Invités à unifier notre vie

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Invités à unifier notre vieRendez à César, ce qui est à César et à Dieu, ce qui à Dieu, avons-nous entendu dans l’Évangile (Mt 22, 15-21) de ce 29e dimanche ordinaire. Faut-il comprendre qu’il faut séparer Dieu du gouvernement ? Un peu comme s’il fallait instaurer une frontière, un mur infranchissable entre la cité de Dieu et la cité des Hommes. Il ne faut pas entrer dans ce piège que les disciples d’Hérode tendent à Jésus. Peut-être avons-nous là aussi à convertir notre compréhension de l’Évangile. Jésus nous appelle, au contraire, à vivre dans l’unité de vie, à unifier notre citoyenneté du ciel et celle de la terre. Notre foi n’est pas une opinion politique. Notre enracinement, notre désir de suivre le Christ n’ont pas pour finalité de bâtir une théocratie. Nous ne sommes pas, en tant que peuple de Dieu, des influenceurs, des lobbyistes.

Que d’autres continuent à penser à la politique ou à l’économie pour leurs jeux de pouvoir ! Quant à nous, promouvons le bien et mettons-nous au service du bien ! François, Fraterlli Tutti n°77

Unifier

Pour autant, l’Évangile exige de nous que nous soyons des femmes et des hommes soucieux de la dignité des personnes. C’est-à-dire que nous devons considérer chacun et chacune comme reflet de l’image de Dieu. Agir comme les contradicteurs de Jésus, c’est abîmer la dignité des personnes. Ils veulent l’entraîner dans de vaines querelles, qui opposaient les Juifs de l’époque. Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, d’agir avec cette perversité ? Ne nous arrive-t-il pas de tendre des pièges ou de nous réjouir de l’erreur des autres ? Si nous reconnaissons ce travers, ce pêché qui abîme le Royaume de Dieu, nous avançons sur le chemin de la conversion. Nous pourrons alors proclamer un chant nouveau, comme nous y invitent les premiers versets du psaume 95 (96) proposé ce dimanche.

Espérance

Notre mission de baptisés et de baptisées est d’être à contre-courant de ce monde. Il nous est proposé d’être des femmes et des hommes prompts à ouvrir des portes à l’Espérance que nous donne le Christ. Nous avons à unifier ce monde et non à le diviser. Il nous propose de devenir frères et sœurs les uns, les autres, comme le dit le pape François. Il s’agit d’entrer dans un chemin de reconnaissance, comme le fait le peuple d’Israël à l’égard de Cyrus, roi de Perse. Lorsqu’il libère les déportés d’Israël, il manifeste de la mansuétude, de la générosité et de la grandeur d’esprit. Le premier testament nous le présente alors comme une préfiguration du Christ.

Responsabilité

Dans l’Évangile de ce dimanche, il ne condamne pas ses interlocuteurs, mais les renvoie à leur perversité. C’est une manière de les inviter à réfléchir à leur manière d’agir. La miséricorde de Dieu est un chemin de liberté et de libération. Si nous acceptons de nous décentrer, d’entendre cet appel que le Seigneur nous fait de nous rapprocher de son cœur, nous pourrons alors entrer dans son Espérance.

Distance

Prenons de la distance avec notre quotidien, remettons-le dans le cœur de Christ pour qu’Il le transforme en vivante offrande à la louange de sa gloire. Nous pourrons alors davantage unifier notre vie. Entendons le dynamisme, l’action de grâce qui montent du cœur de Paul dans la seconde lecture. Sa joie n’est pas tant que son ministère ait été fructueux, mais que les chrétiens de Thessalonique (1 Th 1, 1-5b) soient attachés au Christ et à sa Parole. Nous sommes des passeurs quelconques de l’Amour de Dieu.

Entraînement

Réjouissons-nous non pas de nos actions mais de nous savoir appelés à être traversés par cet appel à être mis du côté du Christ. Il nous faut pour autant travailler à entendre cet appel. La vie en Christ nécessité un entraînement. Pour le Chrétien, il consiste en un cœur à cœur avec le Christ. Nous avons à entraîner notre désir de Dieu par la prière qui nous rapproche de Lui. Par elle, Dieu souhaite que « nous soyons capables d’accueillir ce qu’il s’apprête à nous donner », comme nous dit Augustin d’Hippone.

Que le Seigneur nous donne la grâce d’unifier nos vies pour pouvoir brille[r] comme des astres dans l’univers en tenant ferme la parole de vie.