Une invitation à le suivre unifié

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Viens et suis-moiNous voici de nouveau dans le temps liturgique ordinaire. Même si ce que nous vivons depuis un an avec le Covid-19 n’a rien d’ordinaire, l’extraordinaire de la vie du monde doit habiter l’ordinaire de nos jours. Nous avons à le recevoir, à l’accueillir comme une invitation à la conversion. Dieu vient toujours nous appeler à travers notre quotidien. Ce qui nous paraît banal ou évident est l’occasion pour Dieu de nous faire entendre l’appel à proclamer sa Bonne Nouvelle.

Vocation

Nous connaissons bien le texte de la première lecture avec cet appel du jeune Samuel. Il est souvent utilisé pour de la pastorale vocationnelle. Mais il faut bien avoir conscience que nous avons toutes et tous une vocation. Il s’agit de répandre l’Amour de Dieu en ce monde et en ce temps, dans la diversité de notre charisme et de l’appel de l’Église.

Il nous arrive, comme le prophète Élie, de ne pas comprendre tout de suite qui appelle. Nous mettons souvent du temps à comprendre la voix de Dieu qui s’adresse à nos cœurs. Même si nous sommes aguerris au travail de l’Esprit, nous avons à toujours tendre l’oreille de notre cœur, à prendre le temps de la prière et de la contemplation. C’est indispensable pour accueillir la parole de Dieu qui vient surgir au cœur de notre cœur.

Patience

Cette parole, soyons-en sûrs, produit du fruit en son temps ; mais il faut du temps pour faire un chef-d’œuvre. Sachons être patients avec nous et avec Dieu et apprenons à dire chaque jour « Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté ».

Qu’importe si nous ne trouvons pas assez dignes pour être invités au « repas des noces de l’Agneau ». Ce n’est pas par force, volontarisme ou capacités que nous pouvons entrer dans le projet de Dieu ; c’est en manifestant notre disponibilité au Seigneur et en accueillant sa grâce.

Invitation

Nous pouvons orienter notre vie et y trouver des occasions de manifester la gratuité de l’Amour et de la miséricorde de Dieu. C’est dans ces petits pas, ce quotidien ordinaire, que nous pourrons être fidèles à l’appel à rejoindre le Peuple de Dieu qu’il nous a fait lors de notre baptême.

Ce sacrement nous donne de participer pleinement à la participation du Corps du Christ, qui est l’Église. Nous devenons ainsi parties prenantes, destinataires d’un appel à construire une communauté fraternelle ouverte sur le monde.

Cette fraternité doit nous aider à affronter les fatigues, les contradictions. Elle doit aussi nourrir notre prière et nous aider à nous « entre-porter au bien », comme le disait François de Sales.

Fraternité

La fraternité, aussi aride et difficile soit-elle, permet de construire un chemin d’altérité fondé sur le respect et la confiance. C’est ce qui anime Samuel et Élie. Ce dernier donne au premier de discerner l’appel de Dieu et l’invite à lui répondre avec disponibilité et simplicité.

Ces attitudes doivent être celles des disciples du Christ, car elles sont la manière dont il se comportait. Regardons de quelle manière Jean nous relate l’appel des premiers disciples dans l’Évangile.

Nous retrouvons Jean qui vient de le baptiser. Il désigne le Christ comme « l’Agneau de Dieu ». Il est cette victime offerte une fois pour toutes par amour. C’est ce dont nous faisons mémoire, à chaque Eucharistie, dans ce sacrifice non-sanglant.

Transformation

L’amour est ce qui résume le mieux l’Évangile et c’est sans doute ce qui émane de Lui. Il a suffi à Simon-Pierre d’un regard de Jésus pour se laisser entraîner à sa suite. Il n’y a pas de dialogue entre eux, juste ce regard pénétrant qui dit le projet d’amour fou de Dieu.

Cet appel du Christ à le suivre doit changer nos cœurs, nos manières de vivre et de penser comme il a changé le prénom de Simon. Nous sommes invités à la radicalité dans notre manière de vivre et de réfléchir.

Il nous faut accepter de nous laisser transformer par le regard d’amour du Christ. C’est pour cela que nous avons tant besoin de la grâce de la conversion. Elle nous est offerte, mais nous avons à l’accueillir.

Prière

Un des chemins pour cela est la prière. C’est ce cœur à cœur avec le Dieu Trinité qui nous donne de vivre en relation. La prière nous ouvre à l’immensité de l’amour de Dieu, elle nous conduit à déposer dans le cœur du Christ « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses » qui parcourent notre vie et habitent notre cœur.

Cet admirable échange, nous fait ressentir la force de la prière d’intercession, dans cette fraternité universelle que nous avons à construire jour après jour. Cette prière d’offrande doit aussi être une prière de louange, comme nous y encourage le pape François.

Nous avons à reconnaître que Dieu est à l’œuvre en cet âge, par nos mains, nos vies, nos voix, mais aussi au-delà. Louer Dieu, c’est reconnaître qu’il nous veut du bien et que nous fassions le bien. Il ne s’agit pas d’infantilisation, mais d’une promesse de vie.

Alliance

Entrer dans son alliance, prendre la route avec Lui, c’est demeurer dans son Amour. C’est aussi entendre ce « venez et vous verrez » de l’Évangile de ce dimanche. Nous voyons donc, par cet Évangile de la rencontre entre les premiers disciples et le Christ, que la foi est avant tout une histoire de témoignage, de rencontre.

Jean-Baptiste est celui qui a permis que ses disciples rencontrent le Christ. À leur tour, ils sont saisis par la qualité de présence de Jésus et s’attachent à lui. Ce dimanche peut être alors l’occasion, pour nous de faire mémoire, de rendre grâce pour tous ces témoins qui nous ont aidés à rencontrer le Seigneur.

Relecture

Nous pouvons aussi regarder, relire notre vie de foi et nous demander de quelles manières nous sommes témoins de l’Amour de Dieu. Donnons-nous envie de croire en Dieu ? Notre foi irrigue-t-elle l’ensemble de notre vie ou sommes-nous seulement des croyants de la messe de fin de semaine ? Sans nul doute un peu des deux ; nous avons du mal à unifier notre vie. Alors, nous pouvons intensifier notre prière personnelle, mais aussi d’intercession.

Demandons au Seigneur de nous conduire davantage sur un chemin d’unité et d’humilité. Ainsi, nos vies pourrons être ce « sanctuaire de l’Esprit de Dieu » dont nous parle Paul dans la seconde lecture.