La relecture pour servir la mission du Christ

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Dernière modification 1 heure ago by Chrétien en ce temps

« Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? » Cette question du Seigneur dans la bouche du prophète Ésaïe nous est également adressée. Elle peut être une grille de relecture de cette année scolaire qui vient de s’achever il y a un mois. C’est, en creux, la question des idoles. En quoi, en qui mettons-nous notre confiance ? Qu’est-ce qui me donne du goût, de l’élan ? Ces motions intérieures, auxquelles Ignace de Loyola — célébré vendredi dernier — nous invite à être attentifs, peuvent nous guider sur le chemin de notre vie.

La relecture à la lumière de la Parole

Pour répondre à ces questions, nous pouvons utiliser notre intelligence, notre mémoire, mais cela ne suffit pas. Nous avons besoin d’éclairer notre démarche avec la Parole de Dieu et l’aide de l’Esprit. Ainsi, nous pourrons cheminer vers cette vie en abondance que nous promet le Seigneur.

Discernement et relecture

Pour autant, il faut savoir discerner entre l’essentiel, l’important et l’anecdotique. Il y a des choses que nous faisons, des rencontres qui nous donnent de l’espérance, d’autres qui nous épuisent et nous vident de tout désir, de toute énergie. Il faut donc discerner ces lieux de vie et de mort pour marcher davantage du côté de la vie, celle qui nous donne de mieux servir et aimer le Seigneur et nos contemporains.

Du côté de la vie

Le Dieu que nous cherchons nous choisit pour porter la bonne nouvelle de son amour et donc pour servir là où nous sommes, emplis de l’Esprit de vie. C’est là une règle simple pour avancer, dans cette relecture, sur le chemin de la vie. Là où nous sommes désaltérés, là où la joie résonne dans notre cœur, c’est alors que le Seigneur est avec nous et nous avec lui.

Au service de sa majesté ?

Mais avons-nous faim et soif du Seigneur ? Avons-nous le désir de chercher le chemin qui nous conduit à être avec lui, à le contempler pour mieux servir ce monde ? C’est peut-être la question centrale que nous pouvons nous poser dans cette relecture d’année.

Le Christ ou les idoles ?

Si ce sont les idoles que nous servons, nous risquons de très vite être lassés, fatigués et asservis. Nous voyons les ravages que font dans notre monde la quête de la toute-puissance, de l’argent, du pouvoir pour le pouvoir. Nous pouvons penser que ce sont des tentations qui ne risquent pas de nous concerner, car nous sommes loin des sphères de pouvoir. Mais soyons attentifs à nos manières d’être dans nos lieux de vie : famille, travail, associations, communautés chrétiennes.

Servir sous l’étendard de la croix

N’oublions pas que si nous choisissons de suivre le Christ, c’est derrière l’étendard de la croix qui nous fait devenir serviteur à la suite du Christ, serviteur par excellence. Notre « seule gloire est le service, l’amour de ceux que l’on oublie » comme l’a écrit le jésuite Didier Rimaud. Cela demande de notre part de l’humilité et, en même temps, de l’inventivité.

Serviteur de la mission du Christ

Servir à la suite du Christ, donner à manger la manne du Christ aux femmes et aux hommes de ce temps, c’est être serviteur de sa mission. Dans l’Évangile de ce dimanche, nous entendons que les disciples donnent à manger les pains multipliés par Jésus. Il ne leur demande pas de multiplier les pains — c’est là l’œuvre du Seigneur — mais de les distribuer. Ils deviennent ainsi partenaires de la mission du Christ. Nous aussi, à la suite du Christ et des premiers disciples, nous avons à répondre à ce même appel. Souvenons-nous que les disciples étaient des gens ordinaires, des travailleurs. Le Christ les a choisis non pas en raison de leur savoir-faire, mais de leur capacité à entendre la Bonne Nouvelle et à se laisser saisir par Jésus.

Le monde a besoin de l’Amour de Dieu

Ne cherchons pas à passer à côté de cet appel. Chacun d’entre nous est capable de servir la mission du Christ, de partager l’Évangile avec nos frères et sœurs en humanité. Le monde en a besoin. Il a besoin de cette parole de Dieu, certes tranchante comme le glaive, exigeante comme l’amour, mais qui peut changer la face du monde.

Découvrir la miséricorde de Dieu

Cette capacité vient du fait que la parole de Dieu, cette parole que nous avons à apporter au monde, est avant toute chose miséricordieuse. C’est-à-dire qu’elle ne vient pas juger, jauger, peser ou sous-peser. Elle est d’abord et avant tout plongée dans l’amour de Dieu, qui nous veut pour sa louange et son service, pour que nous l’annoncions par et dans toute notre vie. Cet amour est surabondant comme les pains et les poissons multipliés ; il en reste pour être distribué à ceux qui le désirent.

Relecture et mission

Notre monde a besoin de missionnaires qui portent cet amour de Dieu à ce monde désuni. Les femmes et les hommes de ce temps ont besoin d’espérance et de paix. Il ne s’agit pas de vaines promesses, une sorte d’opium du peuple, pour supporter les tribulations de notre temps. Le Christ nous appelle à porter son espérance et sa joie par des gestes concrets quotidiens. C’est l’incarnation de ce « Donnez-leur vous-mêmes à manger » entendu dans l’Évangile de ce dimanche. C’est dans la proximité avec nos frères et sœurs en humanité que nous pouvons montrer le visage souriant du Ressuscité. Un visage qui n’efface pas les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, mais qui les porte pour qu’à notre tour nous trouvions des raisons d’espérer encore.

À la recherche de compagnons de Jésus

La force que le Ressuscité vient nous apporter, c’est de trouver sur notre route des compagnons de Jésus qui sachent tendre la main pour accompagner, relever, consoler des frères et sœurs et reprendre la route à la suite du Christ. Nous avons à le mettre au cœur de notre vie, de notre mission, de tout ce que nous faisons.

Laisser Dieu agir

Car, comme le rappelle Arturo Sosa, préposé général des jésuites : « Ce n’est que lorsque nous laissons Dieu agir véritablement en nous que nous pouvons devenir d’authentiques apôtres. » Cela demande de notre part de savoir discerner ce qui est de notre responsabilité collective ou individuelle et celle de Dieu. Notre mission est de collaborer pleinement, entièrement, volontairement à l’œuvre de salut voulue par Dieu, non d’en être les auteurs.

Laissons Dieu être Dieu et prenons notre pleine part à l’annonce de l’Évangile. Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin que le Seigneur nous en donne la grâce.

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