Demander la grâce de l’intelligence du coeur

Temps de lecture : 5 minutes
image_pdfimage_print

Dernière modification 2 heures ago by Chrétien en ce temps

« Je te donne un cœur intelligent et sage », telle est la réponse du Seigneur à la demande de Salomon pour diriger son peuple, que nous entendons dans la première lecture de ce 17ᵉ dimanche ordinaire. Nous aimerions que ce don du Seigneur soit largement partagé avec les dirigeants de ce monde, tant il est divisé et en proie aux guerres. Mais, peut-être, qu’il faudrait que nous demandions tous et toutes cette grâce pour conduire notre propre barque, nos propres affaires. Ainsi, le Royaume de Dieu adviendrait rapidement.

Au cœur de la vie de Dieu

Avec ce passage de Jérémie (Jr 3, 14-17), nous comprenons mieux ainsi ce que désire le Seigneur. Ce n’est pas tant les sacrifices, les belles — et souvent vaines — promesses qu’il désire, mais un cœur assoiffé de Dieu.

Avec Dieu, changer le monde

C’est dans cette proximité avec lui que nous pourrons changer ce monde et le rendre plus juste. Aussi, nous pouvons commencer par écouter la Parole de Dieu, cette Parole que nous recevons des Écritures mais aussi celle que le Seigneur susurre à notre cœur dans la prière et le quotidien de nos jours. Cette vigilance du cœur peut nous rendre attentifs aux signes des temps, à ces traces de Dieu, invisibles à nos yeux mais indispensables à nos vies.

Chercher le bonheur

Entendons ce que nous dit le psalmiste : « Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, plus qu’un monceau d’or ou d’argent. » À nous qui cherchons le bonheur, l’épanouissement, un état d’être qui nous fait vibrer, laissons-nous questionner par ce qui nous fait vivre. C’est cette Parole de Dieu, amour fou de Dieu pour nous, qui vient nous donner le sens profond de notre vie. Une vie faite pour devenir davantage des femmes et des hommes pour les autres, tournés vers la relation pour grandir ensemble dans la foi et l’action de grâce.

S’ouvrir à l’Amour

La parole de Dieu nous donne de nous laisser conduire par un plus grand que nous pour nous ouvrir à la grandeur de l’Amour. C’est en cela que la parole est plus que l’or ou l’argent. La Parole de Dieu ne cesse de nous conduire vers des commencements qui n’ont jamais de fin, car l’Amour avec Dieu est une nouveauté qui se renouvelle sans cesse. Il est important de garder ce dynamisme d’une nouveauté que nous voulons à la fois conserver et découvrir. C’est un véritable trésor qui n’a pas de prix, car goûter la parole de Dieu nous conduit à être plongés dans une puissance de vie qui dépasse tout entendement.

Découvrir les signes de la résurrection

C’est un chemin qui demande d’être attentif à tout ce qui peut jaillir comme force de résurrection dans notre monde. Nous connaissons beaucoup de conflits avec des dirigeants dont nous pouvons douter qu’ils aient un « cœur intelligent et sage ». Mais à côté de cet aspect ténébreux de notre monde, il y a de belles et bonnes choses qui se vivent.

Dieu est à l’œuvre au cœur du monde

Se Focaliser sur ce qui va mal, c’est faire le jeu de l’Ennemi de la nature humaine, qui refuse de nous laisser voir et contempler que Dieu est à l’œuvre dans ce monde.

S’enraciner dans l’espérance

Aussi, il est essentiel de nous enraciner dans l’espérance pour ne pas nous laisser entraîner par cet Ennemi. Demandons la grâce d’ouvrir les yeux, d’avoir pour compagnonnage quotidien la Parole qui nous entraîne à temps et à contretemps vers toutes choses nouvelles. C’est dans ce mouvement de désir permanent, de vouloir rencontrer le Christ dans sa Parole et dans nos frères et sœurs en humanité, que nous pourrons véritablement bâtir le Royaume et sa justice.

Avoir faim et soif du Christ

Ainsi, ne nous contentons jamais d’être satisfaits, comme repus après un bon repas. Le compagnonnage avec le Seigneur nous conduit à défricher, à déchiffrer ce monde pour y découvrir des occasions pour la louange et l’action de grâce. Cette proximité avec Dieu, en son Fils, et avec nos contemporains nous permettra d’être véritablement configurés à son image. C’est ce que nous découvrons dans les mots de Paul dans la seconde lecture.

Participer à la gloire de Dieu

L’Amour que nous portons à Dieu nous donne de participer à sa gloire, c’est-à-dire à son œuvre de salut. Si nous choisissons le Christ pour maître et pour ami, il nous sera donné de faire de belles et grandes choses. Cependant, il est important de garder à l’esprit que le désir du Seigneur n’est pas que nous construisions des mausolées, des autels, de magnifiques cathédrales. Ce qu’il nous demande, c’est de gagner les cœurs, c’est-à-dire que nos vies, nos manières d’être soient un témoignage vivant de son Amour. Et cela fait partie des choses qui sont sans doute les plus difficiles dans nos vies.

Attentifs à l’inattendu de Dieu

Faire de la place à l’inattendu de Dieu, laisser germer son amour et sa grâce, et nous laisser conduire par ce que l’Esprit dit, ce n’est pas aisé. C’est souvent l’inverse que nous vivons — malgré nous. Nous avons tendance à faire, et ensuite à embarquer Dieu dans l’aventure. C’est un peu comme si nous achetions un champ et que nous le labourions dans l’espoir d’y trouver Dieu. Alors que l’Évangile de ce dimanche nous dit qu’il s’agit d’acheter le champ où nous avons découvert le trésor. Non seulement il s’agit d’acheter ce champ, mais de tout vendre pour l’acquérir. Et nous ? Sommes-nous prêts à tout laisser, à tout vendre pour acquérir ce trésor de la Parole que l’Esprit a versé en nos cœurs au jour de notre naissance ?

Prier simplement

Il y a sans doute en nous des résistances, des moments où nous ne sommes pas disponibles pour servir et aimer notre prochain. Nous sommes alors comme abattus, sans énergie, sans désir et sans volonté. Dans ces moments-là, nous pouvons peut-être prier très simplement avec la prière de la grand-mère du pape François : « Jésus, que mon cœur ressemble au tien. » Elle nous permet, nous dit le pape François, que notre cœur devienne plus patient, plus généreux, plus miséricordieux, à l’image du Cœur de Jésus. C’est donc bien dans l’accueil de la grâce, du don de Dieu, que nous pourrons avancer dans notre chemin de conversion. La conversion est un long chemin qui nous invite à découvrir jour après jour des signes de la miséricorde de Dieu. Réjouissons-nous donc d’avoir pour jalons dans cette vie la douceur et la tendresse de Dieu.

Ainsi, dans ce discernement continuel, nous pourrons servir davantage nos frères et sœurs en ce monde et en ce temps, et faire advenir le Royaume et sa justice, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut du monde.

Retour en haut