Devenir témoins de la joie de Noël


Méditations au coeur du monde / vendredi, décembre 15th, 2023
Temps de lecture : 5 minutes(Last Updated On: 15 décembre 2023)

Nous voici arrivés au dimanche du Gaudate. Ce troisième dimanche de l’Avent est traditionnellement celui de la joie. C’est la joie de Noël que nous célébrons. Nous nous approchons de cette belle fête de Noël. Nous l’attendons pour être pleinement plongés dans la joie et l’espérance. Cette joie de Noël est un appel à nous rapprocher pleinement de « Jésus conversant avec les hommes » (Pierre de Clorivière).

Le Gaudate : prélude à la joie de Noël

Ce dimanche du Gaudate nous précise le sens prochain de la Nativité. Il s’agit d’accueillir le Salut, l’Amour fou du Père, que le Fils vient manifester en partageant notre humanité. C’est ce que nous entendons dans la première lecture.

Cultiver l’espérance

Ainsi, notre espérance n’est pas vaine. Elle n’est pas cet espoir d’avoir tel ou tel cadeau le soir de Noël. La joie de Noël est cette certitude que Dieu vient à notre rencontre. Le Christ vient nous entraîner avec Lui, dans un don toujours plus grand de notre vie. C’est une invitation à prendre au sérieux notre baptême. C’est là où nous avons revêtu le Christ et, par extension, le « vêtement du Salut » et le « manteau de la justice » dont nous parle la première lecture.

La joie de notre baptême

Notre baptême est tout sauf un rite de passage. Il vient nous associer pleinement à la joie et à la mission du Christ. Nous sommes désormais appelés à vivre l’Évangile en plein monde. C’est-à-dire que notre vie se vit dans la suite du Christ. Nous l’annonçons dans tout ce que nous sommes, dans la simplicité du quotidien. Nous sommes ainsi porteurs des germes et des grâces du Royaume qui vient.

Se laisser entraîner dans la joie de Noël

Désirer vivre dans cette dynamique c’est véritablement se laisser entraîner par la Joie de Noël. Notre vie alors pourra exulter de joie, comme le dit le Magnificat que nous entendons. À la suite de Marie, nous entrons dans la louange. C’est avec action de grâce et reconnaissance que nous vivons notre appel à devenir disciples-missionnaires. Dieu vient nous sauver de la tristesse, de l’égoïsme, du repli sur soi. L’espérance de la joie de Noël vient nous conduire à l’émerveillement.

Vers la plénitude de l’Amour de Dieu

Gardons vraiment au cœur la seconde lecture que nous propose la liturgie de ce 3e dimanche de l’Avent. C’est un élan d’action de grâce et une invitation à aller vers davantage de joie avec le Seigneur. Cette plénitude de la joie de Noël vers laquelle nous cheminons nous invite à demeurer attentifs aux mouvements du monde et à ceux de notre cœur.

Discerner les chemins du Seigneur

Paul nous invite à discerner pour ne pas nous tromper de chemin. Il insiste sur le fait que notre foi nous fait confesser le Dieu de la Paix. Ainsi, tous les prophètes de malheur, toutes ces voix catastrophiques qui nous entourent ne servent pas le projet de Dieu. C’est aussi une invitation à une saine prudence qui nous est faite.

Placer une garde sur notre cœur

Non seulement il nous faut exercer une vigilance à l’externe, mais aussi sur ce que nous vivons dans notre cœur. Là réside peut-être une plus grande difficulté ou du moins une vigilance moins aisée. Souvenons-nous de cette parole du prophète Jérémie (Jr 17, 9) : « Le cœur de l’homme est compliqué et malade ! Qui peut le connaître ? » Il nous faut alors redoubler de vigilance. Car c’est du cœur, le siège de nos décisions, et pas seulement de nos sentiments, que notre agir provient. Si nous avons le monde à cœur alors cette vigilance sera du côté de la Paix. C’est une manière concrète de contribuer à apporter la joie de Noël dans notre monde.

Dieu est fidèle

Mais, ce qui importe sans doute le plus c’est cette fidélité de Dieu que Paul nous rappelle. Dieu demeure présent à chacun, avec une infinie discrétion. Pourtant, il demeure au cœur de notre humanité blessée par tant de maux. Dieu vient, par le don de l’Esprit et l’incarnation de son Fils, réconcilier le monde. C’est-à-dire le monde à changer de regard, à se tourner davantage vers l’espérance, la joie, la solidarité. Ce chemin n’est pas de l’ordre de l’autopersuasion, mais de l’accueil de la grâce de Dieu.

Préparer le chemin du Seigneur

Même si Dieu naît à notre monde, malgré nous, il ne vient pas changer notre cœur malgré nous. D’ailleurs c’est ce que nous dit Jean-Baptiste dans l’Évangile. Il nous invite à entendre cette invitation, déjà formulée la semaine dernière, à « redresser le chemin du Seigneur ». Nous comprenons donc, en creux, que nos manières de vivre et de penser, souvent tortueuses, ne sont pas le chemin du Seigneur. Dieu ne cherche pas à calculer ce qui Lui apportera le plus en termes de gains ou d’honneurs. Ce qui Lui importe c’est que nous entrions dans son désir de Salut.

Devenir compagnons de Jésus

Ainsi, il ne s’agit pas d’être tel ou tel, comme les prêtres et les lévites aimeraient le faire pour Jean-Baptiste. Il importe davantage de se situer dans le sillage du Christ. Ainsi, nous pourrons entrer pleinement dans cette joie de Noël qui nous est promise. Une autre joie qui peut nous habiter est cette certitude que nous ne sommes pas le Christ. Nous sommes ce que nous sommes ou du moins nous cherchons à correspondre au désir de Dieu pour le servir et l’aimer.

Proclamer la joie de Noël dans le désert

Comme Jean, nous pouvons parfois avoir l’impression de crier dans le désert, mais qu’importe. Si notre voix porte la voix du Christ, ouvre un chemin à l’Espérance, alors ne nous taisons pas. Avec d’autres frères et sœurs qui portent la même Parole, la voie de Dieu pourra naître et le monde renaître à l’espérance.

La mission continue

Malgré la difficulté de son ministère, Jean-Baptiste continue sa mission de précurseur. Il est celui qui nous alerte et permet de rester en éveil pour continuer le chemin qui nous conduit au Christ. Dans cette figure de Jean-Baptiste, nous pouvons aussi trouver du sens. L’Évangile nous dit qu’il n’est pas la lumière, mais venu rendre témoignage à la lumière.

Devenir témoins

Être témoin c’est attester de la réalité, de la véracité d’un fait. Alors que nous nous approchons de la joie de Noël, nous pouvons demander la grâce au Seigneur de devenir, nous aussi, des témoins de Sa Lumière. Osons aussi demander de devenir davantage des porteurs de la lumière de Dieu. Puissions-nous, grâce à elle, éclairer et réchauffer les ombres de notre vie et celles du monde. Ainsi, nous serons témoins du Salut de Dieu et porteurs de la joie de Noël.