Dernière modification 56 minutes ago by Chrétien en ce temps
« Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées », entendons-nous dans la bouche d’Esaïe dans la première lecture de ce 25ᵉ dimanche ordinaire. C’est là, sans nul doute, la clé de compréhension de l’Évangile de ce dimanche. Nous y entendons la parabole des vignerons de la dernière heure. Il est vrai que ce passage peut susciter notre incompréhension et lever en nous des sentiments d’injustice.
Invités à la vigne du Seigneur
Mais, regardons bien qui embauche. Ce n’est pas n’importe quel vigneron, ni n’importe quelle vigne. C’est celle du Seigneur dans laquelle nous sommes invités à travailler. Alors, cette perspective change tout car nous savons bien que le Seigneur ne nous rémunère pas selon notre mérite, notre bravoure ou notre capacité.
Dans les vignes du Seigneur
Ainsi, nous sommes tous et toutes invités à nous mettre en route, à nous rendre disponibles pour prendre soin de la vigne du Seigneur. Elle n’est autre que ce monde dans lequel nous sommes ici et maintenant. Il est important de nous souvenir de qui est le Seigneur et de ce qu’il réclame de nous, comme nous le lisons chez le prophète Michée (Mi 6, 8). Il s’agit de nous laisser entraîner à sa suite, de nous laisser rejoindre par son désir de nous associer à son œuvre de création et de réconciliation. Aussi, réjouissons-nous au lieu d’être habités par la rancœur, tels les ouvriers de la première heure de la parabole de ce dimanche.
La justice de Dieu
Au final, le contrat passé par le maître de la vigne était clair : un denier pour celui qui vient travailler. Alors, pourquoi critiquer la bonté du Seigneur alors que nous-mêmes ne sommes ni toujours bons, ni toujours justes ?
Participer à la mission du Christ
Ainsi, cet Évangile des ouvriers de la dernière heure à la vigne du Seigneur nous invite à entendre l’appel à prendre part au travail du Seigneur et à le louer, car lui, il est juste et bon. Mais, que signifie travailler à la vigne du Seigneur ? Comment participer à la mission du Christ ? Nous sommes parfois démunis face aux besoins de notre monde, sans savoir comment ’y apporter une réponse chrétienne.
Collaborateurs de la vigne
Peut-être, tout d’abord, reconnaître que nous sommes les collaborateurs de Dieu : nous sommes invités à travailler avec lui, en son nom. Ainsi, le monde ne repose pas entièrement sur nos épaules. Travailler avec lui, dans sa vigne, c’est l’entendre nous inviter à être avec lui. La première attitude qui paraît utile, c’est de nous placer en sa présence, de nous recevoir de lui. Aussi, il est important de comprendre comment nous pouvons être à son service et à celui des femmes et des hommes de ce temps.
Prier pour mieux servir
Cela signifie concrètement de prendre du temps pour le rencontrer dans la prière. C’est dans ce cœur à cœur, dans ce dialogue d’un ami qui parle à son ami et qui sait se taire pour l’écouter, que nous pourrons commencer à discerner la voie du plus grand service. La prière est l’âme de la mission.
Prier avant d’agir
Ainsi, avant de faire quoi que ce soit à la vigne du Seigneur, prenons le temps de rencontrer le vigneron. La prière nous permet à la fois de recueillir la force qui nous manque pour la mission et de bien orienter l’action. Cela peut nous paraître futile devant les besoins de notre monde. Pourtant, c’est une grande responsabilité de prendre ce temps, car cela nous fait reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres du temps. Le temps est nécessaire pour bien accomplir les œuvres du Père.
Découvrir qui est Dieu
La prière nous donne le temps de respirer au souffle de Dieu, de marcher au rythme de Dieu. Et c’est dans la prière que nous découvrirons, petit à petit, qui est Dieu. Donc, il nous faut nous réjouir de cet appel qui nous est fait de prier, d’entrer en relation avec notre Dieu, qui est riche en pardon et en miséricorde. Cette richesse nous amène à essayer, à notre tour, d’être entraînés dans le mouvement de Dieu, de ne pas rester sur les places à regarder le temps passé.
Au service de la moisson
Dieu nous veut à sa vigne, pour le salut du monde, aujourd’hui et demain. À cet appel, nous pouvons répondre à notre rythme, comme nous le montre l’Évangile de ce dimanche. Même si les ouvriers de la vigne sont peu nombreux et la mission abondante, chacun peut rejoindre le Seigneur à son rythme, lorsqu’il sentira que c’est le bon moment. Attention, toutefois, à ne pas sans cesse tout reporter au lendemain sous de faux prétextes. Être prêt, ce n’est pas être parfait, c’est entendre la voix de Dieu nous convaincre de le suivre et de travailler à sa vigne.
Avec confiance et espérance
N’ayons pas peur de nous laisser engager à la vigne du Seigneur, c’est un chemin de vie pour préparer le vin des noces de l’Agneau. Le Seigneur nous appelle individuellement pour former son peuple, son Église. Ainsi, nous ne sommes pas seuls à être invités à travailler à la vigne, mais chacun d’entre nous le fait avec ce qu’il est. Même si nous sommes appelés à être à la ressemblance du Christ, il ne s’agit pas d’être une copie conforme.
Suivre le Christ, comme je suis
Chacun d’entre nous est invité à prendre la suite du Christ dans la singularité de sa personnalité. C’est pourquoi c’est un appel individuel, personnel, auquel le maître de la vigne nous appelle. Cela doit être une joie pour nous, car nous pouvons alors déployer l’ensemble de nos charismes. Ainsi, nous pourrons, comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche, servir avec un cœur sans partage.
Disponible pour servir
N’oublions pas que le service du Seigneur est avant tout le service des femmes et des hommes de ce temps. C’est donc bien dans une dynamique de disponibilité intérieure que nous devons être, afin d’être davantage disponibles à nos contemporains.
Demander la grâce d’être disponible
Aussi, il nous faut prier davantage pour que la grâce nous soit donnée d’oser répondre à l’invitation de travailler à la vigne du Seigneur. Ainsi, notre vie sera tournée vers le plus grand bien et cherchera à faire croître, avec l’aide de Dieu, ce que nous sommes en vérité. Confiants en la miséricorde de Dieu, nous pouvons nous reposer en lui. Demandons-lui aussi, pour nous et pour nos contemporains amoureux de Dieu, la grâce de nous laisser conduire aux carrefours du monde pour témoigner de la joie de le connaître aux femmes et aux hommes de ce temps.

