Un temps pour l’alliance et la réconciliation


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / vendredi, mars 5th, 2021
Temps de lecture : 5 minutes
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(Last Updated On: 5 mars 2021)

Nous Un temps pour l’alliance et la réconciliationcontinuons notre marche vers Pâques et prenons le temps de découvrir chaque jour davantage la promesse, la sagesse et le temps de Dieu. Il veut nous conduire vers la plénitude de notre humanité en nous proposant de suivre son Fils de plus près. Nous savons bien que si nous voulons nous rendre en un lieu, il est mieux d’avoir une carte pour nous repérer malgré la présence du GPS. Avec Dieu, nous avons pour carte sa Parole et pour GPS son Esprit. L’un et l’autre nous guident vers Lui par des chemins parfois sinueux, qui toujours conduisent vers la lumière de la résurrection. Le Carême est vraiment un temps de grâce pour nous libérer de nos égoïsmes, afin qu’en travaillant à ce monde qui passe, nous nous attachions aux choses qui ne passent pas (2e préface de Carême).

Feuille de route

Nous retrouvons bien cette dynamique dans les textes de ce 3e dimanche de Carême. Le récit de la rencontre de Moïse avec Dieu, sur le mont Sinaï, fait figure de feuille de route, de carte pour celui qui désire prendre le temps de partir à la rencontre de Dieu. Il est d’abord question de fidélité. Si nous voulons vivre avec Dieu, il nous apprend à le reconnaître en ce monde et en ce temps. Beaucoup se prennent pour Lui mais aucun n’a cette humilité du Dieu caché qui se sacrifie, en son Fils, pour nous révéler la plénitude de l’amour.

L’humilité de Dieu

N’oublions jamais que nous proclamons et annonçons un messie, un sauveur, humilié, bafoué, crucifié. Certes, nos regards sont peut-être déjà tournés vers Pâques, mais le vendredi et samedi saints ne sont pas neutres dans cet événement. Les souffrances du Christ sont réelles, mais elles ont été transfigurées par l’amour du Père et la confiance du Fils. Cette alliance inaliénable du Père et du Fils est promesse, pour nous, de la fidélité de Dieu. C’est cette vérité qu’il nous faut contempler à temps et à contre-temps. Nous avons vraiment à méditer humblement cette seconde lecture de la liturgie de ce 3e dimanche ordinaire. Ces propos de Paul sont la clef de voûte de notre foi, il lui donne toute sa densité et replacent les choses en perspective.

Entrer dans l’amour fou de Dieu

C’est aussi une invitation à reconnaître que Dieu nous dépasse. Nous pouvons très bien respecter, à la lettre, les commandements confiés par l’Éternel à Moïse. Ils sont la garantie d’une vie droite, mais pas d’une vie de foi. Entrer dans la compagnie de Jésus ce n’est pas respecter un code, mais c’est ce se laisser entraîner dans et par l’amour fou de Dieu. Même s’il nous est demandé une certaine éthique, une certaine cohérence dans notre comportement. Ces critères sont un cadre qui nous donne d’incarner au cœur de notre vie une manière de vivre de l’amour de Dieu.

Prendre le temps pour s’ajuster

Dans l’épisode des marchands du temple, que nous relate Jean, nous constatons la violence de Jésus. C’est une sainte violence, car il y a mélange des genres entre la maison de prière et le fait de vouloir y faire de l’argent. Il ne s’agit pas tant de dénoncer qu’il faille acheter de quoi faire des sacrifices mais le lieu. C’est un appel à entendre qu’il y a un temps et un lieu pour chaque chose. Nous pouvons y entendre une invitation à la vigilance quant à nos manières d’agir et à vraiment prendre le temps de bien faire les choses.

Un temps pour être présent

Réfléchir à bien peser les choses nous permet d’y être pleinement présents. Dans la liturgie, par exemple, les moments ont un sens. Nous ne partageons pas le Pain de Vie avant la Parole, car c’est elle, le Fils bien-aimé du Père, qui peut nous faire entrer dans le dynamisme de son amour. C’est pareil pour Jésus dans le temple. Le lieu du sanctuaire n’est pas un lieu de commerce mais un lieu de gratuité.

Découvrir la gratuité

Cette gratuité de la rencontre avec Dieu est vraiment importante. Souvenons-nous que ce ne sont pas les sacrifices qu’il souhaite par un cœur, une âme purifiées. C’est-à-dire que nous (re)trouvions dans nos vies, dans nos relations, l’amour premier que le Seigneur a versé dans nos cœurs dès avant notre naissance. C’est cela la vraie pureté : prendre le temps de se découvrir passionnément aimé par le Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Ne cherchons pas autre chose. Ce temps du Carême que nous propose l’Église est ce temps pour revenir au cœur de notre cœur pour se laisser séduire par le Christ qui vient nous parler au cœur.

Contempler le cœur du Christ

Pour nous aider dans cette contemplation qui doit nous conduire à découvrir la tendresse, l’affectueux sourire du Ressuscité, prenons le temps de prier le psaume de ce dimanche. Ouvrons notre Bible et trouvons le texte complet. C’est un psaume de louange qui nous conduit à reconnaître les bienfaits qu’il y a à marcher dans les voies de Dieu. Il s’agit d’entendre une invitation à s’attacher au Seigneur pour vivre en plénitude. Nous y trouvons une consolation dans notre quête de Dieu et un élan pour notre vie humaine et spirituelle.

Entrer dans la louange

La louange de Dieu conduit souvent aussi à reconnaître qu’Il pour nous libérer de nos égoïsmes, afin qu’en travaillant à ce monde qui passe, nous nous attachions aux choses qui ne passent pas (2e préface de Carême)est cet Au-delà de tout mais surtout qu’il nous appelle à un davantage. C’est entendre la promesse qui nous fait aller plus loin que notre intelligence et notre sensibilité. Nous y entendons l’audace de vivre avec Dieu en ce monde et en ce temps.

La force de la réconciliation

Dans cette reconnaissance que la vie de Dieu coule en nous, nous avons à découvrir la force du don de la réconciliation. Bien sûr le sacrement, qui renouvelle les promesses de notre baptême, mais la force du Pardon. C’est elle qui vient restaurer nos alliances. Dans cette louange, nous avons à reconnaître que tout désir de paix est un don du Seigneur. Profitons donc de ce temps liturgique où il nous est donné de goûter particulièrement à la proximité de Dieu pour lui demander la grâce de pacifier notre cœur. Qu’il nous donne l’élan missionnaire pour vivre réconciliés avec nos frères et sœurs. Il s’agit d’être des femmes et des hommes de conviction dont la seule préoccupation est le service de Dieu celui de nos contemporains.

Entrons donc dans cette troisième semaine du Carême en pèlerins, habités du désir de construire ensemble la paix, la justice et l’amour.