Vivre la subsidiarité

« Travailler plus pour gagner plus » demeure la ligne de conduite du candidat de l’UMP. Il me semble que cette devise, au vu des chiffres du chômage et du pouvoir d’achat, est un échec. Peut-être faudrait-il se mettre davantage à l’écoute de ce qui se vit au cœur de la cité. Ce serait une manière de vivre le principe de subsidiarité, si essentiel à la bonne organisation de la Cité et de ses organisations et respectueuse des relations humaines et des responsabilités de uns et des autres.

 Lorsque le candidat à l’élection présidentielle fait du « travail » la seule valeur qui vaille pour lui et de plus en fait son axe majeur de campagne, mon sang n’a fait qu’un tour. Le travail, en soi, comme par exemple la finance ou l’économie n’ont pas d’existence à proprement parler. C’est une réalité dont la consistance est donnée par ceux qui l’exerce. Le travail est avant toute chose l’exercice d’une activité par des hommes et des femmes. C’est un exercice quotidien plus ou moins facile, plus ou moins heureux. Il est pour beaucoup de nos contemporains une réalité fantasque après laquelle beaucoup espèrent et ont, trop souvent, la désagréable surprise de recevoir, au mieux, une réponse négative qui manque complètement de critères objectifs.

 L’Être Humain au centre de tout

Faire du « travail » une valeur, une réalité quasiment hissée aux frontons de nos mairies et avoir quasiment doublé le nombre de personnes en recherche d’emploi c’est non seulement les insulter mais prendre l’ensemble des électeurs et des français pour des idiots. Pour moi la seule valeur qu’il faille mettre au centre de nos préoccupations, la seule valeur qui mérite que l’on se batte pour elle c’est la place des êtres humains dans notre société. Tout le reste doit être ordonné à ce qu’ils puissent avoir des conditions de vie dignes et décentes; à ce qui permet de vivre de cet « insaisissable vivre ensemble« . Lutter contre le mal logement, le sans logement, les salaires ridicules, permettre à l’étranger de s’intégrer… sont essentiels et fondamentales s’ils l’on veut bâtir une société plus juste et plus fraternelle. Les propos des « portes-flingues », notamment le dernier du premier flic de France (lire l’article de la revue Etudes à ce propos ), du Président sortant sont suffisamment abjectes et nient, en substance, la dignité et le respect dus à chaque homme pour qu’il soit permis de penser que ce qui est visé c’est la conservation du pouvoir en se flattant les plus bas instincts de l’être humain.

Servir les citoyens

La politique c’est servir la vie de la cité mais surtout le servir ceux qui y demeurent. Là doit-être la préoccupation première de ceux qui désirent briguer un mandat électif. Il me semble que les citoyens sont en droit d’attendre de ceux qui désirent, d’un grand désir, les gouverner sagesse et responsabilité. Cependant, cela exige aussi de la part des citoyens un engagement de chaque jour au profit de leurs contemporains. Il serait hypocrite d’attendre tout de l’Etat et de ne pas commencer par agir concrètement au plus près de notre quotidien. Pour autant, il ne faut pas non plus se bercer d’illusion, notre action est limitée et malgré notre bonne volonté, notre dynamisme et notre compétence nous ne ressouderons pas, à nous seuls, tous les problèmes. Il me semble qu’il faut une action conjointe des politiques et des citoyens pour que cela bouge. C’est là que la prise en compte de l’Être humain me paraît essentielle car cela revient à saisir que les solutions ou tout du moins les ébauches de solutions sont le fruit d’efforts et de concertations partagés. C’est s’enrichir des expériences mutuelles, par une écoute attentive, de ces retours d’expérience. La concertation me paraît préférable au référendum nouvellement promue comme outil de gouvernement…. Pour cela, il est impératif de choisir comme axe de travail la rencontre, accepter de quitter ses tours d’ivoire pour entendre et écouter ce que les personnes au plus près ont à dire. S’entourer d’experts, d’intellectuels de tous bords et de tous poils, de prestigieux consultants et autres sondeurs est une bonne chose mais recueillir le sentiment les besoins, les réactions, même immédiatement épidermiques, peut être utile pour prendre les bonnes mesures.

 L’autre, son expérience, ce qu’il vit, ce qu’il dit, ce qui fait sa densité humaine et une vraie valeur. Elle est inestimable, non cotable en bourse et cela est une bonne nouvelle. C’est aussi une manière concrète de faire vivre la fraternité qui, elle, est réellement une valeur républicaine.