La puissance de la miséricorde

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Depuis la fêtLa puissance de la miséricordee de Pâques, la liturgie nous conduit à savourer de plus près la puissance de ce mystère. Nous nous approchons du Christ ressuscité pour mieux le connaître et le suivre. Sa grâce et sa miséricorde se déploient. Ce 2e dimanche de Pâques est traditionnellement consacré à la miséricorde. Cette dernière nous fait entrer dans l’intimité du cœur du Christ. Elle est ce qui nous sauve de la glaise existentielle. La miséricorde de Dieu nous tire de notre sommeil, de notre engourdissement, de notre tristesse même. Plus qu’une des caractéristiques de Dieu, elle est l’un de ses noms. La miséricorde est ce cœur blessé du Christ sur la Croix. Par sa résurrection, le Père nous dit qu’il nous porte par ce Cœur et qu’il vient nous apporter la vie. Elle n’efface pas la Passion, elle l’accomplit et la transforme en puissance de vie.

Puissance

Pas facile de croire dans la puissance, la présence du Ressuscité. Même parmi les plus proches compagnons de Jésus, le doute existe. Bienheureux Thomas qui nous permet d’entendre résonner en nos cœurs ce « Heureux, ceux qui croient sans avoir vu ». Cette béatitude de la fin de l’Évangile de Jean consolide notre foi. Nous ne pouvons pas, comme Thomas, mettre nos mains dans les stigmates du Christ. Mais nous, nous croyons, nous reconnaissons, que sa puissance de vie se déploie dans notre monde. Nous n’avons pas à entretenir la désolation qui se présenterait à notre esprit. Notre espérance est plus puissante que nos doutes. Pas facile, en ce temps de confinement, où la mort rôde à longueur de temps.

Joie

Pourtant, la joie qui est celle des disciples dans cet Évangile doit nous habiter. Le Christ vient les visiter, vient nous visiter. L’Esprit Saint, qu’il leur donne , est ce message de Paix qu’annonce Jésus dans toutes rencontres. La joie, la paix, la consolation sont des signes de la présence de Dieu. Elles sont un appel à entrer dans sa mission de réconciliation, de consolation du monde et de ses habitants. Avec l’Esprit de Jésus, nous ouvrons les portes de notre monde même celles qui sont fermées à l’amour. C’est cet Esprit, qui, comme, dans l’Évangile de ce dimanche, donne la force d’avancer. Il est une puissance qui nous permet de penser le monde autrement. Un lieu où la fraternité prendrait définitivement le pas sur la puissance ou une vision fonctionnelle.

Souffle

Bien sûr, les structures sont importantes, mais elles sont au service de la vie, de l’amour. Cette miséricorde que nous célébrons ce dimanche vient ici prendre tout son sens. Insuffler une dynamique dans le seul souci de manifester un amour plus fort que la mort. Prendre le parti de la lumière sur les ténèbres. C’est, en fait, vivre dans la dynamique de la grâce de notre baptême, une grâce toute pascale. Cette vie de Dieu dans laquelle nous avons plongés, agrégés, est le tremplin de notre quotidien. Sa miséricorde nous pousse à se faire l’autre de l’autre, compagnons de Jésus, compagnons d’humanité. Comme le Christ, notre cœur doit être capable d’être sensible à ce que vit notre monde.

Construction

Regardons la communauté des premiers disciples, leur charité et celle du Christ. Leur souci était la louange de Dieu, de témoigner au monde ses merveilles. Ce témoignage porte du fruit puisque la première lecture nous dit que « chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés ». Et nous, dans nos communautés, quel est notre but ? Sommes-nous plus attentifs à la réussite de plans pastoraux ou à vivre et à manifester la vitalité du corps du Christ ?

Que ce temps de distanciation eucharistique nous donne de ressentir, en notre vie, la miséricorde du Père qui se donne dans l’Eucharistie. Qu’elle nous aide à saisir l’importance de construire le corps du Christ au quotidien au-delà de ses blessures. Le Christ est ressuscité, tels sont les mots qui doivent habiter notre louange.

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