Vivre pour la mission


Méditations au coeur du monde, Temps liturgiques / vendredi, juillet 1st, 2022
Temps de lecture : 5 minutes(Last Updated On: 1 juillet 2022)

Vivre pour la missionCe 14e dimanche ordinaire nous envoie en mission. Une mission qui fait vivre et qui nous invite à nous laisser accueillir par ceux qui accueillent la Parole. Le Seigneur, comme les 72 disciples, nous envoie en plein monde, en précurseur. Nous sommes un peu des Jean-Baptiste, invités à préparer la route du Seigneur. L’Évangile de ce dimanche nous donne pour feuille de route de ne pas nous laisser troubler par les rencontres du chemin. Étonnant comme recommandation alors que tant de personnes peuvent avoir besoin d’entendre, par notre bouche, l’Évangile sur le chemin.

Vivre la mission confiée

Le Seigneur nous demande, peut-être, tout simplement, de remplir pleinement la mission qu’il nous confie. Aujourd’hui, notre mission est d’être avec ceux qui nous accueillent. Nous sommes envoyés en mission vers nos hôtes pour qu’à leur tour ils accueillent l’Hôte intérieur. Dans cet accueil fraternel, nous laissons le Christ témoigner de sa tendresse, de sa bienveillance pour ceux et celles qui sont réunis autour de la table.

De la mission à la Table

Cette table où nous sommes envoyés en mission est le signe de la Table par excellence : celle de la dernière Cène. Dans ce dernier repas, dont nous faisons mémoire à chaque Eucharistie, nous sommes envoyés en plein monde pour dire au monde la Paix qui nous vient du Christ. Certes, le monde ne connaît pas Dieu, parfois il persécute les disciples du Christ. Mais nous avons à tenir bon dans cette mission. Annoncer l’Évangile, c’est être des apôtres de la Paix, de la miséricorde, du respect de Dieu pour notre monde. Il est possible que nous soyons comme des agneaux au milieu des loups. Pour autant, ne devenons pas des loups les uns pour les autres.

Devenir davantage disciples

Apprenons du Christ à rester des artisans de paix et de concorde. Ce qui ne signifie pas que nous n’avons pas à être sans épaisseur, des personnes sans ambition, sans personnalité. Être et devenir davantage des disciples du Christ ce n’est pas être des paillassons. Mais il nous revient de rechercher ce qui nous fait devenir davantage apôtre de la Paix du Christ qui restaure chaque personne dans sa dignité. La joie qui habite notre cœur lorsque nous annonçons l’Évangile vient du Christ, du fait que nous collaborons à sa mission par nos vies. Ce ne sont pas nos propres réalisations qui importent, mais le service que nous sommes prêts à rendre au Christ pour que sa mission de réconciliation et de sanctification poursuive son œuvre dans le monde. Pour cela, nous avons à demeurer centrés sur le Christ, à nous mettre à l’écoute de son cœur.

Une mission de réconciliation

Il nous donne le rythme pour vivre en cohérence avec le dynamisme et l’enthousiasme des trois personnes divines. C’est ainsi que pourrons comprendre que nos noms sont inscrits dans les cieux. Mais, rassurons-nous, cette inscription au registre des saints n’est pas une récompense, un prix de bonne conduite. Dieu ne nous juge pas. Ce qui lui importe c’est notre capacité, notre désir de vivre la mission de réconciliation : apporter au monde Sa paix et Sa Joie. C’est-à-dire vivre en femmes, en hommes debout, prêts à répondre et à répandre de cette mystérieuse espérance versée en nos cœurs.

Attentifs à la voix de Dieu

Pour cela, nous avons à entendre ce que le Seigneur nous propose pour mieux aimer et servir au cœur de ce monde. Ce n’est pas facile. Pourtant, si nous sommes attentifs à cette voix qui vient sourdre dans notre cœur, nous pourrons vraiment vivre notre mission comme une vocation. Il s’agit d’être là où nous sommes le plus en adéquation avec les besoins des femmes et des hommes de ce temps. Nous n’avons pas tous les mêmes capacités ni la même mission, mais nous sommes responsables de porter le Christ au monde. Si nous sommes ajustés à la mission du Christ, nous comprendrons de quelle manière Dieu vient nous consoler. Cette consolation, dont nous parle Esaïe dans la première lecture, est notre capacité à annoncer l’Évangile de manière sereine. C’est Dieu qui donne cette sérénité, tel un enfant qui est contre sa mère.

La consolation de Dieu

En fait, nous avons à entendre de la part de Dieu que nous sommes son précieux héritage, qu’il met en nous tout son amour pour que nous l’annoncions aux femmes et aux hommes de ce temps. Entendre et ressentir la consolation de Dieu au cœur de notre amour c’est aussi être habité du désir de connaître Dieu. C’est-à-dire que nous sommes invités à mettre notre baptême, qui nous fait naître en Dieu, en action. C’est de ce baptême que naît la mission. Dieu nous fait dans ce premier sacrement le don de sa vie, de sa force pour que nous goûtions, avec délice, l’abondance de sa gloire (Es 11).

Nous avons du prix au yeux de Dieu

Goûter à la gloire de Dieu c’est sentir au plus profond de notre âme que nous avons du prix à ses yeux. C’est cela qui est important : sentir que nous sommes importants pour Dieu. Alors, puisque Dieu, qui est l’au-delà de tout, nous aime passionnément pour nous faire participer, par son Fils à la vie ; combien nous, nous devons nous aimer les uns les autres ! Mais cela nous est difficile. Notre cœur est souvent divinisé et nous préférons notre confort à l’effort de considérer l’autre avec respect. Peut-être pouvons-nous alors faire comme Paul, dans la seconde lecture, et prendre le temps de contempler la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Contempler le Christ en Croix

C’est de cette contemplation que nous pourrons percevoir l’appel que le Seigneur nous fait pour sa mission. Peut-être que pour nous aider dans ce cœur avec cœur avec le Christ en Croix, nous pouvons nous inspirer de ce que nous dit Ignace à la fin de la première semaine des Exercices spirituels (n° 53-54) :

« Me représentant Notre-Seigneur Jésus-Christ en Croix devant moi, je lui demanderai dans un colloque comment, étant le Créateur de toutes choses, il en est venu jusqu’à se faire homme ; comment, possédant la vie éternelle, il a daigné accepter une mort temporelle et la subir réellement pour mes péchés ? Puis, me considérant moi-même, je me demanderai ce que j’ai fait pour Jésus-Christ, ce que je fais pour Jésus-Christ, ce que je dois faire pour Jésus-Christ. Et, le voyant ainsi attaché à la Croix, je ferai les réflexions qui se présenteront à moi. ».

C’est de et dans ce don incommensurable, que notre cœur pourra bondir de joie et d’allégresse pour entrer dans le dynamisme de l’Esprit pour afin servir et aimer ce monde.

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