Serviteurs insuffisants de la vigne du Seigneur

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Serviteurs insuffisants de la vigne du SeigneurNous continuons, ce 27e dimanche ordinaire, de cheminer dans la vigne du Seigneur. Il nous invite à méditer sur notre capacité à en prendre soin, à être ses dignes héritiers. La vigne que le Seigneur vient nous confier est dans la première lecture ((Is 5, 1-7), son Alliance. Dans l’Évangile, lorsque le Seigneur nous parle de la vigne, il faut comprendre qu’il évoque de son Royaume de Dieu. C’est terre où nous habitons dont nous avons à prendre soin, à faire croître ce qui naît, à bâtir la fraternité universelle.

Plantation

La vigne que le Seigneur a plantée, ce monde qu’il nous revient d’habiter en œuvrant pour que la dignité soit première, est souvent délaissée. Nous avons l’impression que le Seigneur l’a laissée dans l’état que nous présente la première lecture (Is 5, 1-7). Il aurait donc abandonné notre monde, comme s’il était parti sans laisser d’adresse ? C’est l’impression que peuvent nous donner les cataclysmes, maladies et autres épidémies que nous traversons depuis la nuit des temps. Cette question : Où donc est la puissance salvifique de Dieu dans ce monde abîmé ? peut habiter nos cœurs et nos lèvres.

Abandon

Si Dieu nous avait abandonnés, s’il avait renoncé à faire resplendir son amour au cœur du monde, il n’aurait pas, d’une part, envoyé son Fils « en signe de l’Alliance Éternelle » et, d’autre part, le beau, le bien qui demeurent, seraient vains. Le croyant doit s’enraciner dans l’Espérance que Dieu est à l’œuvre aujourd’hui, par nos mains, par nos vies. Si la vigne du Seigneur est dévastée, c’est parce que nous avons abandonné son Alliance. Nous préférons compter sur nos propres forces, nos propres calculs, que sur sa grâce. Nous cherchons davantage la puissance, la gloire, les honneurs à l’humble et laborieux travail de celui qui s’occupe avec patience et amour de la vigne du Seigneur. Il y a quelque chose de désespérant dans ce constat.

Conviction

Il nous faut avoir l’assurance que le bien est parole de Dieu, qu’il nourrit notre espérance et féconde notre action. Même si c’est difficile, que c’est peut-être contre-nature et contre l’esprit du monde ambiant, appuyons-nous sur l’Évangile. Le Christ a subi l’incompréhension, la trahison, la mort scandaleuse et honteuse pour nous faire demeurer au plus près du cœur de Dieu. Avec Lui, nous sommes invités à dépasser l’adversité, ce qui nous fait obstacle. Paul, qui lui aussi a connu les tribulations du disciple du Christ, nous invite dans la seconde lecture à nous enraciner dans l’espérance qui conduit à la « Paix du cœur et à la joie sereine ». Il nous propose de nous confier humblement, et dans la confiance, au Seigneur par une parole d’amitié.

Vignerons

Notre prière, nos appels à l’aide ne restent pas vaines. Il ne cesse de nous exaucer. Pour autant, ne soyons pas impatients ou plutôt irréalistes. La pensée et la temporalité de Dieu sont différents des nôtres. Non qu’il ne veuille ou ne puisse exaucer nos désirs, mais Il fait en sorte qu’ils soient dépouillés de toutes velléités de puissance. C’est peut-être ce qu’il nous faut entendre dans cette parabole des vignerons homicides. Dieu ne se résout à notre incapacité de travailler à sa vigne, comme nous l’avons vu avec les « ouvriers de la dernière heure », il y a deux semaines.

Invitation

Il ne cesse de nous inviter pour que nous portions du fruit et que notre fruit demeure (Jn 15, 16). Laissons-nous greffer sur la vigne du Seigneur, ne soyons pas des spectateurs avides et jaloux au balcon du monde. Notre société a besoin de disciples du Seigneur généreux, inventifs et fraternels. Tâchons, aidés de la grâce et de la vigilante bienveillance de nos frères et sœurs en Christ, de travailler à la vigne du Seigneur.

Ce n’est pas de héros, de travailleurs forcenés dont le Seigneur a besoin. Il réclame simplement de nous que nous soyons ses vignerons habiles, généreux et consciencieux. Enfin, si nous rencontrons des difficultés dans cet appel, consolons-nous, avec Benoît XVI, que le Seigneur sache travailler et agir avec des instruments insuffisants.