La consécration de la Parole


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / samedi, janvier 22nd, 2022
Temps de lecture : 5 minutes
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(Last Updated On: 22 janvier 2022)

La consécration de la paroleCe 3e dimanche ordinaire, Jésus témoigne de sa consécration. Il vient nous dire qu’il est Celui que le Père a choisi pour témoigner au monde de l’insondable amour de Dieu pour chaque femme et chaque homme. Aujourd’hui, ce n’est plus l’Esprit ou les anges qui parlent de Lui. Sa consécration le fait passer de témoin à acteur. En fait, il assume pleinement la densité de sa divinité. Cette révélation se fait au travers de l’écoute de la Parole de Dieu au sein d’une communauté croyante. C’est cette Parole que nous sommes invités, en ce 3e dimanche ordinaire, à mettre au cœur de notre prière.

La consécration du Christ l’envoie en plein monde

L’appel que le Christ manifeste aujourd’hui, sa consécration, ne le conduisent pas à devenir ministre officiant de la communauté, mais à être envoyé annoncer l’Évangile en plein monde. Au cœur de la communauté croyante, il nous dit que Dieu est celui qui, en Jésus, « frappe de l’intérieur pour le laisser sortir ». Cette expression du cardinal Bergoglio, juste avant le Conclave, illustre bien cette vocation du Christ, exprimée aujourd’hui.

Découvrir la mission du Christ

Avec la lecture du prophète Isaïe, il annonce que la mission de Dieu est d’abord de vivre une charité, un amour préférentiel pour les plus petits et d’être en sortie. Ce dimanche nous sommes invités, à la suite du Christ, à relire notre consécration baptismale. À qui, à quoi sommes-nous envoyés ? De quelles manières vivons-nous cet appel à la charité, à vivre de la puissance du fol amour de Dieu ? Ce « nous » est à la fois personnel et communautaire.

La communauté : témoin de la consécration du Christ

Nous le voyons bien dans l’Évangile de ce dimanche. Jésus s’exprime au « je », mais devant la communauté. Elle devient témoin de cet appel pour mieux le comprendre, le porter et pourquoi pas le supporter. Jésus nous montre ainsi qu’il doit exister un dialogue entre appel personnel et appartenance à la communauté. Nous ne sommes pas chrétiens tout seuls, nous appartenons à un peuple, à une communauté qui nous font devenir chaque jour davantage corps du Christ.

Nous sommes le corps du Christ

C’est cette appartenance, manifestée au jour de notre baptême, qui nous permet de prendre la route à la suite du Christ. Nous pouvons entendre cette réalité dans notre méditation de la seconde lecture. Paul nous fait comprendre, par l’analogie avec le corps, que nous sommes essentiels à la vitalité du corps du Christ. Si un seul de ses membres est en souffrance, qu’importe la nature de celle-ci, alors l’unité du corps, sa sainteté et sa santé sont en crise. C’est pour cette raison que l’Église doit se tourner toujours davantage vers le Christ pour y être ajustée.

L’Église : témoin de la charité du Christ

Dans cette Église, c’est nous tous qui manifestons notre attachement au Christ. Elle n’est pas autre chose et surtout pas une institution, une sorte d’administration. Certes des structures existent, mais elles ne sont là que pour nous aider à entrer davantage dans l’amour, la charité du Christ. Avoir cette conviction, cette assurance nous permet d’accepter la diversité des uns et des autres.

Travailler à l’unité du Corps du Christ

Nous sommes dans la semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens. L’Unité ne veut pas dire qu’il faut que toutes les manières de croire, toutes les professions de foi en Christ doivent se retrouver dans une seule Église. Cela signifie que nous avons à travailler pour que nos divisions dogmatiques, historiques, voire politiques ne soient pas des obstacles à l’amour du Christ. Sinon ce n’est pas l’Évangile du Christ que nous annonçons, mais nous-mêmes. Nous tombons alors dans cette auto-référentialité que ne cesse de dénoncer le pape François.

Se laisser convertir par la Parole

Ce qui doit nous habiter c’est le souci de vivre et de partager notre amour du Christ. Cela demande de prendre sur nous-mêmes, sur nos manières de penser, de voir, qui sont dues, peut-être, à notre milieu, notre éducation, notre parcours… En fait, c’est un appel à la conversion qui doit nous habiter chaque jour. Notre consécration baptismale nous a configurés au Christ pour que nous portions, au cœur du monde, en plein monde, la dynamique de l’amour du Père. Tous autant que nous sommes, au cœur même des différences qui nous habitent, avons à porter du fruit en essayant d’aimer à la suite du Christ. Pas facile tant des résistances habitent en nous. Il nous faut alors prier l’Esprit Saint pour qu’il nous aide à dépasser les frontières de notre cœur, de notre esprit parfois si stériles, si lents à croire l’intelligence des Écritures.

Dieu nous parle par les Écritures

Pourtant, si nous prenons le temps de contempler les Écritures, nous comprendrons mieux la manière dont Dieu nous parle. Ces paroles de vie, relues à la lumière de l’Esprit Saint, nous témoignent de la passion de Dieu pour sa création. Elles sont un chemin d’alliance, un parcours qui nous permet de discerner comment mieux aimer notre prochain et ainsi entrer dans le projet d’amour de Dieu. Elles nous disent aussi que Dieu nous parle au travers de la vie de femmes et d’hommes qui ont fait une expérience de foi singulière. Ils ont découvert de quelles manières Dieu pouvait se révéler, même au cœur de situations complexes. Aujourd’hui, il continue de nous parler dans l’Écriture, dans les signes des temps qu’il nous appartient de discerner en communauté chrétienne, mais aussi personnellement.

Le dimanche de la Parole de Dieu

Le pape François, dans sa lettre instituant le 3e dimanche ordinaire comme celui de la Parole de Dieu, nous dit que « la Bible est le livre du peuple du Seigneur qui, dans son écoute, passe de la dispersion et de la division à l’Unité. La Parole de Dieu unit les croyants et les rend un seul peuple » (Aperuit Illis, 4). Alors, profitons de ce moment favorable où la liturgie et le temps de l’Église nous invitent à nous centrer davantage sur la Parole pour y puiser la force de vivre notre consécration baptismale. La méditation de la Parole de Dieu, éclairée par la prière personnelle et communautaire, nous donne accès à l’immensité de l’Amour de Dieu.