Dans l’espérance de la lumière de la foi

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Dernière modification 55 minutes ago by Chrétien en ce temps

Ce 32e dimanche du temps ordinaire, c’est la parabole des dix vierges que nous entendons. Ces dix jeunes filles nous accompagnent dans notre chemin de foi à la rencontre du Seigneur. Cinq sont prévoyantes, cinq sont insouciantes, nous dit l’Évangile de ce dimanche. Ne nous précipitons pas dans le jugement et la condamnation des secondes, mais tâchons plutôt de nous mettre à l’écoute de la parole pour comprendre ce que Jésus veut nous dire.

Discerner l’essentiel

Ces dix jeunes femmes sont sorties pour aller à la rencontre de l’époux. C’est cela qui, dans un premier temps, compte. Aller à la rencontre du Seigneur, c’est ce que nous faisons lorsque nous prions ou célébrons l’Eucharistie. Mais cela demande de la disponibilité, dans nos agendas mais aussi – et surtout – dans notre cœur. Souvent, notre cœur est occupé par tant de choses que nous avons à faire. Nous pouvons nous sentir préoccupés par le poids du jour et connaître des difficultés pour rencontrer le Seigneur. Pourtant, c’est dans cette rencontre, dans ce vis-à-vis avec le Seigneur, que nous pourrons discerner ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas.

Entretenir la flamme de la foi

Il est important pour nous, si nous voulons construire le Royaume et sa justice, de garder et d’entretenir la flamme de notre foi. Elle n’est pas quelque chose d’inerte, donnée une fois pour toutes. La foi s’entretient dans la rencontre du Seigneur pour que nous allions et portions de beaux et bons fruits en plein monde.

Une foi agissante

Notre foi doit être agissante. Ce qui ne signifie pas être dans l’agitation constante et permanente. Il ne faut pas confondre action et précipitation. Ce qui importe, c’est d’être au cœur du monde et d’avoir suffisamment de foi pour supporter les tempêtes de la vie et continuer de tendre la main à ceux et celles que nous rencontrons. Notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, doit nous amener à faire des ponts et non à construire des murs.

Garder nos lampes allumées

Cela demande de l’énergie, du dynamisme que seul l’Esprit peut nous donner. Pour autant, il est indispensable de coopérer avec lui, de garder nos lampes allumées et d’avoir des réserves d’huile en quantité suffisante. Ce n’est pas là une invitation à thésauriser, à faire des réserves pour le plaisir. C’est bien plutôt un encouragement à espérer contre toute espérance et contre toute désespérance. Car notre monde, notre société a besoin de cette lumière qui manque tant à notre temps.

Faire entrer l’espérance en ce monde et en ce temps

Nous enraciner dans la foi reçue de nos pères nous invite à regarder le monde avec les yeux du Christ. Certes, il y a la noirceur des guerres, les violences, des colères qui naissent. Mais n’en restons pas à la surface de ces mouvements, car ils peuvent nous témoigner d’une espérance qui naît. Elle ne demande qu’à être entretenue, accompagnée par des femmes et des hommes qui forgent leur foi, leur espérance et leur charité dans le Christ ressuscité.

La lumière du Ressuscité

Pour éclairer les ténèbres que nous rencontrons, seule la lumière du Ressuscité peut nous donner une claire vision des choses. Elle nous aide à remettre les choses en perspective et à puiser en Lui la force nécessaire pour ne pas céder aux appels de l’ennemi de la nature humaine.

En ambassade pour le Christ

Souvenons-nous que la lumière du Christ, reçue lors de notre baptême, nous place en ambassade aux carrefours du monde. Il nous revient d’annoncer au monde les merveilles de l’amour de Dieu. Cela réclame donc de notre part davantage de forces, d’énergie et de dynamisme. Ce « davantage » n’est pas une question de quantité mais de désir d’avancer dans la croissance de la connaissance de l’amour de Dieu. Sans ce désir, nous risquons de rester au port, amarrés à ce que nous connaissons déjà.

Des commencements qui n’ont jamais de fin

Le Seigneur nous demande d’avoir l’audace de partir vers une « terra incognita », vers « des commencements qui n’ont jamais de fin » (Grégoire de Nysse). Ainsi, nous avons besoin de la lampe de la foi et de l’huile de la charité pour vivre, en ce monde et en ce temps, notre mission de disciples du Christ ressuscité.

Faire dialoguer foi et charité

La charité, ce n’est pas seulement la main tendue aux plus fragiles. C’est l’amour du Christ ressuscité en action en ce monde et en ce temps. C’est à nous, disciples missionnaires, de manifester cette charité, habités de notre foi, au monde. Cette action, cette manière de faire doit être fondamentalement enracinée dans la mission du Christ.

L’Église n’est pas une ONG

Sinon, nous ne bâtissons pas le Royaume de Dieu, mais œuvrons pour une ONG, comme nous le disait le pape François au tout début de son pontificat. C’est important de savoir au nom de qui nous agissons, car cela donne une coloration à l’action. Nous n’agissons pas pour avoir bonne conscience, pour faire notre B.A. quotidienne, mais parce que « l’amour du Christ nous saisit » (2 Co 5, 14).

Confiance

Aussi, cela demande que nous prenions au sérieux ce que le Seigneur nous demande. C’est-à-dire que nous avons à chercher à construire le Royaume et sa justice de manière consciente et confiante. Ce sérieux, ce n’est pas avoir des « têtes de carême », mais avoir conscience que nos paroles et nos actes comptent et engagent. Ils sont les témoignages concrets de notre foi et de notre charité.

Compter sur la grâce

C’est pour cela que nous devons pouvoir compter sur la grâce du Seigneur. Elle nous donne de pouvoir découvrir jour après jour que nous sommes capables d’aimer comme le Seigneur nous le demande. Cette grâce nous invite à la conversion pour devenir, là où nous sommes, « semences de l’Évangile ». Cette semence « est amenée à croître là où elle est semée, non pas par des stratégies humaines, mais par la grâce de Dieu », comme l’a rappelé récemment le pape Léon XIV.

Patience, persévérance et discernement

En fait, il nous est peut-être simplement demandé de prier le Seigneur de nous donner la grâce suffisante pour accomplir notre mission, dans la diversité de nos appels et de nos vocations. Si nous la demandons, le Seigneur nous la donnera « pour que nous allions et portions du fruit et que ce fruit demeure » (Jn 15, 16). Gardons fermement cette assurance que le Seigneur ne cesse de pourvoir à la mission qu’il nous donne. Il nous faut de la patience, de la persévérance et du discernement pour entrer dans cette assurance que Dieu est encore à l’œuvre en cet âge. Ainsi, nous deviendrons des femmes et des hommes avec un cœur semblable à celui de Jésus.

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