La sainte Trinité : souffle d’unité

La sainte trinité n’est pas un énigme mais une invitation à entrer en profondeur dans l’alliance nouée entre Dieu et les êtres humains.

La sainte TrinitéAvec la fête de la Pentecôte, dimanche dernier c’est le temps pascal qui s’est clos. Nous sommes dorénavant dans le temps liturgique dit « ordinaire ». Pourtant, les ornements de ce dimanche ne sont pas verts mais blancs. Continuer la lecture de « La sainte Trinité : souffle d’unité »

La Pentecôte : fête des murmures du monde

PentecôteAvec cette fête de la Pentecôte que nous célébrons aujourd’hui, nous voici au terme du temps pascal. Il y a cinquante jours, nous entrions dans la joie de la Résurrection. Depuis, nous ne nous lassons pas de découvrir jour après jour que la promesse d’amour du Christ demeure. Il ne cesse de nous appeler au bonheur en prenant notre juste place dans ce monde qui a tant besoin de sa paix. Pour autant cela demande que nous prêtions attention à la voix de Dieu qui se dit au cœur du monde. Il ne suffit pas qu’il s’adresse à nous dans notre langue, Continuer la lecture de « La Pentecôte : fête des murmures du monde »

Accueillir l’Amour de Dieu

Accueillir l'Amour de DieuNous sommes entre l’Ascension du Christ – que nous avons fêtée jeudi dernier – et la Pentecôte que nous célébrerons la semaine prochaine. Cet entre-deux ressemble un peu à notre vie. Nous sommes souvent comme écartelés dans notre quotidien, même au cœur de notre foi. A la fois le regard et le cœur tournés vers le Ciel et nos pas qui restent glaiseux, collés à la lourdeur du chemin. Pourtant, nous sommes comme portés par une force qui nous invite à avancer malgré ce quotidien incertain et parfois indécis. Beaucoup de nos contemporains, croyants ou non, font l’expérience de cet élan qui les dépasse. Pour nous, les chrétiens, nous l’identifions comme le don de Dieu, cet amour du Père et du Fils.

Témoignage

C’est l’Esprit Saint que nous recevrons en plénitude la semaine prochaine. C’est ce même Esprit qui a donné l’audace à Étienne d’assumer sa foi, son amour pour le Christ malgré la lapidation. Plus qu’une acceptation de ce sort inique, c’est le comportement même du Christ qui l’a habité. Étienne offre à ses bourreaux le pardon de Dieu. Ce passage des Actes des Apôtres est l’occasion de nous interroger sur la qualité du témoignage de notre foi. Jusqu’au sommes-nous prêts à aller pour dire que le Christ est le tout de notre vie ? Comment pouvons-nous assumer nos actes, nos paroles et nos choix en cohérence avec notre foi au milieu d’un monde peu enclin à reconnaître le Christ-Sauveur ? Cela nous concerne singulièrement mais aussi collectivement.

Accueil

La manière dont nous nous accueillons, nous nous supportons, les uns les autres, est signe de la qualité de ce témoignage. Chacun vit cela de manière personnelle, dans l’intimité de sa foi et de sa vie. Toutefois, il est intéressant de prendre le temps de s’interroger sur cette coloration de nos vies. Nous avons des fatigues, des contradictions, mais nous devons nous laisser dépasser par l’Amour du Christ. Il doit nous façonner et nous entraîner à agir avec justice et justesse.

Don

Aimer Dieu n’est pas du ressort du volontarisme. C’est un don que Dieu nous fait en nous aimant le premier de manière inconditionnelle. Dieu nous attire à lui pour que nous vivions comme ses enfants. Il n’attend pas de nous de belles actions mais de vivre de cette liberté qui consiste à bénéficier pleinement, intensément et passionnément toutes rencontres. Chacune d’entre elle doit être comme le prolongement de l’amour premier qu’il nous manifeste dès avant la création du monde. Pourtant, nous ne cessons de nous diviser, de chercher ce qui nous sépare.

Unité

L’unité que recherche le Christ, tel qu’il nous dit dans l’Évangile de ce dimanche, n’est pas l’uniformité mais la diversité vue comme richesse. Ce qui doit nous unir dans nos communautés paroissiales, nos mouvements et autres lieux de vies c’est la passion de vivre l’Évangile au cœur du monde. La Parole que Dieu est venu nous adresser par son Fils doit habiter tous les interstices de notre vie.

Objectifs

Le but que nous avons à atteindre ne réside pas dans la réussite de telles ou telles stratégies pour faire vivre nos institutions. Nous devons plutôt rechercher la manière dont notre vie est dynamisée par le Christ. Sa vie, sa passion et sa résurrection doivent être pour nous l’azimut de notre vie. L’Unité à laquelle il nous appelle ne peut se réaliser que si nous acceptons qu’il unisse notre vie, qu’il y demeure pour la partager.

Accueillir le Christ c’est reconnaître qu’il peut me déranger, me détourner de mon plan de vie pour entrer dans La Vie. Cette vie qu’Il ne cesse de venir nous donner en abondance, pour que nous portions du fruit. Dans cette semaine qui va nous conduire à recevoir le don de l’Esprit, demandons la grâce au Seigneur de nous aider à être disponible. Disponible pour louer, aimer et servir Dieu et par là nos contemporains.

L’Amour pour toute parole

L'Amour pour toute paroleJeudi nous célébrerons l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ.  Avec cette solennité se terminera la présence de Jésus ressuscité parmi ses disciples. Ce temps où il est venu donner, par l’exemple, le sens profond de sa mort et de résurrection. Ce mot, revenu très souvent dans la Parole de Dieu de ces derniers dimanches, tient en un verbe : aimer. Il décrit, en français, une densité de sentimentS divers et variés. Cette singularité dans le sens, par rapport à la richesse du grec, peut nous aider à saisir l’urgence pour notre monde. Nous n’avons pas le temps de peser le sens que nous devrions comprendre au travers des mots issus du grec ancien.

Paroles

Jésus n’a pas écrit. Il a agi et parlé. Sa Parole est l’incarnation de son action. A l’image de Dieu son Père.  Souvenons-nous de la Genèse : « Dieu dit et cela exista ». L’Évangile de ce dimanche vient nous remettre au centre de cette urgence. C’est un appel urgent à suivre le Christ. Il ne nous demande pas d’abord de l’aimer mais d’aimer sa Parole. Le Fils de Dieu se décentre, il s’oublie pour nous montrer que l’essentiel n’est pas Lui en tant que tel mais Lui en tant que Parole du Père.  Cette Parole qu’il porte pour que nous portions à nos frères et sœurs en humanité le même amour qui le lie au Père.

Bon

C’est un amour de confiance, de respect, de sollicitude. Cet amour dont le Christ entourait ceux et celles rencontrés. Le regard du Père prodigue accueillant le fils égaré, celui sur la femme adultère qu’il invite à ne plus passer à côté de ce qui la fait vivre, ce regard sur l’homme riche…  Le Christ regarde la création comme le Père au soir de la Genèse : « Il vit que cela était bon ». Écouter Sa Parole en contemplant sa manière d’agir et de faire c’est comprendre la bonté de Dieu et mieux entrer dans la compréhension de l’incarnation.

Surdité

Dieu a choisi d’habiter notre corps et notre cœur pour nous rendre bons comme Lui. Nos divisions, nos luttes fratricides, nos conquêtes de pouvoir abîment la création. En agissant ainsi nous sommes sourds à l’appel que Dieu ne cesse de nous faire dans la Parole et dans les signes des temps. Nous pouvons guérir de notre surdité en revenant au cœur de la mission du Christ : faire sa demeure en nous.

Hospitalité

Si nous aimons Dieu, il viendra demeurer chez nous. Quoi de plus joyeux que d’avoir comme invité permanent Dieu. L’accueillir à sa table c’est devenir ses familiers, c’est se réjouir jour après jour d’avoir été invité à ses noces. Dieu m’invite à demeurer chez moi et ainsi il sera chez lui. Peut-être que Dieu, par la mort et la résurrection du Christ, veut nous faire saisir que nous sommes ses intimes, sa création et non le fruit d’un démiurge qui aurait créé une créature.

Conversion

Se reconnaître comme création, c’est faire l’expérience d’un renouvellement permanent. Il s’agit d’entrer dans la conviction que la Parole de Dieu est un appel à transformer ma vie, à me convertir c’est-à-dire à me tourner vers ce qui me dynamise dans la rencontre. Vivre de la vie de Dieu n’est pas une question de ritualisme comme nous le fait comprendre la première lecture. C’est une invitation à tendre l’oreille de notre cœur, à se laisser entraîner sur la route de la joie.

Joie

Cette joie de l’amour qui apporte la paix, car elle est purifiée de toute volonté de puissance et domination. Si la Parole de Dieu nous déplace, nous bouleverse et nous déstabilise réjouissons-nous. Nous sommes alors des croyants débordants de vie, disponibles à se laisser entraîner, à vivre pleinement notre vocation baptismale.

Puisons avec une infinie conscience dans la Parole de Dieu, dans l’agir du Fils pour comprendre ce monde et œuvrer pour qu’il devienne un lieu de joie, de paix et de consolation. Œuvrons donc là où nous sommes, avec ce que nous sommes, avec les uns et les autres humblement, sereinement et joyeusement pour bâtir la Cité de Dieu au cœur du monde.

Avec Pierre, se recevoir du Christ

C’est la troisième fois, depuis le dimanche de Pâques, que nous entendons un récit d’apparition du Christ ressuscité à ses disciples. Jésus les rejoint dans leur ordinaire, au lieu même où il les a appelés pour être avec Lui.

Sois le berger de mes brebis.
Avec Pierre, se recevoir du Christ

C’est la troisième fois, depuis le dimanche de Pâques, que nous entendons un récit d’apparition du Christ ressuscité. Jésus rejoint Pierre et ses compagnons dans leur ordinaire, au lieu même où il les a appelés pour être avec Lui. Les disciples ont repris leur métier de pécheurs après avoir vécu le drame de la mort de Jésus. Parcourir la Galilée, annoncer les merveilles de Dieu, opérer des miracles… ne semblent plus avoir de goût pour eux. Ils sont retournés à ce qu’ils savent faire : pécher. Cette acédie, ce retour au devoir d’état peut, pour nous comme pour eux, prendre de la densité si nous les remettons face à la lumière de l’apparition de Jésus.

Quotidien

Notre quotidien est aussi ce lieu où le Christ ressuscité nous rejoint. Dans l’anonymat de notre vie, dans ce qui fait – peut-être – ses lassitudes nous pouvons entendre une parole qui fait sens. Des mots font faire jaillir la lumière de l’espérance. Notre cœur est alors brûlant du feu de Pâques et notre tristesse, nos peurs, nos angoisses cèdent le pas à la vraie joie. C’est cette expérience que les disciples de Jésus font à l’aube de leur nuit de péche infructueuse.

Route

La Parole que Jésus leur adresse en demandant « quelque chose à manger » les invite à poursuivre ce quotidien. Pourquoi ne pas entendre ce même appel du Christ à continuer notre route, celle de notre ordinaire mais avec la nouveauté de sa présence ? Souvenons-nous aussi que nous sommes les uns pour les autres des révélateurs du Christ, des compagnons de Jésus. Sans Jean, Pierre n’aurait peut-être pas reconnu le Christ au bord du lac.

Espérance

Notre quotidien a de la valeur, car il nous enracine dans ce monde parmi nos frères et sœurs. Eux aussi luttent – certains plus que d’autres – pour ramener dans le filet de leur vie ce qui lui donne du sens. Pour nous, les chrétiens, c’est le Christ qui donne du sens. C’est Sa Parole qui nous permet d’emplir nos filets avec abondance. Gardons donc l’espérance chevillée au corps et mettons pleinement notre confiance dans le Christ ressuscité.

Engagement

Choisir le Christ, en portant notre regard sur lui, nous engage non à faire mais à être dans la plénitude de l’amour de Dieu. C’est un appel à le reconnaître sur notre chemin tels les disciples d’Emmaüs. Là est la nouveauté de Pâques : le Christ demeure avec nous en transformant nos nuits en lumière.

Confession

Jésus manifeste une confiance particulière à l’égard de Simon-Pierre. Par trois fois, il lui demande sa confession de foi, sa déclaration d’amour. Il la demande non pas à Pierre mais à Simon, Fils de Jean. Jésus veut savoir si l’amour que lui porte celui qu’il a rencontré sur le bord du lac le dynamise et est porteur de vie. C’est le sens de ce « vraiment » ou dans d’autres version de ce « davantage »

Magis

Il ne s’agit pas de hiérarchiser l’amour mais de comprendre que l’amour de Dieu est porteur de vie. C’est le fameux « magis » ignatien, ce davantage qui est de l’ordre de la densité, de la plénitude. La préférence que le Christ demande à Simon n’est pas une invitation à renoncer à son groupe d’amis, de compagnons. Il s’agit de reconnaître que le Christ est le pivot de sa vie, son carburant, ce qui lui donne le courage et l’audace de tout quitter. Ce « davantage » conduira Simon à devenir Pierre. Cet homme ordinaire est invité à suivre le Christ, car il a reconnu que Dieu l’aimait.

Reconnaître le Christ comme celui qui donne du coffre à ma vie, qui me donne de poursuivre la voie du plus grand service est le « davantage » de la foi. Gardons donc confiance dans cet appel, le Christ est celui qui à la fois nous précède et nous envoie dans la mission. Il est avec nous comme nous sommes avec Lui, même si souvent notre cœur est lourd et nos yeux embrouillés. En l’accueillant à notre table, c’est Lui qui nous recevra

Pâques : du silence à la plénitude de la vie

Alliance
La vigile pascale est comme le résumé de cette histoire d’alliance entre Dieu et les Hommes. Il a choisi de ne pas rester seul et de créer de la relation en créant, comme lui-même est en relation avec le Fils et l’Esprit.

ResurectionLe silence que nous entretenons du jeudi saint jusqu’au samedi saint est rompu ce soir par le crépitement du feu pascal. Ce bruit quasiment imperceptible fait jaillir la lumière dans la nuit de ce soir. Les flammes – Continuer la lecture de « Pâques : du silence à la plénitude de la vie »