Compter d’abord sur la grâce de Dieu

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Compter d’abord sur la grâce de DieuNous voici revenus pleinement au temps ordinaire avec les textes ce 12e dimanche. Nous sommes invités à poser notre regard, une fois de plus, sur la nature de la grâce de Dieu. Compter sur Lui ne nous épargne ni les tracas, ni les insultes, ni le mépris… À vrai dire, cela les attire plutôt. Il n’y a donc aucun avantage à croire en Dieu, à mettre nos pas à la suite de son fils. Nous voici donc au cœur d’une logique implacable : avoir la foi ne sert à rien ; sauf à être mal vus ! Nous ne pouvons donc que souscrire aux lamentations de Jérémie dans la première lecture.

Aspirations

Mais au plus profond de nous, à l’intime de notre cœur, nous sommes comme attirés par le Christ. Découvrir Sa figure, au cœur de l’Évangile, nous invite, malgré tout, à prendre la route avec Lui. C’est étrange, avouons-le, puisque nous n’y gagnons rien. À quoi sert-il donc de se laisser entraîner par ces Paroles qui pourraient – si nous sommes inattentifs – ressembler aux sirènes mythologiques d’Ulysse. C’est là qu’opère la grâce dont Paul nous fait l’éloge dans la seconde lecture. Elle est ce don gratuit, abondant et généreux que nous offre le Père par l’incarnation de son Fils. Elle est cette puissance impuissante qui vient transcender toutes nos insatisfactions, doutes, incompréhensions… Tout ce qui fait que nous aspirons à la plénitude de la grâce et de la consolation et nous invite à goûter « l’amour et la grande tendresse de Dieu ».

Purifications

Cette attente demande aussi d’être purifié, d’être dépouillé de toutes tentations – bien naturelles – de puissance. Le don de Dieu est toujours tourné vers le service de « tout homme et de chaque homme ». Il n’est pas là pour nous conférer des super pouvoirs et nous transformer en super-héros. Point de magie dans la grâce de Dieu, mais une lente invitation à se changer soi-même pour ressembler davantage au Christ. Nous n’en finissons pas de parcourir ce chemin, de tendre vers ce désir d’une vie davantage unie, en syntonie avec le cœur même de Jésus. Notre zèle est aussi ardent que notre impatience. Pourtant, il nous faut laisser se creuser en nous le désir afin que la source de l’Esprit puisse y jaillir. Nous sommes, souvent peut-être, trop préoccupés de nous-mêmes, de l’objectif à atteindre et pas suffisamment par la route de nos vies que nous empruntons.

Pérégrinations

Ce chemin, sans nul doute escarpé, est fait peut-être de tours et de détours. Néanmoins, il est le lieu inévitable de la rencontre avec le Seigneur. Il ne se révèle à nous que dans l’inédit, dans indicible, dans cette « fin de commencement d’une brise légère (2 R 19). Le don qu’il nous fait s’instille en nous pour que nous nous devenions « fils dans le fils ». Voilà l’effet de la grâce de Dieu, elle doit nous mettre en joie car elle est « abondance » de vie.

Révolutions

Prenons le temps de découvrir les traces de Dieu dans notre vie, de relire nos journées pour y savourer sa présence et lui confier tout ce qui nous insatisfait, toutes nos espérances. C’est dans le temps long du cheminement que se dévoile la présence de Dieu. Il nous faut savoir installer le silence, dans notre cœur, pour écouter sourdre en nous la promesse de Dieu. Entrons donc davantage dans la louange de Dieu que dans des lamentations. Elle nous conduira jusqu’au cœur même du Christ car elle nous révélera la force de sa tendresse, révolution pour notre temps.

Satisfactions

Nos craintes sont peut être légitimes mais nous avons à les offrir au Christ sur son autel. Ne rompons pas l’alliance que Dieu désire nouer avec nous, ce « lien nouveau, si fort que rien ne pourra le défaire ». Mettons donc résolument notre confiance en la lumière de sa vie, dans le dynamisme de son Esprit et dans l’Amour fou du Père pour chacun de nous.

Puisse l’inépuisable espérance du don de Dieu nous combler de joie et nous aider à entrer davantage dans une offrande renouvelée de nos vies. Qu’elles deviennent, par la grâce de Dieu, une réelle « vivante offrande à la louange de sa gloire », Eucharistie enthousiasme et vraie pour ce monde et ce temps.

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