L’intelligence du Cœur

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L’intelligence du Cœur« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! ». Cette phrase de Jésus dans l’Évangile de ce dimanche nous est bien contemporaine. Nous aussi, nous avons des difficultés à croire que le Christ nous sauve. Nous avons du mal à le reconnaître dans la Parole, le partage de nos existences et celui du pain. Certes, nous le savons, notre cerveau le sait. Mais notre cœur est-il vraiment saisi du Christ ? Notre désir est-il vraiment habité de faire advenir le Royaume ici et maintenant ?

Aveuglement

Le Christ ne cesse de se donner à nous et nous sommes aveuglés par notre propre existence, comme ces disciples sur la route d’Emmaüs. Ils ont fréquenté le Christ, partagé sa vie, parcouru des kilomètres et n’ont pas compris son message. Ce n’est pas qu’ils soient bêtes,mais leur intelligence ne s’est pas encore ouverte aux réalités d’en haut. Pour cela, il a fallu que le Christ se donne une nouvelle fois en partage. Cette réalité est aussi la nôtre. Pour comprendre le Christ, pour transformer notre intelligence, il faut recevoir le Christ en partage. Nous avons à faire de la place dans nos cœurs pour recevoir l’inattendu de sa visite. Cette disponibilité est essentielle si nous voulons vivre avec et du Christ.

Disponibilité

Pourtant, nos vies sont emplies de plein de choses inutiles, voire superflues. Mais l’intelligence de notre cœur est incapable de reconnaître notre besoin de la force de Dieu. Comment remédier à ce manquement, à cette béance de nos vies ? Nous pouvons, peut-être, reconnaître humblement, devant Dieu, notre besoin de Lui. Les premiers mots de l’office divin « Dieu, viens à mon aide. Seigneur à notre secours », peuvent nous être d’une aide précieuse. Et puis la méditation des psaumes comme celui de ce dimanche nous font entrer dans le mystère de l’intelligence de notre Dieu. Il se donne à nous pour que nous nous donnions à Lui. Il se fait Homme pour que nous nous fassions Dieu. Pourtant, nous, nous poursuivons notre route aveugle et sommes sourds à ses merveilles. Notre joie est terne, car nous comptons sur les biens de ce monde pour nourrir et donner un sens à la nôtre.

Mystère

Notre baptême nous donne à avoir accès aux merveilles de la joie du fol amour de Dieu. Le mystère tient dans cette offrande de Dieu aux Hommes pour qu’ils s’en saisissent librement. En nous livrant son Fils, Dieu délivre la force de son amour à ce monde. C’est bien Lui qui doit prévaloir en ce monde. Tout ce qui n’est pas aimé, livré, attendu, offert est perdu, inodore et sans saveur. Nous passons trop de temps à côté du don de Dieu qui se livre au cœur du monde. Notre intelligence résiste, car notre cœur préfère la facilité à la rusticité, à la sobriété de l’Amour. Conscient de cette pauvreté, confions-nous à la miséricorde du Père. Demandons-Lui d’être davantage unis à ce cœur qui nous aime tant.

Discernement

Apprenons de Lui cette présence aimante, confiante. Il ne cesse de se manifester dans les signes des temps et il nous faut apprendre à contempler ce monde pour y discerner sa volonté pour nous et notre monde. Nous avons à communier à la Joie de Pâques, à l’enthousiasme, au dynamisme du Ressuscité. Cet appel rencontre, sans doute en nous, des rugosités, des obstacles. Ce n’est pas cela l’important. L’essentiel est de désirer courir à la rencontre du Christ. Cheminer à ses côtés, malgré la pauvreté de notre intelligence spirituelle, pour devenir ses compagnons, doit être notre quotidien. Seul, c’est impossible, d’où l’importance de l’Église, communauté – peuple de croyants. Même si aujourd’hui, du fait de la pandémie de Covid-19, la communion sacramentelle nous manque, nous pouvons communier à la Parole de Dieu.

Partager notre expérience, notre compréhension de la Parole, nos vies, sont une Eucharistie spirituelle. Le Christ demeure avec nous jusqu’à la fin des temps, encourageons-nous les uns les autres à demeurer aussi en Lui.

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