À table avec cœur

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AprèÀ table avec cœurs avoir cheminé plusieurs dimanches de suite dans la vigne du Seigneur, ce 28e dimanche ordinaire nous invite à prendre place à sa table. D’ouvriers, de coopérateurs de son œuvre, nous sommes invités à prendre place à sa table pour nous réjouir des noces de son fils. Pour autant, même si le lieu et notre place changent, la dynamique demeure la même. Nous restons insensibles à l’invitation du maître de la table. Nous ne venons pas, et même s’il vient nous chercher, notre cœur n’est pas apprêté. Sommes-nous alors condamnés à être mis de côté, à ne pas être mis du côté du Christ ? Il y a de quoi remplir nos cœurs de tristesse. Le Seigneur se choisit-il un peuple d’élites, bien sous tout rapport ? Avoir cette lecture, serait sans doute trahir la profondeur de l’Évangile.

Disponibilité

Communier à la table de Dieu n’est pas une question de dignité ou de pureté de cœur, mais de disponibilité. Sommes-nous suffisamment disponibles pour recevoir la grâce que le Seigneur nous fait, eucharistie après eucharistie ? Nos cœurs attendent-ils de vivre un cœur à cœur avec le Seigneur. Désirons-nous vraiment vivre la rencontre ? Avons-nous soif de Dieu, celui-là même qui nous met en joie ? Seul cela nous semble impossible. Nos propres forces sont incapables d’être pleinement disponibles pour Dieu, et de fait, pour les autres. Il nous faut alors nous en remettre à la grâce de Dieu. C’est ce mouvement que Jésus nous indique lorsque les serviteurs viennent nous inviter à sa table.

Ouverture

Sa table est ouverte, mais pour y demeurer, nous avons besoin de disposer nos cœurs à cette invitation. Une fois encore, ce n’est pas une question de mérite ou de rang, mais de cœur. C’est bien le dynamisme de notre vie qui est en jeu ici. Sans cœur, il n’est pas possible d’être avec Dieu. Sa miséricorde vient accorder notre cœur au sien. Il nous faut découvrir que le cœur de Dieu est notre unique refuge. De cette découverte, pourront alors cesser toutes nos jalousies et vieilles rancœurs. C’est difficile, car cela demande de nous décentrer pour nous centrer sur Dieu, mais rien ne lui est impossible.

Proximité

C’est donc une grâce à demander et à recevoir. Mais nous pouvons, nous devons œuvrer pour qu’elle se fraye un chemin en nous. Tout d’abord, et essentiellement par une prière confiante au Seigneur. Dans un cœur à cœur ouvert, ouvrons-lui notre cœur. Déposons notre vie au pied de son autel, la table de son repas nuptial, pour qu’il donne à notre cœur une ouverture suffisante pour recevoir la lumière de son amour. Sans cette lumière, nous restons sur nos échecs, comme hantés par ces ténèbres qui sommeillent en nous, prêtes à surgir. La proximité de Dieu ne vient pas effacer ces échecs, mais les transformer en occasion de sursauts. Il vient l’orienter vers une surabondante croissante. Cela n’est possible que si nous mettons en lui notre espérance, comme nous y invite la première lecture (Is 25, 6-10a).

Prochain

Cette force que nous donne le Seigneur est certes personnelle, mais elle doit nous entraîner à nous faire le prochain de notre prochain. Si le Seigneur nous console, c’est pour qu’à notre tour nous entrions sur le chemin de la consolation du frère, de la sœur qui est à notre porte. Cette découverte nous permet de prendre place à sa table, car nous avons à nous reconnaître membres d’un même peuple, d’un même corps. Ainsi, nous sommes invités à ouvrir notre cœur généreusement à la rencontre de l’autre. Ce dernier est également révélateur de l’amour du Père et nous invite à nous revêtir du vêtement qui nous conduit à la joie des noces du fils.

Aussi, ne restons pas au bord du chemin, certain que le salut n’est pas pour nous. Nous sommes chaque jour invités à la rencontre, à partager le repas des noces de l’Agneau. Mais pour ce faire, il faut habiller notre cœur avec joie et disponibilité. Prions donc les uns pour les autres, les uns avec les autres, afin que « le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel » (Ep 1, 17-18).