Faire les œuvres du Père

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Dernière modification 8 heures ago by Chrétien en ce temps

La finale de l’Évangile de ce 12ᵉ dimanche ordinaire est sévère : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.» Sévère car trop souvent nous renions notre foi, non pas forcément de façon explicite ou publique, mais dans notre manière d’être. Il nous est difficile de garder de la cohérence dans cet appel que nous avons reçu à suivre le Christ de plus près.

Coopération à l’œuvre du Père

Nous pouvons bien proclamer dans les lieux d’Église que nous avons foi en le Dieu trois fois saint, mais la réalité nous rattrape souvent. C’est le péché par excellence qui nous guette : de nous croire plus forts que Dieu, de nous croire des super-héros alors qu’il nous est juste demandé de coopérer à l’œuvre du Père. Ce n’est déjà pas chose facile ; alors comment serions-nous capables de prendre la place de Dieu ?

Chemin d’amour et de réconciliation

L’amour que le Père nous porte nous engage dans un chemin de réconciliation avec nous-même, avec lui et toute la création. C’est une invitation à partager une recréation de notre humanité souffrante. Dans cette mission, nous voyons tout le travail que nous avons à accomplir, ou plutôt à continuer de commencer à accomplir. Ainsi, nul besoin d’ennemis dans cette aventure comme ceux du prophète Jérémie dans la première lecture. Parce que nous sommes très souvent notre meilleur ennemi et que la réalité de notre quotidien nous entraîne à oublier que Dieu nous veut pour sa louange.

Vivre pour la louange

Cette louange n’est pas un simple remerciement pour une grâce reçue ; elle doit nous animer, dilater notre cœur tout au long de notre vie. Ainsi, nous avons à faire mémoire de la présence bienfaisante de Dieu au cœur de notre vie. Il met sur nos routes des occasions de tourner davantage notre regard sur la plénitude de son amour que sur la fragilité du nôtre. Ce qui importe, c’est l’amour que Dieu nous porte et nous donne de l’élan pour œuvrer à sa mission.

Gardiens de nos frères et sœurs

Nous devons aussi redoubler de prudence quant à notre manière d’être au monde. Parfois, nous nous conduisons aussi à l’image de nos propres ennemis et risquons d’entraîner l’autre dans des spirales qui éloignent de l’amour de Dieu. Ainsi, il nous faut redoubler de vigilance et être véritablement des gardiens pour nos frères et sœurs.

Entrer dans une bienheureuse vigilance

Cette bienheureuse vigilance nous conduira à construire le royaume de Dieu et sa justice en ce monde et en ce temps. C’est aussi une occasion de témoigner devant nos frères et sœurs en humanité de ce que le Seigneur ne cesse de faire pour nous. Un témoignage qui se dira davantage dans les actes que dans les paroles.

Devenir témoins de l’Amour du Père

Ce sera aussi pour ceux que nous rencontrerons une occasion de découvrir que l’action de Dieu se dit et se donne à travers la simplicité et la sollicitude. Ce sera pour eux une occasion de s’interroger et pour nous une occasion de louange, car Dieu nous aide et nous aime pour que nous fassions le bien. Nous sommes les bien-aimés du Père, ne l’oublions pas.

Annoncer la Bonne Nouvelle

Aussi, cherchons la manière la plus juste de répondre à cet amour, à cet Esprit de vérité qui ne cesse de parcourir la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle de Dieu. Cette parole du Père n’est pas seulement le livre de l’Écriture que nous aimons à parcourir. Même s’il nous présente la première et la nouvelle alliance, elle est aussi – et avant tout – le souffle de vie que le Seigneur a versé en notre cœur au jour de notre naissance.

Baptisés pour annoncer

Lors de notre baptême, nous avons répondu « oui » à cette déclaration d’amour du Père. En réponse, nous avons été plongés dans la vie même de Dieu : père, fils et esprit, pour vivre en abondance de cet amour.

Disponibilité et ouverture

Prenons le temps de nous interroger sur ce que nous faisons de cette vie. Comment l’amour de Dieu vient élargir notre espace intérieur pour mieux rencontrer les autres et nous disposer à une plus grande disponibilité pour Dieu et nos frères et sœurs en humanité ? Car, avouons-le, nous ne sommes pas toujours disponibles ni pour accueillir l’imprévu de nos vies et encore moins le don gratuit que le Seigneur nous fait jour après jour.

Le père : notre unique nécessaire

C’est ce que nous demandons dans la prière d’ouverture de ce 12ᵉ dimanche ordinaire : « Fais-nous vivre à tout moment, Seigneur, dans l’amour et le respect de ton saint nom, toi qui ne cesses jamais de guider ceux que tu enracines solidement dans ta charité. »

Devenir disciple pour suivre Jésus

Nous y reconnaissons notre unique nécessaire pour notre croissance humaine et spirituelle : « Vivre dans l’amour et le respect de Dieu. » C’est-à-dire être véritablement des disciples, des personnes qui choisissent de suivre Jésus et de se laisser aimer par Lui, avec Lui et en Lui. Il s’agit donc de se replonger jour après jour dans la grâce de notre baptême pour y puiser le dynamisme et l’enthousiasme dont nous avons besoin pour croître dans la fidélité au nom de Jésus.

S’attacher au Christ

Tâchons de nous attacher davantage à la personne du Christ pour partir aux carrefours du monde comme témoin de la joie de Dieu. Ainsi, c’est dans l’approfondissement de notre relation au Christ que nous pourrons être des témoins crédibles de l’Évangile. Il nous faut donc oser témoigner de ce maître et ami au cœur du temps et au cœur de nos vies.

Dialogue

Cela consiste aussi à « engager le dialogue avec tous les hommes et toutes les femmes de notre temps, avec lesquels nous partageons les événements, les questions et les aspirations de l’humanité. Avec eux, nous cherchons à tracer de nouvelles voies pour le bien commun et pour promouvoir une vie digne pour tous. » (Lettre encyclique, Magnifica Humanitas, n° 2)

Avec audace et ouverture

C’est aussi cela que d’être fidèle à notre vocation baptismale, sans rien cacher de ce qui nous habite et en même temps sans rien imposer à ceux que nous rencontrons au fil du temps. Ainsi, dans ce dialogue avec nos contemporains, nous pourrons affirmer que c’est bien dans le Christ que nous pouvons tenir dans l’espérance.

Alors, demandons la grâce d’être capable de témoigner aux hommes et aux femmes de ce temps de ce qui nous habite, sans ostentation mais avec conviction. Ainsi, nous porterons du fruit et vivrons la vie en abondance que le Christ nous promet.

 

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