Un appel à être au cœur de Dieu


Méditations au coeur du monde / vendredi, juin 16th, 2023
Temps de lecture : 5 minutes(Last Updated On: 16 juin 2023)

Ce 11e dimanche ordinaire nous donne d’écouter et de contempler l’appel des douze et leur envoi en mission. C’est sans doute pour nous une invitation à entendre l’appel que le Seigneur ne cesse de nous faire pour le suivre du plus près possible. Dieu nous choisit pour que nous portions du fruit en plein monde. Nous sommes en ambassade pour Lui et nous cherchons le moyen le plus utile pour vivre en cohérence avec l’Évangile. Comment ne pas être sensible à ce passage du livre de l’Exode où le Seigneur nous fait devenir son « domaine particulier » ?

L’appel à découvrir la tendresse de Dieu

Nous comprenons bien ainsi la tendresse, l’affection qu’il porte à son peuple pour que nous accomplissions sa mission. Il nous faut du temps, de l’énergie, de la patience pour entendre les appels du Seigneur. Et ce n’est pas parce que nous sommes choisis par Dieu pour sa mission que nous sommes transformés immédiatement. Il faut du temps pour nous convertir, il est nécessaire d’opérer en nous des transformations pour que l’appel de Dieu nous rejoigne au cœur de nos vies. D’où l’importance d’ouvrir les oreilles de notre cœur à la Parole que le Seigneur nous dit au cœur des signes des temps.

Une mission baptismale

Nous avons tous une mission qui naît de notre baptême. Elle consiste à vivre comme des enfants de lumière en plein monde et à témoigner par notre vie de la force de la vie de Dieu. Beaucoup de ceux qui sont saisis par le Seigneur, dont le calendrier fait mémoire, n’ont pas eu de révélation immédiate. C’est dans le quotidien, dans un discernement long, laborieux, parfois douloureux qu’ils ont senti le Seigneur siéger dans leur cœur.

Un appel à une disponibilité intérieure

L’abandon à la providence divine nous permet de nous laisser façonner le cœur par l’Esprit de Dieu, tel le potier. L’appel que le Seigneur nous fait de venir travailler à sa vigne demande une véritable disponibilité intérieure. Parfois, nous tenons fermement à des méthodes, à des choses qui nous semblent importantes, de peur de nous perdre. Il faut avoir le courage de l’avenir, de partir vers des routes inconnues, aux carrefours du monde pour oser découvrir l’audace de l’Esprit.

Découvrir la surabondance de l’amour de Dieu

C’est ce que nous dit Paul dans la seconde lecture, en nous aidant à découvrir la surabondance de l’amour de Dieu. Ce dernier ne nous doit rien, c’est par pure grâce que nous sommes sauvés. C’est d’ailleurs ce qui est magnifique dans cette histoire d’alliance. La gratuité de Dieu qui a voulu faire profiter à d’autres de l’expérience qu’il vivait avec les autres personnes de la Trinité. Dieu choisit de ne pas rester seul, mais désire qu’une foule nombreuse puisse participer à sa création. Nous sommes associés à la vie de Dieu, nous dit Paul. C’est une occasion de rendre grâce pour nous, que de se savoir participants à sa nature divine, membres de son corps, peuple qui reçoit l’appel à faire le bien.

Devenir une bénédiction pour les autres

Voilà la mission que Dieu nous confie. Notre vocation au cœur du monde est d’être une occasion de bénédiction pour ceux que nous rencontrons. Bénir c’est vouloir que le Seigneur dise, fasse, répande le bien sur l’autre. Il s’agit ainsi d’être acteur, participant de l’œuvre créatrice, restauratrice de Dieu en plein monde. Certes, nous voudrions — peut-être — avoir des pouvoirs de guérisseurs comme les disciples de l’Évangile.

Consolateur du Consolateur

Certains sont dotés de ces capacités, mais là n’est pas le cœur de l’appel. Il s’agit davantage d’être le consolateur du Consolateur. Nous pouvons apporter à nos frères et sœurs en humanité une réconciliation qui nous vient de Dieu. Apprenons du Christ la proximité. À sa suite, tâchons d’entrer dans l’appel qui nous dépasse à nous faire devenir le prochain de l’autre. Dans notre monde où la rentabilité est première, mettons-nous à l’école du Christ. Certes, il envoie ses disciples sur les routes à la rencontre des contemporains, mais en vue d’accomplir du bien.

Un appel à vivre en plénitude

C’est dans la gratuité de l’action salvifique du Christ que nous devons placer notre vie. Ce que nous avons en retour de ce bien que nous désirons accomplir en son nom n’est ni la gloire, ni la puissance, mais la vie en plénitude. Voilà la fierté qui doit nous habiter : avoir notre nom inscrit dans le cœur de Dieu. Ce n’est donc pas une question de quantité d’actions bonnes à accomplir, une sorte de cahier de devoir où nous aurions de bonnes notes. Ce qui importe c’est la qualité de notre cœur. Pour répondre à l’appel du Christ, nous pouvons renouveler notre consécration en son cœur. Ce cœur qui aime tant le monde et qui est donc la source de la mission.

Au service de l’humanité souffrante

Ne détournons pas nos regards des détresses de ce monde, l’humanité souffrante a besoin de femmes et d’hommes, témoins du Christ-frère. Laissons-nous envoyer en mission par le Christ, pour rejoindre les périphéries de notre monde. C’est par une qualité de présence, une manière d’être, de nous faire le prochain de l’autre que nous pourrons être témoins du Christ. Le reste nous sera donné dans l’espérance que nous apporte l’amour de Dieu. Enracinons-nous donc dans ce don inespéré de la surabondance de Dieu.

Contempler l’œuvre de Dieu

Prenons le temps de contempler l’œuvre de Dieu au cœur du monde et — en même temps — de rejoindre ces femmes et ces hommes de bonne volonté désireux de faire le bien. C’est ensemble, en chemin, vers la découverte que Dieu nous aime, que nous pourrons entendre les appels que le Seigneur nous fait. Cette invitation à la perpétuelle découverte de l’absolue permanence de l’Amour de Dieu doit nous réjouir. C’est cette conviction qui nous donne « d’espérer contre toute espérance » et de relever le défi de devenir davantage serviteurs de la mission du Christ.

Servir

Ce qui importe ce n’est pas nos forces ou nos fragilités, ni même nos capacités,savoir-faire ou savoir-être. L’essentiel est de laisser le Seigneur faire germer en nous le désir de le servir ici et là, en plein monde. « Servir Dieu rend libre comme Lui », disait le jésuite Didier Rimaud. Aussi, c’est dans cette dynamique de joyeuse liberté que nous marchons dans notre pèlerinage quotidien et continuel à la suite du Christ. Faisons donc confiance à l’Esprit saint que nous avons célébré il y a trois semaines. Il saura nous conduire au cœur de Dieu pour discerner les appels à rejoindre son peuple en plein monde.