La conversion pour entrer dans la mission

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La conversion pour entrer dans la missionLes textes de ce 3e dimanche ordinaire, instauré comme celui de la Parole, nous parle de conversion. Sommes-nous déjà entrés en Carême alors que nous venons, à peine, de quitter le temps de Noël ? Attentons donc le 17 février pour recevoir les Cendres et entreprendre notre marche au désert avec le Christ.

Toutefois, il nous faut comprendre que la conversion n’est pas une question de temps liturgique, mais de désir profond. C’est ce que Jean-Baptiste proclamait au bord du Jourdain et ce que le Christ a enseigné tout au long de sa vie terrestre. Cet appel à la conversion n’est pas quelque chose de triste – tout comme ne l’est pas le temps du Carême. Même si cela peut nous paraître rébarbatif, c’est essentiel pour notre vie humaine et chrétienne.

Mission

Cette nécessité de la conversion est, en fait, un appel à être pleinement disponible pour la mission. Elle est le fondement de notre relation avec le Christ. C’est ce qui nous conduit à nous faire être davantage proche de Lui, à sa ressemblance. C’est un objectif et un désir qui ne doivent pas cesser de nous habiter. Les textes de ce dimanche nous font bien remarquer que c’est dans notre pâte humaine que le Seigneur vient nous chercher, nous rencontrer.

Profitons de ce temps ordinaire pour nous laisser habiter par l’extraordinaire de l’Amour de Dieu. Nous pourrons ainsi entrer dans cette conversion qui nous permet de découvrir jour après jour la bonté de Dieu, l’abondance de ses dons et la douceur de son appel.

Conversion

Le livre de Jonas, dans la première lecture, est vraiment typique de nos comportements à l’égard du Seigneur. Ce sont quatre petits chapitres qui nous montrent comment Jonas, qui a voulu se dérober à la mission, a fini par y consentir – de guerre lasse.

Nous le connaissons pour avoir séjourné – trois jours – dans le ventre d’un grand poisson, après avoir été jeté à l’eau, car il fuyait la face du Seigneur. C’est au cœur de cette épreuve que sa conversion s’opère. Après avoir relu son expérience – non sans ironie, il consent à partir vers Ninive, qui est la grande ville païenne.

Relecture

Nous aussi, nous arrive-t-il de fuir la volonté du Seigneur ? Comme Jonas, nous partons à l’ouest alors que c’est à l’est qu’il nous aller pour servir le désir du Seigneur. Mais le Seigneur nous rattrape, car nous pouvons toujours prendre le temps de nous arrêter pour contempler sa volonté dans nos vies.

Cette relecture est essentielle pour comprendre où il veut nous conduire. Prenons vraiment le temps de lire tout le livre de Jonas, c’est comme un résumé d’une vie de saint – et en plus, c’est court et humoristique.

Appel

Ainsi, pour aider le Seigneur à conquérir les cœurs de nos contemporains, il faut le laisser convertir le nôtre. Jonas a convaincu parce qu’il s’est laissé convaincre par le Seigneur. Cela peut nous faire penser à la vocation de Jérémie : « Tu m’as séduit et je me suis laissé séduire » (Jr 20, 7).

Nous voyons bien ainsi que la conversion n’est pas une ascèse personnelle obtenue par des longs et douloureux exercices. C’est une rencontre qui transcende notre cœur.

Alliance

C’est avant toute chose un cœur à cœur avec le Christ miséricordieux, doux et humble. Nous avons à nous laisser entraîner par son invitation pour découvrir la grâce que donne son appel. C’est un risque que nous avons à prendre.

Le psaume de ce dimanche peut nous aider dans cette démarche ; il peut nourrir notre prière. C’est un psaume d’alliance qui nous invite au discernement.

Nous pouvons dire chaque jour, à notre réveil par exemple, ses premiers mots : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route ». Nous placerons ainsi notre journée sous le regard de Dieu avec la volonté de suivre ses appels. C’est une déclaration de confiance.

pour aider le Seigneur à conquérir les cœurs de nos contemporains, il faut le laisser convertir le nôtre. Jonas a convaincu parce qu’il s’est laissé convaincre par le Seigneur.

Désir

Ainsi, nous désirons nous laisser guider par la douceur de Dieu pour qu’il nous aide à être ses témoins-missionnaires tout au long de notre journée. Peut-être que nous n’y arriverons pas et que, comme Jonas, nous nous précipiterons pour faire l’inverse.

Alors, nous relirons et demanderons au Seigneur : « Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur ». Même si nous sommes certains qu’il n’est jamais loin, n’oublions pas de lui dire notre désir de rester dans son alliance, malgré tout, envers et contre tout.

Il s’agit ainsi d’entrer dans une démarche d’humilité, de rechercher la paix du cœur et la joie profonde. Ce sont les fruits d’un chemin de conversion.

Réponse

Chercher la volonté de Dieu c’est être attentif à sa parole. Dans l’Évangile de ce dimanche, nous entendons Jésus s’adresser à ceux qui vont devenir ses disciples. Ces derniers sont occupés à leur tâche quotidienne mais la parole du Christ les fait tout quitter.

« Aussitôt, ils le suivirent », écrit Marc. Cela peut nous aider à regarder la manière dont nous répondons aux appels du Seigneur. Faisons-nous comme les enfants : « oui, oui » et continuons-nous nos tâches quotidiennes ou laissons-nous la parole de Dieu nous en déraciner pour nous enraciner en elle ?

Pas facile de s’abstraire de son quotidien pour être dans celui de Dieu. Pourtant, c’est dans cette manière de procéder que nous pourrons avancer sur le chemin de la construction du Royaume.

Décentrement

C’est un appel à nous laisser décentrer comme nous le propose cette belle prière d’ouverture du second dimanche de l’Avent : « Seigneur tout-puissant et miséricordieux, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ; mais éveille en nous cette intelligence du cœur qui nous prépare à l’accueillir et nous fait entrer dans sa propre vie ».

Alors, profitons de ce temps ordinaire pour nous laisser habiter par l’extraordinaire de l’Amour de Dieu. Nous pourrons ainsi entrer dans cette conversion qui nous permet de découvrir jour après jour la bonté de Dieu, l’abondance de ses dons et la douceur de son appel.

Que la grâce nous soit donnée d’entendre dans notre ordinaire l’appel du Seigneur à travailler à sa vigne pour devenir ainsi des « pêcheurs d’Hommes ». Ainsi, nous pourrons collaborer à son œuvre et rendre par nos vies, nos mains, notre manière de vivre et d’aimer un monde plus juste, plus fraternel, plus pacifié.

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