Devenir davantage témoins du Christ


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / samedi, avril 30th, 2022
Temps de lecture : 5 minutes
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(Last Updated On: 30 avril 2022)

Devenir davantage témoins du ChristCe 3e dimanche de Pâques, nous poursuivons notre rencontre avec le Ressuscité. Nous sommes invités à devenir les témoins de la victoire du Christ sur les ténèbres et à nous laisser entraîner par son fol amour. L’Évangile de ce dimanche est le dernier chapitre de celui de Jean. Les apôtres ont repris leur travail de pêcheurs. Peut-être avec le cœur lourd, la tête pleine du souvenir de cet ami, ce compagnon, ce maître avec lequel ils ont cheminé durant 3 ans. Mais, voilà la vie qui reprend son cours. Il faut bien vivre, malgré tout !

Devenir témoins du Christ au quotidien

C’est au cœur de ce quotidien, de leur devoir d’état qu’ils sont surpris par le Christ. Ils deviennent presque malgré eux témoins du Christ ressuscité. Il vient se révéler au cœur de leur échec. Ils n’ont rien pris, les filets sont vides. Cette pêche infructueuse n’est sans doute pas rare. Mais, pour nous, habitués des Évangiles, elle nous rappelle le passage de la pêche miraculeuse. Peut-être avons-nous à y comprendre que nous devons compter sur le Ressuscité au cœur de notre vie. Nous sommes ses témoins parce qu’il est notre compagnon de route.

Risquer notre vie pour l’annonce de l’Évangile

Notre cœur doit être vigilant aux événements de ce temps qui nous révèlent la présence discrète, – mais efficace – du Christ sur notre route. Sa présence nous invite à être témoins, car elle réchauffe notre cœur et nourrit notre espérance. Notre attachement au Christ nous invite à être audacieux, à prendre des risques pour l’annoncer dans et par toute notre vie. C’est cela être témoins du Christ.

Prendre la Parole à cœur

Nous entendons, dans la première lecture, l’audace des disciples. Elle n’est pas sans nous rappeler cette phrase du Christ en faveur de ses disciples : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. ». Le jaillissement de l’amour de Dieu nous invite à ne jamais nous taire. Cette prise de parole n’est jamais incantatoire, mais doit s’incarner dans notre quotidien. C’est là que nous discernons la présence du Seigneur. C’est au cœur même de leur travail de pêcheurs que les disciples rencontrent le Ressuscité. Sa faim rejoint celle des femmes et des hommes de ce temps qui attendent une parole de consolation et de réconciliation de la part de ceux qui sont témoins du Christ. Il est, sur cette berge, comme cette incarnation de ces femmes et de ces hommes venus l’écouter au risque de la faim.

Donner à manger

À Lui comme à eux, nous avons à donner à manger. Cette nourriture est le fruit de notre travail, de notre quotidien qui s’est risqué sur la parole du Christ. Si nous ne mettons pas notre confiance dans le nom du Christ, nous compterons sur nos propres forces et serons vite confrontés à la stérilité de nos plans et autres stratégies. Apprenons du Christ à nous appuyer davantage sur Sa Parole.

Devenir témoins du Christ pour changer le monde

Elle doit nous entraîner à l’action pour faire le bien et annoncer son Évangile. Exerçons-nous à tendre l’oreille de notre cœur. Nous pourrons alors écouter le Seigneur nous convoquer pour servir l’humanité souffrante alors notre foi est vaine. Nos frères et sœurs en humanité attendent de nous, témoins du Christ, que nous soyons emplis d’espérance pour leur montrer le chemin de Dieu.

Prendre notre baptême au sérieux

Notre baptême exige de nous que nous jetions aussi les filets là où le Christ nous envoie. Nous sommes au cœur de ce monde des disciples missionnaires. La mission ce n’est pas forcément partir et traverser les mers. Elle est d’abord là où nous sommes, dans ce que nous vivons, en plein monde. C’est là où nous pourrons d’abord rassasier ceux qui ont faim et soif de la justice de Dieu.

Avoir Dieu pour boussole

Dans les bouleversements que connaît notre monde, dans les incertitudes qui peuvent germer dans nos cœurs, n’oublions pas que notre boussole est l’amour que Dieu nous porte de manière inconditionnelle. Voilà un des fruits que fait mûrir l’arbre de la croix : l’assurance que Dieu ne nous abandonne pas, qu’il est au cœur de nos vies pour que nous habitions ce monde par son amour. Aussi, nous pouvons faire des mots du psaume de ce dimanche notre prière : « Que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi ; et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! »

Prier pour rendre grâce

Agir pour annoncer l’Évangile, compter sur Dieu et relever les filets débordants sont importants pour nous qui désirons être davantage témoins du Christ. Mais, il est tout aussi important d’apprendre à « rendre grâce ». Trop souvent notre prière est une prière de demande. C’est important de nous en remettre à la miséricorde de Dieu. Mais, le discernement doit nous inviter également à voir l’action de Dieu au cœur de notre vie. Rendre grâce doit aussi être au cœur de notre prière. D’ailleurs, nos Eucharisties sont d’abord une action de grâce, une louange au Père qui vient par l’Esprit, offrir le Christ pour qu’à notre tour nous nous offrions à Lui.

L’offrande de nos vies

Cette offrande n’est d’ailleurs pas incompatible avec la dimension missionnaire de notre vie. Le peuple des baptisés, témoins du Christ, est Celui qui accepte de se recevoir de Dieu. Nous avons à lui laisser de la place dans nos vies pour qu’il vienne y faire sa demeure. Sans cet accueil de Dieu au cœur de notre temps, de notre quotidien, nous resterons inféconds tels les disciples qui ont pêché toute la nuit.

Risquer notre oui

N’ayons pas peur de risquer notre oui, à la suite du Christ. N’ayons pas peur d’être à nu devant Lui. Il connaît nos faiblesses, nos fragilités et nos infidélités. Il ne vient pas les juger, mais les transformer en vivante offrande à la louange de Sa Gloire. L’amour du Christ peut changer radicalement nos cœurs et le cours du monde. Si nous arrivons à nous laisser suffisamment imprégner de la grâce de l’Évangile, alors nous pourrons devenir des témoins du Christ fidèle et audacieux. Faisons comme Pierre, jetons-nous à l’eau pour rejoindre le Christ qui est sur la berge.

Laissons-nous nous porter par Sa Parole, son Eucharistie, et nos frères et sœurs en humanité. Ce sont les vivres dont notre cœur a besoin. Ainsi, nous deviendrons des apôtres de consolation et d’espérance qui montreront aux femmes et aux hommes de ce temps la densité de l’amour de Dieu. Gardons confiance, le Christ ressuscité nous appelle à aimer ce monde en son nom.