La confiance de la Croix

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La Confiance de la CroixEn ce Vendredi Saint, nous sommes comme Jean et Marie, debout près de la Croix du Christ. À la fois spectateurs et en même temps acteurs, parfois involontaires, de cette Passion que nous proclamons dans l’Évangile. Sur la Croix, le Christ porte toute la dramaturgie humaine, toutes nos souffrances pour les mener au Père. Sa mort, sa passion n’ont pas été « semblants », « pour de faux » – comme disent les enfants. Il a vécu la trahison de Judas mais aussi celle de Pierre, qui refuse de confesser sa foi en public. Humilié par ses coreligionnaires, jugé – aussi justement que possible – par l’opposant Romain, il a tenu par humilité et confiance en son Père.

Interrogation

Il est légitime de s’interroger sur la présence de Dieu dans les cataclysmes, pandémies et autres catastrophes auxquels notre humanité est confrontée. Il participe à notre souffrance, partage nos révoltes et nos colères devant notre faible puissance pour guérir. Dieu nous donne surtout la capacité d’être pour nos frères et sœurs des consolateurs, une présence discrète, à qui il est possible de faire confiance, tel Jean au pied de la Croix. Dans cette apparente impuissance, la tendresse de Dieu vient nous rencontrer, nous consoler.

Présence

La présence du Christ sur la Croix témoigne du désir de Dieu d’être avec nous jusque dans les abîmes de l’humanité. Il porte ses abîmes et les transforme en puissance de Vie. Sur la Croix, le Christ ne nous abandonne pas, il continue de se soucier de nous, d’être dans la vérité de sa présence. Lorsqu’il confie Marie à Jean et Jean à Marie, il affirme l’importance de la parentalité et de la fraternité. Marie, celle qui a porté Dieu, devient alors celle qui peut porter les Hommes à Dieu. Jean, compagnon du Christ, devient notre frère et nous fait devenir à notre tour frère et compagnon de Jésus.

Proximité

N’oublions pas cette proximité, cette confiance même de Dieu, en son Fils, pour notre humanité. Souvenons-nous que la vertu d’humilité est essentielle à toute vie, chrétienne ou non. Cherchons doncà vivre dans des rapports de fraternité et non de pouvoir. C’est un des enseignements de cet Évangile de la Passion. Le Christ n’oppose pas son pouvoir sur la cohorte. Lui, qui tout au long de sa vie a libéré des personnes, se laisse entraver par la jalousie des Juifs et l’avidité de Judas. Jésus donne véritablement sa vie pour chacun de nous. En renonçant à sa divinité, il donne pleinement corps à notre humanité.

Humanité

La divinisation de l’Homme, par le Christ, ne consiste pas à lui donner des pouvoirs surnaturels, mais à l’aider à pleinement épouser son humanité. Elle fait entrer l’Homme dans le règne de la confiance. La confiance en sa propre dignité, mais aussi et surtout en ce Dieu, cloué par amour. Devenir pleinement humain, c’est être épris de compassion pour l’autre comme le Christ nous le manifeste sur la Croix. C’est ainsi que nous participerons en plénitude à la divinité de Dieu. C’est cela que nous fêterons le soir de Pâques : l’achèvement de l’humanisation de Dieu et en même temps la divinisation de l’Homme initiée lors de la Nativité.

Laissons-nous rejoindre, en ce Vendredi Saint, par le Christ miséricordieux. Offrons-Lui nos vies, nos fatigues, nos souffrances, tout ce qui nous empêche d’être pleinement humains. Prenons aussi le temps, comme nous y invite le Pape François, de prier devant ce Christ. Ouvrons avec Lui un dialogue, comme des amis intimes. Demandons-lui la grâce d’être renouvelés dans notre désir quotidien de le suivre en puisant dans son cœur transpercé la force et le dynamisme nécessaires.

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