Ajustés à la vie de Dieu

Ajustés à la vie de DieuNous entrons dans notre dernière semaine de Carême. Dimanche prochain avec la célébration de la fête des Rameaux, nous entrerons dans la grande semaine qui nous conduira à la splendeur de Pâques. Les textes de ce dimanche et particulièrement l’Évangile dit de la femme adultère, nous placent au cœur de notre foi chrétienne. Ils nous invitent à prendre le temps de découvrir ou plutôt (re)découvrir qui est Jésus. Cet homme que nous sommes appelés à reconnaître comme le Fils de Dieu-Sauveur. Le salut que Dieu nous offre est une invitation à le contempler dans ses œuvres. Reconnaître que Dieu nous sauve c’est aussi entendre sa Parole. Ce souffle qui vient changer l’aridité en lieu fertile.

Émerveillement

La lecture du livre d’Isaïe nous appelle à l’émerveillement. Dieu nous invite à le reconnaître comme Celui qui donne vie. Il ne s’agit pas de vénérer Dieu comme une idole, de devoir lui manifester une reconnaissance servile. Cette louange à laquelle il nous appelle, à la fin de la première lecture, consiste à reconnaître qu’avec Lui notre vie prend sens. Compter sur Dieu au cœur de notre vie c’est se sentir partir prenante de l’annonce de son Royaume. Le louer c’est reconnaître qu’il nous aime passionnément et que cet amour doit être fertile.

Merveille

Notre mission de baptisés est de faire de notre vie un témoignage « vivant et vrai » de l’action de Dieu dans notre vie. Ce temps du Carême, qui est en train de prendre doucement fin, est l’occasion de redécouvrir, comme nous y invite le psaume de ce dimanche : « Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous ». Ces merveilles invisibles qui nous donnent pourtant des raisons d’espérer alors que nous sommes si enclins à la désespérance devant les événements du monde.

Relecture

Prenons le temps de regarder nos vies, de les relire à la lumière du Christ pour y discerner ces merveilles. Toutes ces petites joies, tous ces petits scintillements de la joie de Dieu qui nous donnent de croire en toute personne. Avec Dieu, nous sommes invités à considérer comme toutes vies porteuses des « grâces du Royaume ». Aidons-nous de la sagesse d’Ignace de Loyola qui nous invite au présupposé positif. Surtout, apprenons à regarder avec miséricorde et bienveillance comme le fait Jésus dans l’Évangile de ce dimanche.

Perversion

Une fois de plus nous sommes confrontés à la perversité des scribes et des pharisiens. Ils se réfèrent à la loi pour punir une femme « adultère ». Ce n’est pas tant le respect de la loi qui motive les interlocuteurs de Jésus mais leur obsession de : « tendre un piège à Jésus ». Quelle lassitude devait habiter Jésus devant ce comportement. Peut-être qu’il fut envahi d’une poussée de violence.

Ajustement

Toutefois, Jésus préfère prendre le temps pour réagir avec justesse. Combien de fois sommes-nous envahis par des pulsions de violence à l’encontre de l’autre. Également, nous pouvons aussi être ces persécuteurs pervers comme les scribes et les pharisiens. Quand l’un ou l’autre de ces sentiments nous animent, souvenons-nous de la réaction du Christ. Il ne juge pas mais ajuste son propos. Jésus remet chacun face à sa propre responsabilité sans condamner, sans lever d’anathème, sans violence. Il ne justifie pas plus le comportement de la femme adultère, victime de la stérilité de pensée de ses accusateurs.

Envoi

Jésus relève, remet debout et la renvoie la femme adultère. Surtout, il lui demande de ne plus « pécher ». Si nous traduisons le mot grec employé, nous pourrions dire « va et ne passe plus à côté ». Jésus lui demande d’être attentive à la rencontre, aux signes des temps en quelque sorte. Il ne porte pas un jugement moral. Jésus lui adresse une invitation fraternelle qui l’invite à la croissance en vue d’une vie en abondance.

Demeurer

Prenons le temps en ces derniers jours qui nous séparent de la Semaine Sainte pour identifier, à l’aide de la grâce, nos comportements. Puisons dans la miséricorde du Père la force pour marcher vers le pardon qui nous remet debout et nous envoie au milieu du monde. Écoutons aussi cette parole du Christ, qui nous promet une vie ajustée à la sienne ; si nous demeurons davantage en Lui.