Entrer dans la joie de la louange

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Entrer dans la joie de la louange« Louange à toi, Seigneur Jésus » disons-nous à la fin de la proclamation de l’évangile. Oui, nous pouvons dire à Dieu notre louange. C’est-à-dire que nous avons à la reconnaître comme Celui qui est le Tout Autre, l’Au-delà de tout. Nous sommes renforcés dans cette conviction par la conclusion de la première lecture de ce dimanche. Dieu n’agit pas comme les hommes. Il n’entre pas dans notre logique, dans notre manière de procéder. Lorsque nous contemplons l’agir de Dieu, nous pouvons comprendre que nous n’avons pas à chercher notre gloire. Nous avons à être là où nous serons le plus utile pour le service de nos contemporains, donc de celui de Dieu. Ce qui paraît petit à nos yeux, est essentiel pour le Seigneur. C’est l’humilité que recherche le Seigneur et non la grandeur.

Se revêtir de l’humilité de Dieu

Cette humilité, dont il s’est lui-même revêtu, nous l’avons fêtée, vendredi. Dieu vient nous rejoindre en nous offrant son cœur transpercé. Il nous fait ainsi une place dans cet espace blessé par l’orgueil, la passion, l’envie de ceux qui l’ont mis à mort. Être accueilli au sein du cœur blessé de Dieu, c’est accepter qu’Il transforme nos blessures en puissance de vie. Ézéchiel nous fait saisir que, malgré le comportement peu exemplaire de celui que Dieu avait choisi, Il ne se résigne pas. Au contraire, il insiste pour que l’avenir soit comme une louange à la petitesse.

Attentifs à ce qui est petit

Sommes-nous attentifs, dans nos lieux de vies, à tout ce qui peu paraître insignifiant ? Ouvrons-nous suffisamment l’oreille et les yeux de notre cœur pour comprendre les semences qui commencent à germer dans notre monde ? Ne sommes-nous pas toujours pressés, avec nos agendas surchargés, et nos courses contre-la-montre incessantes ? Cela nous fait passer à côté de la beauté du monde, du rire d’un enfant, de tous ces petits rien qui disent pourtant l’identité de Dieu. Il ne s’agit pas de ne rien faire, de regarder le monde comme assis au balcon d’un théâtre. Nous sommes appelés à demander la grâce de la bienheureuse et vigilante bienveillance.

La louange pour mission

Nous avons également à nous souvenir de l’importance de coopérer à la croissance du Royaume, par toute notre vie et de tout notre cœur. Pour autant, même si nous plantons en tâchant d’œuvrer pour l’annonce de l’Évangile, souvenons-nous que c’est le Seigneur qui fait germer. Il a choisi que nous semions mais c’est bien lui qui fait croître. Notre effort apostolique ne porte pas ? Acceptons donc cette croix et remettons là-devant le Seigneur. Il saura nous guider et nous apporter la consolation et le dynamisme pour continuer la mission. Même si nous avons semé, nous ne sommes pas responsables de la qualité de graine et de la terre dans laquelle elle germera. Pour autant, il nous revient d’exercer notre vigilance. Même si c’est le Seigneur qui fait fructifier, nous pouvons l’aider à préparer le sol qui accueillera Sa Parole.

Porter du fruit au cœur du monde

Pour que la Parole puisse porter du fruit en plein monde, il faut d’abord que nous lui fassions une place dans notre vie. N’attendons pas qu’elle germe dans le cœur de nos contemporains, si nous-mêmes sommes incapables de l’accueillir. L’Amour que Dieu nous porte nous laisse tellement libres que rien ne nous oblige à recevoir cette Bonne Nouvelle. C’est le grand paradoxe de la foi. Il n’y a pas de châtiment, de sanction ou autre punition si nous passons à côté de l’Amour de Dieu. Pourtant, l’inverse nous donne de découvrir une source, un dynamisme en nous qui ne s’éteint jamais. Même au plus fort de la crise, du doute, le feu de l’Amour de Dieu restera.

Entrer dans la louange et l’émerveillement

Il nous faut donc bien entrer dans la louange, dans l’émerveillement devant un tel don. Il est essentiel de demander, jour après jour, la grâce de la conversion pour pouvoir faire fructifier le don que le Seigneur ne cesse de nous donner. Nous pouvons changer les structures, faire des plans apostoliques, proposer, susciter, convoquer… cela demeurera vain si nous ne mettons pas une garde à la porte de notre cœur. Nous sommes si facilement « mauvais », pas forcément par perversité, mais par jeu. Il nous est aisé de critiquer, de se moquer, mais il l’est beaucoup moins de construire, de proposer, de bâtir le Royaume de Dieu.

Entrer dans l’espérance

Mettons-nous vraiment notre espérance dans le Seigneur ? Peut-être que, si nous prenions le temps de relire nos vies au quotidien, nous verrions de quelles manières nous prenons soin de la graine du Royaume que le Seigneur nous confie. Il ne s’agit pas, là encore, de nous culpabiliser, de nous flageller, ou encore de nous lamenter. Nous avons à contempler la manière dont nous répondons aux appels du Seigneur à sortir pour semer son amour au cœur de monde. Là est notre mission, que nous avons reçue le jour de notre baptême.

Appeler à être le corps du Christ

Le Seigneur nous a appelé à le rejoindre, à devenir partie prenante de son corps qui est l’Église. Celle qui cherche à rassembler les hommes et les femmes de bonne volonté dans le vaste champ de son amour. C’est un espace non clos qui permet d’accueillir largement. C’est un lieu de croissance personnelle et communautaire, comme le décrit le psaume de dimanche. Nous pouvons y grandir à l’ombre de la force du Seigneur, qui donne l’audace et nous aide à reprendre force, courage et dynamisme pour notre mission de baptisés.

Apprenons donc à entrer dans la louange qui fait découvrir l’immensité de l’Amour du Père. Il nous donne de découvrir que la mission n’est pas une question de réussite, de mérite ou d’effort personnels. Elle est la participation au corps du Seigneur pour que le monde découvre la joie, l’espérance et la charité et nous permettre de « voir toute chose nouvelle en Christ ».

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