À Noël, redécouvrir avec joie que Dieu tient parole


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / mercredi, décembre 22nd, 2021
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(Last Updated On: 22 décembre 2021)

À Noël, redécouvrir avec joie que Dieu tient paroleNous voici arrivés à la joie de la Nuit de Noël. Les bougies du temps de l’Avent font place à l’enfant de la crèche. Peut-être avons-nous la chance de fêter cette joie de la Nativité entourés de nos proches. Toutefois, prenons le temps de penser, de prier pour ceux qui sont, ce soir, seuls. Élevons notre cœur, notre prière en faveur notamment des malades, des migrants… Noël est aussi pour eux. La fragilité de l’enfant-Dieu rencontre la leur. Noël c’est cette naissance d’un enfant fragile qui vient nous sauver de notre toute-puissance, de toute supériorité.

La joie d’accueillir Dieu dans notre humanité

Nous célébrons en cette nuit très sainte la venue au cœur de notre monde de Dieu qui nous rejoint au cœur de notre humanité. Ce soir, Dieu ne fait pas semblant : il est des nôtres. Il vient partager notre vie pour que nous soyons illuminés, glorifiés de la force de son amour. Au cœur même de nos nuits, Dieu vient mettre l’espérance de son amour. Ce soir, c’est à cette folle espérance que nous communions. Toutefois, nous avons conscience que cela ne va pas de soi. Mettre ses pas dans ceux du Christ, communier à la joie de sa naissance, c’est aussi accepter de le suivre jusqu’à la croix, jusqu’à la nuit du tombeau. Mais nous savons que le tombeau n’est pas la fin, mais la glorification de Dieu qui nous conduit à la divinisation de l’homme.

Noël sans Pâques n’a pas de sens

Nous le savons, il ne peut pas y avoir de Pâques sans Noël et réciproquement. Aujourd’hui, à Noël, Dieu se fait homme pour qu’à Pâques, l’homme se fasse Dieu. Noël est ainsi comme le début de notre chemin de foi. Nous apprenons, avec Jésus, à découvrir que l’amour de Dieu ne peut pas se passer de l’amour de chaque personne humaine.

Lorsque nous célébrons sa naissance, c’est à la connaissance infinie de la miséricorde de Dieu que nous accédons.

La joie de la miséricorde

Confesser cette miséricorde n’est pas nous autocentrer et battre notre coulpe tellement nos pêchés seraient des entraves à l’amour de Dieu. Soyons dans la joie. Dieu nous connaît tellement qu’il a choisi de faire alliance avec cette humanité aux pieds d’argile et de plomb. Cette miséricorde de Dieu célèbre le choix de Dieu de nous rejoindre dans nos fragilités, par amour. C’est accepter d’être ce peuple qui marchait dans les ténèbres, ces habitants du pays de l’ombre qui ont vu se lever une grande lumière. Cette lumière de Dieu vient nous envelopper dans la joie et la promesse que l’Amour de Dieu est pour nous un avenir.

En Jésus, Dieu est déterminé à nous aimer

Ce qui importe plus que nos difficultés, nos manques de foi, d’espérance, c’est la détermination du Seigneur à nous faire découvrir l’intensité de son amour. Cette expérience de foi est celle qu’ont connue Marie et Joseph. L’un comme l’autre sont passés par le doute pour consentir à faire la volonté de Dieu. Ce consentement est toujours une naissance. Il faut que la Parole fasse son chemin en nous en son temps pour se révéler comme une évidence. Aujourd’hui encore nous avons besoin que cette Parole que nous accueillons au cœur de notre monde chemine en nous.

À Noël, Dieu vient habiter nos résistances

Nous avons beaucoup de résistances intérieures qui nous handicapent et nous empêchent de nous ouvrir à l’absolu de l’Amour de Dieu. Laissons-nous donc rejoindre par la simplicité et la fragilité de cet enfant de la crèche. Nous l’accueillons comme notre Seigneur, notre Sauveur et comprenons mieux que son Incarnation ne s’impose pas. Dieu, ce soir, en son Fils nouveau-né, se propose à nous.

Un pouvoir sans contrainte

Même si Isaïe nous dit que le « pouvoir est sur ses épaules », Dieu, en son Fils, ne vient pas régner en maître. Il ne nous oblige pas à le suivre, car son pouvoir est sans contrainte. Au contraire, c’est une libération qu’il nous est proposé ce soir d’accueillir. Ce sont toutes ces idoles, tous ces faux dieux qui sommeillent en nous que nous pouvons déposer, en offrande, ce soir au seuil de la crèche.

Ainsi, lorsque nous méditons sur ce mystère de Noël, que nous contemplons cet enfant fragile de la crèche, nous saisissons que Dieu veut nous prendre par la main et nous conduire vers la lumière d’une vie qui se déploie dans le don et la joie.

Ainsi, nous deviendrons chaque jour davantage ce « peuple ardent à faire le bien » dont nous parle Isaïe dans la première lecture.

Les humbles sont les privilégiés de Dieu

L’attitude de ce Dieu pédagogue, nous pouvons également le découvrir dans l’Évangile de cette nuit de Noël. Ceux à qui il a choisi de se révéler en premier ce sont « ces bergers qui passaient la nuit dehors ». Ils sont signe de la priorité du royaume : les humbles, ceux dont les conditions de vie sont rudes. Cette préférence du Seigneur pour la simplicité parcourt l’ensemble de l’Évangile. Les apôtres étaient des hommes simples qui travaillaient dur de leurs mains, sans doute comme Joseph. Cela signifie également que nos activités humaines ont du prix pour Dieu.

La joie de nous savoir divinisés

Dans cette fête de l’Incarnation que nous célébrons en cette nuit sainte, c’est l’humanité entière divinisée que nous fêtons. Nous reconnaissons que Dieu veut nous conduire à une plénitude de vie dans la joie et la proximité les uns avec les autres. Puisque ce soir, Dieu se fait l’un de nous, nous devenons le prochain de Dieu et sommes surtout invités à être pour l’autre un prochain. Ainsi, lorsque nous servons l’humanité, c’est Dieu que nous servons.

Dieu s’intéresse follement à l’homme

Réjouissons-nous donc ce soir d’être invités à contempler ce Dieu qui s’intéresse tellement à l’humanité qu’il a choisi de la rejoindre au cœur même de sa chair. Cette incarnation du Fils de Dieu nous fait participer au projet de son fol amour pour nous. Notre joie doit être à son comble ce soir, car par la naissance du Fils de Dieu, nos vies, notre monde sont résolument tournés vers la lumière. Elle nous indique le chemin du plus grand amour, du plus grand service dans la liberté de l’amour.

Dieu tient parole

Dieu, ce soir, vient nous assurer qu’il tient Parole ; par son Fils elle vient naître en notre monde. Elle vient nous aider à enraciner la nôtre de ce même amour, dans cette tendresse du Père que nous manifestent aussi Marie et Joseph qui entourent leur fils qui vient de naître.

Alors, ce soir, demandons la grâce de découvrir que Dieu est la source de toute joie et de continuer, à l’image des anges, de le servir, de le louer et de le respecter par et dans toute notre vie.

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