il nous confie ce qu’il a de plus précieux : son Fils. Par son incarnation, il s’est livré pour chacun et chacune nous. Son cœur transpercé, nous son amour répandu en nos vies, en nos veines et en notre monde. Sa Résurrection, dont nous devons devenir témoins est le signe que l’amour est plus fort que la mort. Rien de ce que nous traversons n’est étranger au cœur de Christ. Sa vie a été une longue traversée de notre humanité. Elle nous fait  traverser sa divinité et recevoir de Lui la vie, l’espérance et l’être. Ce don, réalisé une fois pour toutes par sa résurrection, nous devons le faire fructifier tout au long de nos vies.

Paix

Notre participation à l’Eucharistie en est le porche. En partageant son repas, Dieu nous invite à être comme Lui, disponible pour aimer. Il nous demande également d’être prompts pour chercher la manière la plus juste de rencontrer chacun et chacune. Cette responsabilité peut nous sembler bien lourde et nous pouvons être tentés de biaiser, comme le gérant de l’Évangile. Cependant ce serait sans compter sur la force de la prière qui anime et irrigue notre vie. Dans cette conversation amicale, nous recevons la paix. Elle nous fait devenir disciples, et nous donne la force de continuer. Par la prière, âme de la mission, apprenons à compter davantage sur Dieu.

Que notre prière puisée dans le sacrement de l’eucharistie nous aide à discerner ce qui est juste pour mieux louer et servir notre Seigneur et donc nos contemporains.