La consécration au monde

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La consécration au mondeCe dimanche 2 février, l’Église nous invite à célébrer la vie consacrée. une consécration qui se dit depuis le jour de notre baptême. Cette date est traditionnellement celle de la fête de la présentation de Jésus au Temple. La liturgie nous replonge dans un Évangile de l’enfance alors que nous commencions à suivre le Christ dans sa mission. Jésus est présenté à Dieu et sa vocation est révélée par un homme « juste et religieux ». Cela peut nous aider à comprendre que le désir de Dieu ne peut se révéler que dans le désir d’être au service de la communauté humaine.

Mission

Cette mission de Jésus, exposée par Syméon, a quelque chose d’étonnant. Le texte nous dit la surprise de Joseph et de Marie. Jésus est décrit comme celui qui sera un « signe de contradiction ». Le suivre, c’est en effet oser marcher à contre-courant de l’esprit ambiant et de toute mondanité. C’est accepter de ne pas entrer dans des compromis qui viendraient à blesser la dignité de la personne humaine.

Offrande

Avec cette présentation de Jésus au temple, nous pouvons aussi nous présenter dans le même mouvement, nous offrir en « vivante offrande à la louange de sa gloire ». Jésus s’offre pour la joie du monde et cette dernière n’est autre que notre vie. Une vie jalonnée de joie, de peine, d’angoisse, mais une vie de femmes et d’hommes qui se veulent être davantage pour les autres que pour soi. Il s’agit bien de se faire « Eucharistie » pour les autres. Non pas que nous soyons voués au martyr et à la géhenne de feu, mais, en revanche, nous sommes invités à vivre du Christ. C’est Lui que nous avons revêtu lorsque nous avons reçu le même. Nous sommes devenus ce jour-là des « autres Christ », des femmes et des hommes envoyés au cœur du monde, consacrés par, avec et pour l’Amour de Dieu.

Consécration

Cette consécration compte et engage, car elle nous appelle à considérer les événements du monde avec une vigilante bienveillance. Dieu nous invite  discerner ses appels pour transformer ce monde, à faire devenir, par nos mains, par nos cœurs, son Royaume. Il nous faut donc revenir à la radicalité de notre baptême. Il est la clef de notre engagement dans le monde, et des autres promesses que nous faisons. Tous les sacrements que nous célébrons puisent leur source et leur force dans ce premier oui ; cette rencontre solennelle entre notre nature humaine et la divinité de Dieu. Au jour de notre baptême, nous avons été présentés et consacrés à Dieu.

Louange

Le cantique de Syméon, entendu dans l’Évangile de ce dimanche, l’Eglise le prie chaque soir lors de l’office de Complies. Il nous place dans l’action de grâce, la louange et nous remet dans les bras de Dieu. Ces mots témoignent de l’identité du Christ et de sa mission : « éclairer les nations ». Il n’est donc pas venu instaurer une quelconque domination ou nous rendre esclaves. Il est venu pour nous conduire à la lumière. Une lumière qui traverse toutes les ténèbres, toutes les incertitudes. Elle est tellement éclatante qu’elle est paradoxalement quasiment invisible. Telle la présence de Dieu au cœur de ce monde qui ne se dit que dans les petites choses, les chuchotements du cœur à cœur.

Mission

Notre mission est de permettre à cette lumière de passer, de se révéler. Notre vie, nous devons essayer de la passer, à la manière de la prophétesse Anne. Nous devons essayer, la grâce aidant, de demeurer dans le Temple de Dieu qui n’est autre que nos vies et chanter les louanges du Christ. Il s’agit pour nous d’être en capacité de dire la Joie de Dieu pour ce monde. Puisse notre engagement, par notre consécration baptismale, conduire les femmes et les hommes de ce temps vers plus de vie, de dynamisme et d’enthousiasme.

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