Épiphanie : se laisser guider par la lumière

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Se laisser guider par la lumièreDimanche dernier, nous avons entendu Syméon dire que Jésus serait « la lumière pour éclairer les nations ». Aujourd’hui, nous constatons, par la visite des mages, que sa prophétie se réalise. Ils représentent les savants, les sachants, venant des nations. À la lumière de l’étoile, ils se sont mis en route pour honorer le Fils de Dieu. Ce récit de l’Épiphanie tombe, en 2021, le premier dimanche de l’année. Nous pouvons y entendre comme une invitation à reprendre la route du Christ. Nous avons à nous laisser entraîner par l’étoile qui brille en nos cœurs. Elle nous demande de cheminer davantage avec ce « Dieu qui est avec nous ».

Lumière

Nous pouvons avoir du mal avec la lumière. Un peu comme Hérode qui se sent menacé par ce petit-enfant de la crèche. Il utilise des subterfuges, manipule, ment aux mages pour nuire au nouveau-né de la crèche. La lumière que fait resplendir le Christ n’est pas une lumière qui vient faire de l’ombre. Même si elle vient nous révéler nos obscurités, nos ténèbres, elle est là pour les éclairer de son amour, de sa miséricorde. Ce qui importe, c’est d’être en chemin avec et vers cette lumière qui nous éclaire. Elle est pour nous le souffle de vie qui nous permet de discerner, de devenir davantage des Fils de la lumière.

Libération

La lumière du Christ n’est pas un aveuglement qui nous conduirait à un quelconque totalitarisme. Elle est une libération qui vient nous conduire à servir toutes femmes et tous hommes. Le venue des mages est une manière de nous faire saisir que toute puissance, toute sagesse, toute connaissance humaines sont assujetties à la puissance de l’Amour de Dieu. L’adoration des mages se fait devant un tout petit bébé. C’est la fragilité et l’impuissance qui sont honorées aujourd’hui. C’est un contre-point à tout ce qui habite notre société qui promeut davantage le paraître à l’être.

Don

Souvenons-nous du Magnificat, chanté chaque jour à Vêpres : « Il renverse les puissants de leur trône ». Dieu n’agit pas avec la force d’une légion d’anges, mais avec la douceur d’un nouveau-né. « Un enfant nous est né, un fils nous est donné », avons-nous entendu lors de la nuit de Noël. Ce don gratuit du Père, en son Fils, doit habiter notre vie et l’orienter vers l’étoile.

Douceur

La lumière de la douceur de Dieu habite l’Évangile ;c’est une clé de lecture que nous devons garder. Ce n’est pas de la mollesse, mais du respect et surtout un amour profond pour sa création. Il s’agit pour nous d’entrer dans cette sobriété heureuse à laquelle nous appelle le pape : « La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu », Laudato si’, n°222. La crèche, qui est encore dans nos maisons, dans nos églises, peut nous conduire à bien saisir ce mouvement.

Sobriété

Regardons la Sainte Famille, aidés des textes de la Bible. Marie et Joseph ont su jouir de la naissance de leur fils malgré les difficultés et la précarité des conditions de sa naissance. Non qu’il faille se réjouir de la pauvreté, elle est un combat de chaque instant, mais nous avons à comprendre que les vicissitudes de la vie ne peuvent pas nous éloigner de la lumière de la joie de Dieu.

Discernement

En même temps, nous avons à discerner les manières d’entrer dans une sobriété de vie et de relation qui nous permettent de trouver l’essentiel de nos vies. Nous avons à chercher dans nos chemins de vie où se situe ce « davantage », ce qui nous fait vivre en abondance. Est-ce le pouvoir et la peur d’en être dépossédé, à l’image du roi Hérode ? Ou bien entendons-nous cet appel à parcourir les routes de la vie pour rencontrer « le doux souffle du commencement d’une brise légère » qui nous conduira à devenir prospères, féconds et bienveillants ?

Louange

Comme les mages de l’Évangile, nous sommes invités à nous laisser guider par la lumière de l’étoile. Nous pourrons ainsi entrer dans la louange pour nous recevoir de Dieu. Dans cette démarche, nous avons à nous laisser inviter dans la demeure de Dieu. Ainsi, nous pourrons faire de nos lieux de vie une demeure pour le Christ. Si nous l’accueillons au cœur de nos chemins, de nos maisons, nous pourrons œuvrer à bâtir avec Lui la fraternité universelle. Le salut qu’il est venu nous apporter le soir de Noël n’est pas pour quelques élus, choisis auparavant, mais pour tout le monde. Nous sommes invités, par ce don, à transformer la foule innombrable des femmes et des hommes de ce temps en un peuple. Ce peuple qui appartient à Dieu pour apporter au monde la lumière, la paix et l’amour de la part de Dieu.

Chemin

Notre route en 2021 ressemblera, sans doute, tantôt à une grande artère, tantôt à une route sinueuse ou un chemin de crête, mais nous cheminerons en compagnie du Seigneur. Il est la lumière de nos pas, la lampe de nos routes, nous dit le psaume 118. Entrons alors d’un cœur confiant, ajustés au cœur de Dieu, dans cette Épiphanie 2021. Elle est la manifestation glorieuse de don de Dieu. Nous trouverons alors sur ce chemin, autre que celui que nous avons peut-être tracé, des compagnons de route pour partager le pain et la Parole.

Que le Seigneur nous donne, tout au long de cette année 2021, la claire vision de ce que nous devons faire. Ainsi nous pourrons  le servir en tous lieux et tous temps. Puissions-nous y trouver une occasion constante de louer et bénir le Seigneur dans le service de nos frères et sœurs en humanité.

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