Faire toutes choses nouvelles en Christ


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / vendredi, mai 13th, 2022
Temps de lecture : 5 minutes
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(Last Updated On: 13 mai 2022)

Faire toutes choses nouvelles en Christ« Voici que je fais toutes choses nouvelles » : ces mots concluent la seconde lecture de ce 5e dimanche de Pâques de l’année C. « Faire toutes choses nouvelles », c’est bien ce qui nous anime depuis que nous avons fêté la résurrection du Christ au cours de la nuit pascale. Le Christ qui a traversé la mort pour nous aider à traverser la vie. Avec le Ressuscité, nous contemplons que la force de vie et d’amour du Père nous conduisent à entendre son invitation à faire, dans notre vie « toutes choses nouvelles ». Pour cela nous marchons sur nos routes quotidiennes en compagnie du Christ Ressuscité.

S’abandonner à la grâce

Nous avons besoin de sa grâce pour ne pas abandonner la foi en chemin. Sans cette foi, sans cette espérance que son compagnonnage nous faire découvrir un élan de renouveau, nous baisserions les bras. C’est ce dont Paul et Barnabé témoignent dans la première lecture de ce 5e dimanche de Pâques. Avec eux, nous savons que lorsque nous traversons des épreuves, nous ne sommes pas seuls. Le Christ est avec nous, il nous accompagne de son amour, de sa présence. Cela n’empêche pas la peur, le doute, l’angoisse, mais nous avons la conviction intérieure qu’il y a un chemin de vie qui se dégagera. Notre foi, notre prière sont des exercices de patience. Nous sommes souvent pressés de voir se réaliser nos demandes. Mais, le chemin de Dieu n’est pas le chemin de l’homme.

Découvrir toutes choses nouvelles dans nos vies demande de la persévérance

Nos cœurs sont lents à croire, tels ceux des pèlerins d’Emmaüs, et nos yeux ont besoin de s’habituer à la clarté pascale. Dans cet exercice de discernement, nous pouvons aussi compter sur nos frères et sœurs dans la foi. Cette proximité dans la présence discrète, la prière d’offrande de leur vie pour nos vies sont le témoignage concret que Dieu ne nous abandonne pas. Souvenons-nous que « la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres ». C’est ce que rappelle le psaume 144, lu ce dimanche. Cette manifestation de la présence bienfaisante de Dieu à nos côtés est le cœur du message de l’Évangile. Dans celui que l’Église nous propose aujourd’hui nous entendons l’appel du Christ à nous aimer les uns les autres comme Lui nous a aimés. C’est une autre manière de comprendre le geste du lavement des pieds.

Plongés depuis notre baptême dans l’Amour du Christ

Avec le commandement de l’Amour, le Christ nous invite à vivre véritablement dans la dynamique qui nous pousse à vivre et à faire, en son nom et à sa suite, toutes choses nouvelles. Reconnaissons que cet appel nous avons des difficultés à l’incarner, nous sommes vraiment lents à aimer les autres. Il y a tant d’occasions et de raisons de les détester, de les mépriser, de les mettre au ban de notre vie, de notre horizon. Une telle attitude vient en contradiction avec notre baptême. Nous avons été plongés dans sa mort et sa résurrection pour devenir sa ressemblance.

Contemplons le cœur du Christ

La grâce reçue de ce sacrement nous a greffé au cœur du Christ, Lui qui aime tant ce monde. Alors, pourquoi n’y arrivons-nous pas ? Pourquoi est-ce si difficile d’être fraternel les uns avec les autres ? Peut-être est-ce parce que nous ne nous offrons pas totalement au Christ. Que notre contemplation de son cœur ouvert ne nous conduit pas encore à produire de bons et beaux fruits ! Il nous faut alors prier davantage et dire, comme Ignace ou Charles de Foucauld, canonisé ce dimanche : « Fais de moi ce qu’il te plaira ».

Avoir les mêmes sentiments que le Christ

Cette grâce de nous dessaisir de nous-mêmes pour nous offrir au Père pour faire sa volonté, c’est désirer avoir les mêmes sentiments que le Christ. C’est marcher vers l’accomplissement de la sainteté dont les premiers pas ont été faits lors de notre baptême. Pour cela, il nous faut véritablement chausser les lunettes de la foi et faire preuve d’un discernement à toute épreuve.

Bâtir notre vie sur le Christ

Gardons au cœur et dans notre intelligence que c’est l’Amour du Christ qui est la boussole de notre vie. C’est sur Lui que nous devons bâtir notre vie. C’est à cette condition-là que nous pourrons mieux vivre son appel à être des témoins et bâtisseurs de son Royaume ici et maintenant. Faire et voir toutes choses nouvelles en Christ c’est trouver un juste équilibre entre l’excès de confiance et de zèle et la négation de tout ce que nous pouvons réaliser au cœur du monde.

Vers la clarté pascale

Nous ne sommes ni des anges ni des démons. Nous sommes des femmes et des hommes invités à marcher les uns avec les autres dans la clarté pascale. C’est ainsi que nous pourrons être des révélateurs de l’infinie tendresse de Dieu. C’est elle qui nous aide à avancer dans l’aridité des déserts que nous traversons parfois ou qui sont traversés par nos frères et sœurs en Christ.

Découvrir le Christ dans l’inconnu

Sur cette route, dans notre chemin de vie, nous avons à prendre le temps de découvrir le Seigneur qui chemine avec nous. Il est l’inconnu de la route qui nous révèle l’urgence de changer nos cœurs, de les revêtir de la tendresse de Dieu pour changer ce monde. Dieu nous choisit comme ses coopérateurs. Il nous appelle à manifester que nous, ses enfants, sommes capables de faire, en son nom, toutes choses nouvelles. Il nous faut donc trouver en Dieu la force d’être des témoins crédibles de son amour pour le monde. En fait, il nous faut plutôt reconnaître qu’Il nous a donné Sa Vie pour que nous entrions pleinement dans cet amour. En cela, nous ne finirons jamais de découvrir la densité du sacrement de l’Eucharistie.

L’Eucharistie, chemin pour découvrir toute chose nouvelle

Dans ce pain et ce vin consacrés, c’est toute la force de Dieu qui vient faire toutes choses nouvelles. Par cette communion, il vient nous inviter à devenir davantage Fils dans le Fils, mais surtout à trouver la force dont nous avons besoin pour bâtir l’unité. Il s’agit de nous reconnaître tous dépositaires de la grâce de Dieu et membres de son corps. L’unité ne signifie pas l’uniformité, mais l’acceptation de la richesse des différences des uns et des autres. C’est dans cette découverte que nous pourrons contribuer à bâtir l’Église et à être des témoins crédibles de l’amour de Dieu.

Demandons donc la grâce de découvrir la richesse de l’autre même dans celui ou celle qui nous agace le plus. Ce n’est pas facile, il nous faudra du temps, mais n’oublions pas que Dieu est le maître des horloges et que son Amour dépasse l’horizon de notre égoïsme.

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