Se convertir par le feu de Dieu

Se convertir par le feu de DieuNous pouvons sans difficulté être déroutés par les textes de ce 20? dimanche ordinaire. Les propos que nous rapporte Luc nous parlent de feu et de division. Nous sommes loin, en apparence, de ce discours de Jésus sur l’Amour de Dieu qui donne la force de choisir d’aimer davantage. Pourtant c’est le même Évangile et le même Jésus. Seraient-ils aussi paradoxaux que nous le sommes ? Le cœur du Christ serait-il comme le nôtre : tortueux, avec des volontés de violence, comme nous le décrit le prophète Jérémie dans la première lecture ? Ce peut être une lecture, mais elle ne serait pas chrétienne. Acceptons d’être perturbé par cette lecture. C’est souvent dans ces moments que la Parole de Dieu veut percer nos résistances et nous inviter à mieux aimer et suivre le Christ.

Feu

Le feu dont nous parle le Christ au début de l’Évangile de ce dimanche est bien celui de son amour. Cet amour porté par l’Esprit qui veut brûler tous nos égoïsmes et réchauffer nos cœurs habités d’une froide indifférence. Ce feu est aussi la lumière du monde qui veut en éclairer ses ténèbres. Il faut, cependant, pour que cela puisse advenir qu’il passe par l’épreuve de la Croix ténèbres, égoïsmes et autre jalousies. Ce passage est accompli par le Christ définitivement. Mais c’est un accomplissement qui a des effets continus.

Urgence

Le Christ est mort et ressuscité une fois pour toutes, mais nous devons sans cesse accueillir les fruits de ce don total en nos vies. La hâte que le Christ manifeste de l’urgence de l’accomplissement de ce baptême est son appel à nous convertir. Il nous faut nous aussi passer par ce baptême, par le feu de son Amour. Ainsi, nous aurons la force d’en accueillir la puissance. C’est un combat que nous avons à mener, contre nous certes mais surtout contre l’ennemi de la Nature humaine. Le diviseur nous souffle trop souvent de nous laisser aller à nos penchants naturels. Ils sont un feu qui, contrairement à Celui du Christ, détruit et abîme. Gardons-nous donc de ce dernier pour allumer notre lampe au feu du Christ qui étincelle et rayonne.

Choisir

Choisir le Christ n’est pas chose aisée. C’est un don qu’il nous revient d’accueillir et de confesser. L’épître aux Hébreux nous présente le chemin de la foi comme une course d’endurance avec pour objectif final de plaire au Christ. C’est-à-dire le désir, la volonté délibérée – aidés de sa grâce – de Lui ressembler. Cette ressemblance ne consiste pas à être une copie du Christ cherchant à l’imiter pas à pas. C’est de l’esprit de l’agir du Christ dont il est question. Cette itinérance qui l’a mené à rencontrer chacun dans une constante attention par amour pour le Père. Voilà le feu intérieur dont il était brûlé et que nous sommes appelés à partager.

Dynamisme

Entrer dans la dynamique de l’amour, malgré fatigues et contradictions, est la vocation de chaque femme et de chaque homme. Ce n’est pas tendance, ce n’est pas facile mais c’est ce chemin – certes escarpé – que le Christ nous propose aujourd’hui. Sur cette route, il y aura des tensions, des oppositions – peut-être même de nos proches. Tâchons de les surmonter, non pas par nos propres forces, mais en nous en remettant à celles de Dieu.

Puisons dans la prière, dans la célébration de l’Eucharistie, la force de résister aux mouvements contraires du monde. Demandons au Christ de recevoir sa lumière pour entrer dans une véritable démarche de conversion. En « l’aimant en toute chose et par-dessus tout », comme nous y invite la prière d’ouverture de ce dimanche, nous entrerons dans son dynamisme et serons habités du feu de son amour.

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