Assomption de la Vierge Marie : suivre le Christ au plus près


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / samedi, août 14th, 2021
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(Last Updated On: 18 août 2021)

Assomption de la Vierge Marie : suivre le Christ au plus prèsCélébrer Marie, c’est célébrer le Christ. En ce dimanche où nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, c’est bien l’action salvifique du Père, par son Fils, dans le don de l’Esprit, que nous fêtons. Marie est certes celle par qui est advenu le Christ, mais c’est lui le Sauveur de notre monde. Marie, par sa fidélité à l’Ange du Seigneur, nous montre la route du plus grand amour. Dieu vient nous rejoindre, dans notre humanité, pour qu’il soit divinisé par notre consentement à son Amour. C’est la seule raison d’être de Dieu : se donner pour que nous nous donnions à notre tour. L’Évangile de ce 15 août nous présente la visitation de Marie à Élisabeth, sa cousine, enceinte de Jean-le-Baptiste. Nous pouvons nous laisser rejoindre par cette phrase : « D’où m’est-il donné, que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Nous aussi nous pouvons reprendre à notre compte ces mots.

Des traces de Dieu dans notre histoire

Ainsi, nous pouvons trouver dans notre histoire ces traces où le Seigneur vient à notre rencontre. Ces moments où la joie mêlée à de la surprise nous a permis de goûter à cette humble et discrète présence du Seigneur. Ces moments de grâce nous ont également conduits à l’étonnement. Comme Élisabeth, nous pouvons être surpris que le Seigneur nous visite. Quelle étonnement qu’il nous fasse sentir sa présence de vie au cœur du monde, au cœur de nos détresses, mais aussi de nos joies. Ce sont, comme pour Marie, dont nous fêtons la montée au ciel d’une manière glorieuse, des signes de la promesse de résurrection. Notre vie n’a de sens que si elle est donnée dans une confiance à la volonté de Dieu.

Choisir le Christ comme compagnon

Cela ne signifie pas que tous nos actes sont inspirés par Dieu, mais que nous, nous avons à le mettre au cœur de nos actions. Il s’agit, pour nous, de savoir si Dieu marche – ou non – à nos côtés. Ou plutôt choisissons-nous le Seigneur comme compagnon de nos jours ou laissons-le nous au bord du chemin ?

Prendre exemple sur Marie

La vie de Marie, telle que nous le relatent les Évangiles, est un chemin de compagnonnage avec son Fils. Elle a toujours été présente aux moments clefs sans s’imposer, mais en intervenant pour que le règne du Seigneur puisse s’accomplir au cœur de ce monde. Le Christ était dur à son égard – comme il l’est au nôtre. Non qu’il soit méchant, mais le cœur de sa vie était l’accomplissement de la mission. Tout ce qui pouvait l’en empêcher devait être mis de côté. Cette dureté – apparente – est de l’exigence pour que nous entrions, à notre tour, dans la logique de la mission. Il nous faut alors discerner ce qui nous permet d’être le plus fidèle, le plus perméable à cet appel au service du Royaume. Ainsi, comme Jean-Baptiste, nous pouvons tressaillir de joie lorsque le Seigneur s’approche de nous.

De l’Annonciation à l’Assomption de la Vierge Marie

Avec cet Évangile de la Visitation proposé pour l’Assomption de la Vierge Marie, nous voyons bien qu’elle fait la synthèse entre le Premier et le Second Testament. Elle est celle par qui l’Alliance s’est incarnée en notre monde pour que « l’Amour de Dieu versé en nos cœurs dès la création du monde » se déploie et porte du fruit. Marie est celle qui a su faire confiance à Dieu malgré ses craintes, ses questionnements. Ces mots « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38), prononcés lors de l’Annonciation peuvent nous aider dans notre chemin à la suite de son Fils. Nous ne savons pas toujours où nous conduit notre « oui » à la suite du Christ, mais nous pouvons avoir la certitude de sa fidélité dans ce chemin que nous empruntons.

Faire de nos vies des visitations

Nul ne connaît les circonstances qui ont poussé Marie à venir à la rencontre de sa cousine Élisabeth, mais nous pouvons nous en réjouir et nous en nourrir pour toutes ces visites que nous sommes amenés à effectuer. Elles doivent être pour nous des semences de vie et de résurrection. Ceci à la condition que notre cœur soit suffisamment disponible pour que ces rencontres puissent se faire. À l’évidence, c’est ce qui s’est passé pour Marie et Élisabeth. Leurs échanges sont sous le signe de la louange et de l’émerveillement.

Ce sont là deux attitudes qui nous manquent souvent dans notre quotidien. Nous avançons souvent vers l’objectif à atteindre sans prendre le temps de la contemplation de notre environnement. Nous pouvons, par cette manière de faire – qui ressemble fort à celle du businessman du Petit Prince – passer à côté de mains tendues, de rencontres qui peuvent être des occasions de transformation de notre vie.

Le Christ s’incarne dans nos vies

Lorsque nous prenons du temps pour être avec les autres, nous prenons le temps d’être avec le Christ. Il se fait chair, en nos vies, à chaque fois que nous faisons de la place à l’autre. C’est ce mouvement du cœur que nous pouvons entendre dans le Magnificat entonné par Marie en réponse à la louange de sa cousine. Toutes les deux remettent leur joie en Dieu. Les premiers mots du Cantique de Marie entendus dans l’Évangile de ce dimanche : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! » sont une réponse humble à cet accueil d’Élisabeth. Marie remet tout au Seigneur et reconnaît que Dieu est celui qui sauve. Pourtant, elle, qui est la mère du Seigneur, pourrait avoir l’orgueil débordant. Marie se réjouit, non pour elle, mais parce que le Seigneur, en elle, fait des merveilles.

Le Christ nous libère de l’orgueil

Il est celui qui vient pour nous libérer de notre orgueil. Il nous invite à mettre notre orgueil, notre espérance et notre ambition au service de son nom. Alors que nous fêtons son Assomption de la Vierge Marie, nous entendons le Christ nous dire que sa promesse d’amour s’incarne dans notre quotidien. Chacun de nous est dépositaire de son amour, mais pour en vivre il faut savoir se libérer de ce qui nous encombre.

A l’Assomption de la Vierge Marie, suivre le Christ

Suivre Marie, reconnaître qu’« au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée Mère de Dieu a été enlevée en son corps et en son âme à la gloire du Ciel » — comme l’a déclaré Pie XII — c’est entrer dans le chemin du don de soi pour les autres, au nom du Christ.

Demandons donc, en ce jour où nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie, son intercession.  Que le Père nous envoie, au cœur du monde, tel saint Ignace, « soulager et aider le monde à l’image de Jésus ».

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