Devenir compagnons du Ressuscité

Toujours au cœur du temps pascal, nous avons entendu ce troisième dimanche de Pâques, le cri du psalmiste : « ʺBeaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ?ʺ ». Tant d’hommes et de femmes recherchent le bonheur au cœur de leur vie que nous ne pouvons pas de ne pas être insensibles à cette question. D’autant que la liturgie nous la renvoie. Continuer la lecture de « Devenir compagnons du Ressuscité »

Devenir témoins du Miséricordieux

Traditionnellement le second dimanche de Pâques est le dimanche de la miséricorde. La miséricorde est cette tendresse bienveillante, attentive du Seigneur à l’égard de ses enfants. C’est cet amour qui est mû par les entrailles à l’image de celui de parents à l’égard de leur enfant. C’est une attitude qui ne juge pas, qui accueille et qui ne cesse de se réjouir des progrès de l’aimé et de partager en tâchant des les consoler au mieux ses tristesses, angoisses et déceptions. Nous sommes donc invités ce dimanche à demander la grâce de devenir, à la suite du Christ, des miséricordieux. Continuer la lecture de « Devenir témoins du Miséricordieux »

Envoyés par le Ressuscité

Christ est ressuscité, Christ est vraiment ressuscité ! Alleluia, Alleluia !

Nous voici arrivés aux fêtes de Pâques qui marquent la fin du Carême et surtout ces jours de la Passion. Notre cœur devrait pouvoir résonner à l’unisson de la joie qui émerge de la Terre. Jésus, Christ Fils de Dieu s’est relevé d’entre les morts. Il est ressuscité, il est vraiment ressuscité. Telle est notre foi, telle est la foi de l’Église. Toutefois, il se peut que notre cœur, habité de tant de préoccupations, soit resté au tombeau. Demandons alors la grâce d’entrer dans l’espérance, brûlons au feu pascal et plongeons dans l’eau baptismale tout ce qui est en nous puissance de désespérance, tentation, et pulsions de vaine gloire. Renouvelés par la foi de notre baptême nous pourrons ainsi entrer dans ce mystère de la résurrection. Cette assurance que la joie, la vraie, celle qui transcende prend le temps sur tout ce qui peut nous faire cheminer comme en un pays d’errance, où il est impossible de trouver le repos, une épaule sur qui se reposer, une oreille à qui se confier.
Cette marche que nous entreprenons en cette nuit sainte, la nuit la plus sainte de l’année chrétienne, nous montre le chemin du salut. A la suite des témoins de foi et d’espérance nous avons marché vers l’aube de la résurrection. Avec le Christ, ce soir nous sommes invités nous aussi à sortir de nos tombeaux. Non comme des morts-vivants mais que des femmes et des hommes debout, prêts à rendre compte de l’espérance que fait jaillir en eux le Christ Ressuscité. Pour autant, ce n’est pas la fin du chemin mais son commencement. Ce commencement par lequel nous allons va de commencement en commencement vers des commencements qui n’ont jamais de fin comme le dit Grégoire de Nysse. Commencer sans cesse à suivre le Christ, malgré fatigues et contradictions, c’est aller vers un chemin de fécondité. Le Christ nous appelle jours après jours à être les uns pour les autres des porteurs des bons et beaux fruits de sa grâce. Cet enfantement consiste particulièrement à s’atteler à devenir juste les uns envers les autres. Cherchons, habités par la grâce de Dieu, à porter le Christ au monde par toute notre vie. Cherchons à sauver et comprendre la proposition du prochain avant de la condamner, comme nous l’enseigne, Ignace de Loyola,. Puissions-nous être pleinement habités de la charité du Christ. Il a cherché au long de sa vie terrestre à nous indiquer que seule la qualité de cœur compte. Ne cherchons donc pas autre chose que ce qui fait résonance en nous au cœur miséricordieux du Christ. Entraînés dans la joie du Ressuscité demandons la grâce d’être pleinement attentifs à ce qui germe, à ce qui luit, même modestement, au cœur des ténèbres de notre vie et de celles du monde.
Chercher. Ce verbe parcourt toutes les rencontres de Jésus. Les premiers disciples comme les soldats venus l’arrêter sont interrogés par Jésus qui leur demande : « qui cherchez-vous ? Que cherchez-nous » ? Et nous chrétiens du XXIe siècle que cherchez-nous et qui cherchons-nous vraiment ? Chacun peut se poser ces questions dans le silence intérieur de son cœur, dans sa prière intime avec Dieu, Père, Fils, Esprit Saint. En même temps, ces questions doivent être portées par la communauté chrétienne qui doit supporter chacun personnellement dans son chemin de foi à la rencontre du Ressuscité.
Ressuscités avec le Christ nous sommes consolés de toutes tristesses afin d’être constamment envoyés sur les routes de nos frères et sœurs en humanité et en Christ afin de pouvoir leur apporter la joie de le connaître et la capacité de pouvoir le reconnaître au cœur de leur existence. Christ est ressuscité, Christ est vraiment ressuscité ! Alleluia, Alleluia !

Servir la Gloire de Dieu – Cinquième dimanche de carême 2018

Pâques approche. Nous entrerons dimanche prochain dans la semaine sainte. Elle nous conduira à la lumière de Pâques après avoir célébré la Cène puis accompagné, autant qu’il nous aura été possible, Jésus dans sa passion et dans sa mort. Ce chemin du Christ, nous le connaissons bien. Il n’est ni du dolorisme, ni de la science-fiction. Il s’agit de l’itinéraire du Fils de Dieu conduit à la mort par la jalousie, l’aveuglement et l’entêtement de certains. Continuer la lecture de « Servir la Gloire de Dieu – Cinquième dimanche de carême 2018 »

Nous sommes la demeure du Père – 3ème dimanche de carême 2018

Dans à peine un mois nous célébrerons Pâques, cette grande fête de l’Espérance, de la vie qui prend le dessus inexorablement sur la mort. Dans ces jours qui nous en séparent, nous sommes appelés à convertir notre regard, notre cœur, notre vie pour les tourner résolument vers le Christ, vers le maître de la vie. Ce dimanche nous entendons dans l’Évangile, le récit de Jésus et les marchands du temple. Nous pouvons percevoir chez Jésus une violence et une dureté de ses propos. C’est assez inhabituel et nous avons souvent l’impression que c’est un homme doux contrairement à l’image que nous pouvons avoir de Jean-Baptiste et même de l’apôtre Pierre.
« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » dit Jésus aux marchands. C’est une invitation à réfléchir sur ce que nous venons chercher lorsque nous nous rendons à l’Église, quel est le but de notre venue ? Cherchons-nous à faire commerce avec Dieu, à faire du donnant-donnant, une sorte de marchandage spirituel ou bien sommes-nous comme des enfants qui vont vers leur Père, heureux de le retrouver dans la simplicité d’une rencontre ? Ce sanctuaire que Jésus veut aussi protéger est également notre propre corps qui est en même temps la demeure de Dieu. Nous sommes depuis la naissance et la mort du Christ, participant·e·s à sa nature divine. Sa maison est donc par conséquent un peu notre corps.
La notion de maison de commerce, maison de trafic peut nous inviter à réfléchir sur notre manière de nous comporter. Sommes-nous sur cette terre, dans nos lieux de vie, de travail, d’activités diverses comme des propriétaires jaloux ou bien en situation de service, prêt·e·s à rendre compte de l’espérance qui est en nous ? Avons-nous le désir, à défaut d’y réussir, de nous situer à l’égard des autres comme des serviteurs, ardents à faire le bien dans une attitude constante de vigilante bienveillance ? Demandons au Seigneur de nous aider à sortir de l’esclavage dans lequel notre société nous conduit, celui de la constante comparaison, de la – vaine – réussite à tout prix, de l’activisme forcené. Bien sûr qu’il faut agir, travailler, servir en désirant devenir davantage coopérateurs de l’œuvre de Dieu. C’est à tout cela que nous invite la première lecture.
« Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme ». Quelle dureté que cette finale de l’Évangile de ce dimanche. Jésus nous remet face à nos pauvretés et à la fois à nos tentations de toute puissance. Il ne cherche pas à être justifié par ce que d’autres disent de lui, il est celui qui « EST » – pleinement. Soyons attentifs à ne pas emprisonner Dieu dans nos catégories, nos spiritualités même nos Églises. C’est librement qu’il se livre à nous, notamment dans l’Eucharistie, afin que nous mêmes nous puissions avancer « libres et confiant·e·s » sur le chemin de nos vies, à la rencontre des autres. Laissons-nous rejoindre par cette liberté et demandons la grâce de pouvoir nous aussi goûter en plénitude à cette manière de procéder de Jésus.
Que le regard des autres ne nous soit pas d’une obsédante quotidienneté mais une occasion de regarder de quelle(s) manière(s) je peux avancer davantage vers la conversion, le service désintéressé de notre société là où je suis, dans mon devoir d’état. Peut-être, alors, je pourrai, par toute ma vie, témoigner aux hommes et femmes que je rencontre, de la joie de connaître Jésus Christ.

Dieu tient parole – Carême 2018

19754058_c41442d5a3_zCe second dimanche de Carême nous invite à nous attacher davantage à la Parole de Dieu. Cette parole de confiance, d’abandon et d’appel à la mission. Dans la première lecture, nous voyons à quel risque accepte de s’exposer Abraham. Offrir en sacrifice son propre fils. Terrible geste d’obéissance et d’abandon pour témoigner à Dieu de sa fidélité et de son obéissance à sa loi et à sa Parole. Nous pourrions alors penser que Dieu est terrifiant, qu’il exige des sacrifices humains en gage comme pour l’apaiser et s’accorder ses bonnes grâces. Il se trouve que nom, Dieu a laissé Abraham conduire son fils jusqu’à l’autel du sacrifice mais l’a substitué par un bélier. Cela nous signifie que Dieu n’est pas cruel, il ne veut pas la mort des hommes, des sacrifices inutiles, pour satisfaire une perversité morbide.
Dieu ne se joue pas de nous, ne nous manipule pas mais nous demande de lui être fidèle en toute chose. Encore une fois, non pour se satisfaire d’avoir un peuple qui lui rend grâce, Dieu n’est pas égocentrique, mais parce que cette fidélité nous rend meilleur. Être fidèle à Dieu, à sa parole, nous entraîne dans un mouvement qui va au-delà de nos possibles puisque cette fidélité s’appuie sur plus grand que nous. Être fidèle à Dieu c’est répondre simplement à sa propre fidélité envers nous. Dieu nous fait confiance, alors pourquoi ne ferions-nous pas confiance à Dieu ? Il ne nous déçoit pas et nos manquement, notre pêché, ne le déçoivent pas non plus. Ils abîment juste la communion et l’amour qu’il nous appelle à porter à à donner.

Noël : une révolution

Noël : une révolutionEn cette nuit de Noël, Dieu choisit de faire en nous sa demeure pour que nous nous établissions en Lui.  Dieu a choisi de s’allier avec nous en se faisant homme. Voilà la vraie révolution, celle que nous promet Dieu. Ce choix de Dieu est inaliénable et profondément gratuit. Pour autant, si nous reconnaissons l’enfant de la crèche comme « Celui qui vient libérer nos vies » cela exige de notre part de reconnaître que Sa confiance nous entraîne, nous émonde, nous édifie. Cette confiance de Dieu doit nous conduire à vivre de sa Joie, guidés par sa lumière.
Tout au long du temps de l’Avent qui vient de se terminer, la tradition veut que chaque dimanche une bougie soit allumée. Cette lumière nous la retrouvons dans la première lecture de cette nuit de Noël. Nous avons entendu « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, sur le pays de l’ombre une lumière a resplendi » dans le livre d’Isaïe. Même si nous avons la foi, la connaissance de la divinité du Christ mort et ressuscité dont nous célébrons la naissance cette nuit, nos vies sont parfois ténébreuses. Le quotidien nous pèse, les soucis nous envahissent, même à la messe. Nous avons du mal à faire de la place à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Reconnaissons humblement ces pauvretés, ces contingences qui font notre humanité. Mais, ne cédons pas à la culpabilité. Dieu vient nous retrouver dans ces espaces d’ombre. Il vient – pourvu que nous l’accueillions – les habiter pour que nous-même nous acceptions de faire cohabiter notre vie avec le don de Dieu. Il vient se révéler aujourd’hui dans le silence et la simplicité de cette mangeoire. Il s’offre à nous pour que nous nous offrions à Lui. Ainsi, nous serons assuré de cette joie que nous annoncent les textes de la liturgie.
Jalons
Lumière et joie sont les deux mots que nous pouvons retenir pour cette nuit de Noël. Ce sont deux mots, jalons pour notre route à la suite du Christ, ce sont comme deux bâtons pour nous aider dans notre marche à la rencontre de nos contemporains. Cette lumière est ce qui nous permet de tenir dans cette joie à la fois promise et donnée. La Joie de Dieu n’est pas forcément l’exubérance, le rire aux éclats et autres manifestations plus ou moins brillantes. Cette joie est ce don offert et sans cesse renouvelé, qui nous enracine dans l’espérance. C’est cette assurance d’un amour par dessus tout, qui nous aide à tenir dans la fidélité non seulement à la foi reçue des apôtres mais surtout à tout ce que nous avons promis, à ce à quoi nous nous sommes engagés. Nous tenons parce qu’un autre nous fait tenir. Tels Marie et Joseph qui se sont engagés à suivre les demandes de Dieu par les paroles des Anges.
Confiance
« Ne crains pas » leur a dit l’Ange. Nous pourrions comprendre fais-moi confiance car  Dieu nous dit que sa parole est une Parole de Vie qui nous emmènera bien plus loin que nous pouvons imaginer. Faire confiance à Dieu est aussi une révolution. C’est-à-dire que cela nous conduit à venir à l’origine, au fondement de ce qui nous fait devenir chaque jour davantage « Enfant de Dieu » : l’Amour inconditionnel de ce Dieu qui nous offre cette nuit son Fils unique. Croire en l’Amour c’est bien souvent ce qui nous manque pour que notre vie puisse être pleinement déployée et que nous vivions de cette vie en abondance promise et annoncée par le Christ. Noël c’est aussi accueillir l’inouï de la vie que le Père nous donne en la naissance de son fils, cet enfant que nous contemplons aussi dans l’humble mangeoire de la crèche.
Accueillir, faire confiance à Dieu c’est donc marcher avec Lui qui est la lumière par excellence pour que nos vies soient porteuses de Sa Joie. Voici donc la proposition que Dieu nous fait en cette nuit particulière. Entrons donc avec un cœur émerveillé dans cette invitation que le Seigneur nous fait ce soir. Avec Lui et en communion les uns avec les autres autres, aidés par le Saint Esprit, nous goûterons à sa tendresse qu’il ne cesse de nous offrir, jour après jour.

Chemin d’Avent

christmas-507818_960_720Pour la partie francophone du Réseau Mondial de Prière du Pape, j’ai rédigé une méditation, notamment tout au long du temps de l’Avent, parue sur sa page Facebook, je vous propose de les retrouver sur ces pages :

Accueillir l’inaccueillable

Les textes qui nous sont proposés par l’Église en ce quatrième dimanche de l’Avent nous invitent à réfléchir à la manière dont nous répondons aux appels de Dieu. Ils ne viennent pas ex-nihilo mais au travers de signes, de convictions intérieures profondes qui nous habitent, de sentiments qui nous mobilisent et nous entrainent au-delà de nous-même.
Décision
L’Évangile de ce jour nous propose de suivre Joseph dans son cheminement intérieur. Au delà de sa décision de répudier Marie ce qui doit nous marquer est qu’il souhaite le faire « en secret ». C’est-à-dire d’une manière qui n’humilie pas. Nous pouvons nous souvenir de Joseph lorsque nous avons à prendre une décision difficile. La prenons-nous de manière impulsive ou prenons-nous le temps de discerner pour qu’elle soit ajustée à ce que nous portons comme convictions, comme valeurs et désir de témoigner de notre vie de disciples du Ressuscité ?
Annonciation
L’irruption de Dieu dans la vie de Joseph est aussi une annonciation. Celle d’accueillir l’inaccueillable ; c’est en quelque sorte une mission impossible.

En consentant à la Parole du Seigneur il lui permet de donner à l’humanité le Signe par excellence : Jésus-Emmanuel : Dieu est avec nous pour nous sauver .

Disponible
Laissons nous rejoindre et habiter tout au long de ces jours qui nous séparent de Noël par cette figure de Joseph. Sachons accueillir la grâce qui nous rend disponible aux signes que Dieu nous adresse au coeur de nos vies. Ils sont des appels à ce que nous devenions des Apôtres de la Joie de Dieu.

<< Méditation du premier dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du deuxième dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du troisième dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du quatrième dimanche de l’Avent – A