Le vent de la confiance

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Le vent de la confianceLa mission avec Jésus ne prend pas de vacances. Ses disciples n’ont pas beaucoup de temps pour se reposer. Jésus les veut avec Lui. Qu’ils entrent dans la confiance. Ce compagnonnage consiste à les enseigner, à les aider à saisir qui il est et à marcher à sa suite. C’est ce que nous pouvons retenir de l’Évangile de ce 19e dimanche ordinaire (Mt 14, 22-33). Mais lesdits disciples ont encore du mal à bien le comprendre. Au moindre coup de vent de travers, aux flots déchaînés, ils perdent pied et crient vers Jésus. C’est un peu comme s’ils rendaient Jésus responsable de leurs malheurs.

Coupable

N’est-ce pas un peu facile de tout mettre sur le dos de Dieu. Est-ce bien lui qui nous apporte les mauvais vents, les mauvaises nouvelles, toutes ces catastrophes telle la COVID-19 ou l’explosion au Liban ? Avouons que c’est notre tendance naturelle, un de nos péchés originels que de rejeter la faute sur l’autre. Et c’est encore plus facile lorsque cet autre ne peut pas se défendre : qu’il soit Dieu ou le plus pauvre, celui qui n’a pas voix au chapitre. Nous comporter ainsi, c’est nous conduire comme des enfants immatures. Grandir, c’est assumer et accepter d’être responsable.

Confiance

Encore faut-il faire se faire confiance et faire confiance à l’autre. C’est là aussi une des clés de l’Évangile. Les apôtres n’ont pas pleinement confiance, n’ont pas foi – c’est le même mot – en Jésus. La semaine dernière, ils n’ont pas senti venir le vent de la prodigalité. Ce dimanche, c’est celui de la confiance. Cette force que nous pouvons puiser dans la prière, comme Jésus le fait au début de notre passage biblique.

Prière

Très souvent, nous le voyons se mettre à l’écart pour prier et être en relation avec son Père. Dans ce cœur à cœur, ce colloque intime, se noue une confiance pour la mission. Leur échange est la clé pour comprendre la mission de Jésus. Il ne vient pas accomplir quelque chose, mais annoncer les œuvres de Dieu. Ces œuvres doivent se poursuivre en la personne des disciples et de ceux qui les suivront au nom du Christ. Nous ne pouvons pas vivre en plénitude la mission que le Christ nous confie, depuis notre baptême, si nous ne lui faisons pas confiance. Mettre notre foi en Lui c’est reconnaître qu’avec le Père et l’Esprit, il est la fin et le début de toutes choses.

Espérance

C’est aussi faire le choix de l’espérance et donc renoncer et refuser tout fatalisme. Voilà comment comprendre que Jésus marche sur l’eau. Elle représente, dans le langage biblique, le mal. Ainsi, Jésus domine les ténèbres et invite Pierre à en faire de même. Il lui confère ses pouvoirs, mais Pierre n’a pas confiance et perd pied. C’est à la fois inquiétant et rassurant. Inquiétant, car Pierre est celui sur lequel le Christ choisi de bâtir son Église et rassurant, car même lui qui a cheminé au plus proche du Christ ne comprend pas. Avec Pierre, nous sommes confrontés à notre pâte humaine.

Désir

Notre désir intime nous amène à cheminer avec le Christ au plus près, à marcher à sa demande sur les flots. Mais notre humanité bien glaiseuse nous entrave dans notre désir. Alors, que faire ? Faut-il se résigner à notre condition humaine et laisser Dieu agir au-delà de nous ? Au contraire, il faut reconnaître notre condition de « mal croyant » à l’image de Pierre et laisser le Christ monter sur la barque de notre vie. Le vent mauvais qui souffle n’en sera pas diminué, mais nous naviguerons en sécurité. C’est bien nous qui pilotons notre vie, mais c’est Dieu qui en est le gouvernail.

La seule condition pour que cela soit notre réalité est de mettre pleinement notre vie dans la main que Dieu nous tend. En fait, il nous faut faire nôtre cette maxime attribuée à Ignace de Loyola : « Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu ».