Servir la Gloire de Dieu – Cinquième dimanche de carême 2018

Pâques approche. Nous entrerons dimanche prochain dans la semaine sainte. Elle nous conduira à la lumière de Pâques après avoir célébré la Cène puis accompagné, autant qu’il nous aura été possible, Jésus dans sa passion et dans sa mort. Ce chemin du Christ, nous le connaissons bien. Il n’est ni du dolorisme, ni de la science-fiction. Il s’agit de l’itinéraire du Fils de Dieu conduit à la mort par la jalousie, l’aveuglement et l’entêtement de certains. Continuer la lecture de « Servir la Gloire de Dieu – Cinquième dimanche de carême 2018 »

Nous sommes la demeure du Père – 3ème dimanche de carême 2018

Dans à peine un mois nous célébrerons Pâques, cette grande fête de l’Espérance, de la vie qui prend le dessus inexorablement sur la mort. Dans ces jours qui nous en séparent, nous sommes appelés à convertir notre regard, notre cœur, notre vie pour les tourner résolument vers le Christ, vers le maître de la vie. Ce dimanche nous entendons dans l’Évangile, le récit de Jésus et les marchands du temple. Nous pouvons percevoir chez Jésus une violence et une dureté de ses propos. C’est assez inhabituel et nous avons souvent l’impression que c’est un homme doux contrairement à l’image que nous pouvons avoir de Jean-Baptiste et même de l’apôtre Pierre.
« Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce » dit Jésus aux marchands. C’est une invitation à réfléchir sur ce que nous venons chercher lorsque nous nous rendons à l’Église, quel est le but de notre venue ? Cherchons-nous à faire commerce avec Dieu, à faire du donnant-donnant, une sorte de marchandage spirituel ou bien sommes-nous comme des enfants qui vont vers leur Père, heureux de le retrouver dans la simplicité d’une rencontre ? Ce sanctuaire que Jésus veut aussi protéger est également notre propre corps qui est en même temps la demeure de Dieu. Nous sommes depuis la naissance et la mort du Christ, participant·e·s à sa nature divine. Sa maison est donc par conséquent un peu notre corps.
La notion de maison de commerce, maison de trafic peut nous inviter à réfléchir sur notre manière de nous comporter. Sommes-nous sur cette terre, dans nos lieux de vie, de travail, d’activités diverses comme des propriétaires jaloux ou bien en situation de service, prêt·e·s à rendre compte de l’espérance qui est en nous ? Avons-nous le désir, à défaut d’y réussir, de nous situer à l’égard des autres comme des serviteurs, ardents à faire le bien dans une attitude constante de vigilante bienveillance ? Demandons au Seigneur de nous aider à sortir de l’esclavage dans lequel notre société nous conduit, celui de la constante comparaison, de la – vaine – réussite à tout prix, de l’activisme forcené. Bien sûr qu’il faut agir, travailler, servir en désirant devenir davantage coopérateurs de l’œuvre de Dieu. C’est à tout cela que nous invite la première lecture.
« Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme ». Quelle dureté que cette finale de l’Évangile de ce dimanche. Jésus nous remet face à nos pauvretés et à la fois à nos tentations de toute puissance. Il ne cherche pas à être justifié par ce que d’autres disent de lui, il est celui qui « EST » – pleinement. Soyons attentifs à ne pas emprisonner Dieu dans nos catégories, nos spiritualités même nos Églises. C’est librement qu’il se livre à nous, notamment dans l’Eucharistie, afin que nous mêmes nous puissions avancer « libres et confiant·e·s » sur le chemin de nos vies, à la rencontre des autres. Laissons-nous rejoindre par cette liberté et demandons la grâce de pouvoir nous aussi goûter en plénitude à cette manière de procéder de Jésus.
Que le regard des autres ne nous soit pas d’une obsédante quotidienneté mais une occasion de regarder de quelle(s) manière(s) je peux avancer davantage vers la conversion, le service désintéressé de notre société là où je suis, dans mon devoir d’état. Peut-être, alors, je pourrai, par toute ma vie, témoigner aux hommes et femmes que je rencontre, de la joie de connaître Jésus Christ.

Dieu tient parole – Carême 2018

19754058_c41442d5a3_zCe second dimanche de Carême nous invite à nous attacher davantage à la Parole de Dieu. Cette parole de confiance, d’abandon et d’appel à la mission. Dans la première lecture, nous voyons à quel risque accepte de s’exposer Abraham. Offrir en sacrifice son propre fils. Terrible geste d’obéissance et d’abandon pour témoigner à Dieu de sa fidélité et de son obéissance à sa loi et à sa Parole. Nous pourrions alors penser que Dieu est terrifiant, qu’il exige des sacrifices humains en gage comme pour l’apaiser et s’accorder ses bonnes grâces. Il se trouve que nom, Dieu a laissé Abraham conduire son fils jusqu’à l’autel du sacrifice mais l’a substitué par un bélier. Cela nous signifie que Dieu n’est pas cruel, il ne veut pas la mort des hommes, des sacrifices inutiles, pour satisfaire une perversité morbide.
Dieu ne se joue pas de nous, ne nous manipule pas mais nous demande de lui être fidèle en toute chose. Encore une fois, non pour se satisfaire d’avoir un peuple qui lui rend grâce, Dieu n’est pas égocentrique, mais parce que cette fidélité nous rend meilleur. Être fidèle à Dieu, à sa parole, nous entraîne dans un mouvement qui va au-delà de nos possibles puisque cette fidélité s’appuie sur plus grand que nous. Être fidèle à Dieu c’est répondre simplement à sa propre fidélité envers nous. Dieu nous fait confiance, alors pourquoi ne ferions-nous pas confiance à Dieu ? Il ne nous déçoit pas et nos manquement, notre pêché, ne le déçoivent pas non plus. Ils abîment juste la communion et l’amour qu’il nous appelle à porter à à donner.

Noël : une révolution

Noël : une révolutionEn cette nuit de Noël, Dieu choisit de faire en nous sa demeure pour que nous nous établissions en Lui.  Dieu a choisi de s’allier avec nous en se faisant homme. Voilà la vraie révolution, celle que nous promet Dieu. Ce choix de Dieu est inaliénable et profondément gratuit. Pour autant, si nous reconnaissons l’enfant de la crèche comme « Celui qui vient libérer nos vies » cela exige de notre part de reconnaître que Sa confiance nous entraîne, nous émonde, nous édifie. Cette confiance de Dieu doit nous conduire à vivre de sa Joie, guidés par sa lumière.
Tout au long du temps de l’Avent qui vient de se terminer, la tradition veut que chaque dimanche une bougie soit allumée. Cette lumière nous la retrouvons dans la première lecture de cette nuit de Noël. Nous avons entendu « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, sur le pays de l’ombre une lumière a resplendi » dans le livre d’Isaïe. Même si nous avons la foi, la connaissance de la divinité du Christ mort et ressuscité dont nous célébrons la naissance cette nuit, nos vies sont parfois ténébreuses. Le quotidien nous pèse, les soucis nous envahissent, même à la messe. Nous avons du mal à faire de la place à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Reconnaissons humblement ces pauvretés, ces contingences qui font notre humanité. Mais, ne cédons pas à la culpabilité. Dieu vient nous retrouver dans ces espaces d’ombre. Il vient – pourvu que nous l’accueillions – les habiter pour que nous-même nous acceptions de faire cohabiter notre vie avec le don de Dieu. Il vient se révéler aujourd’hui dans le silence et la simplicité de cette mangeoire. Il s’offre à nous pour que nous nous offrions à Lui. Ainsi, nous serons assuré de cette joie que nous annoncent les textes de la liturgie.
Jalons
Lumière et joie sont les deux mots que nous pouvons retenir pour cette nuit de Noël. Ce sont deux mots, jalons pour notre route à la suite du Christ, ce sont comme deux bâtons pour nous aider dans notre marche à la rencontre de nos contemporains. Cette lumière est ce qui nous permet de tenir dans cette joie à la fois promise et donnée. La Joie de Dieu n’est pas forcément l’exubérance, le rire aux éclats et autres manifestations plus ou moins brillantes. Cette joie est ce don offert et sans cesse renouvelé, qui nous enracine dans l’espérance. C’est cette assurance d’un amour par dessus tout, qui nous aide à tenir dans la fidélité non seulement à la foi reçue des apôtres mais surtout à tout ce que nous avons promis, à ce à quoi nous nous sommes engagés. Nous tenons parce qu’un autre nous fait tenir. Tels Marie et Joseph qui se sont engagés à suivre les demandes de Dieu par les paroles des Anges.
Confiance
« Ne crains pas » leur a dit l’Ange. Nous pourrions comprendre fais-moi confiance car  Dieu nous dit que sa parole est une Parole de Vie qui nous emmènera bien plus loin que nous pouvons imaginer. Faire confiance à Dieu est aussi une révolution. C’est-à-dire que cela nous conduit à venir à l’origine, au fondement de ce qui nous fait devenir chaque jour davantage « Enfant de Dieu » : l’Amour inconditionnel de ce Dieu qui nous offre cette nuit son Fils unique. Croire en l’Amour c’est bien souvent ce qui nous manque pour que notre vie puisse être pleinement déployée et que nous vivions de cette vie en abondance promise et annoncée par le Christ. Noël c’est aussi accueillir l’inouï de la vie que le Père nous donne en la naissance de son fils, cet enfant que nous contemplons aussi dans l’humble mangeoire de la crèche.
Accueillir, faire confiance à Dieu c’est donc marcher avec Lui qui est la lumière par excellence pour que nos vies soient porteuses de Sa Joie. Voici donc la proposition que Dieu nous fait en cette nuit particulière. Entrons donc avec un cœur émerveillé dans cette invitation que le Seigneur nous fait ce soir. Avec Lui et en communion les uns avec les autres autres, aidés par le Saint Esprit, nous goûterons à sa tendresse qu’il ne cesse de nous offrir, jour après jour.

Chemin d’Avent

christmas-507818_960_720Pour la partie francophone du Réseau Mondial de Prière du Pape, j’ai rédigé une méditation, notamment tout au long du temps de l’Avent, parue sur sa page Facebook, je vous propose de les retrouver sur ces pages :

Accueillir l’inaccueillable

Les textes qui nous sont proposés par l’Église en ce quatrième dimanche de l’Avent nous invitent à réfléchir à la manière dont nous répondons aux appels de Dieu. Ils ne viennent pas ex-nihilo mais au travers de signes, de convictions intérieures profondes qui nous habitent, de sentiments qui nous mobilisent et nous entrainent au-delà de nous-même.
Décision
L’Évangile de ce jour nous propose de suivre Joseph dans son cheminement intérieur. Au delà de sa décision de répudier Marie ce qui doit nous marquer est qu’il souhaite le faire « en secret ». C’est-à-dire d’une manière qui n’humilie pas. Nous pouvons nous souvenir de Joseph lorsque nous avons à prendre une décision difficile. La prenons-nous de manière impulsive ou prenons-nous le temps de discerner pour qu’elle soit ajustée à ce que nous portons comme convictions, comme valeurs et désir de témoigner de notre vie de disciples du Ressuscité ?
Annonciation
L’irruption de Dieu dans la vie de Joseph est aussi une annonciation. Celle d’accueillir l’inaccueillable ; c’est en quelque sorte une mission impossible.

En consentant à la Parole du Seigneur il lui permet de donner à l’humanité le Signe par excellence : Jésus-Emmanuel : Dieu est avec nous pour nous sauver .

Disponible
Laissons nous rejoindre et habiter tout au long de ces jours qui nous séparent de Noël par cette figure de Joseph. Sachons accueillir la grâce qui nous rend disponible aux signes que Dieu nous adresse au coeur de nos vies. Ils sont des appels à ce que nous devenions des Apôtres de la Joie de Dieu.

<< Méditation du premier dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du deuxième dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du troisième dimanche de l’Avent – A
<< Méditation du quatrième dimanche de l’Avent – A

Franchir les frontières

Quel contraste entre avent_2la première lecture et l’Évangile de ce deuxième dimanche de l’Avent. Isaïe nous présente un monde idyllique de fraternité et Matthieu les paroles vigoureuses de Jean-le-Baptiste.
Réconciliation
Dieu aurait-il changé durant les 8 siècles qui séparent ces deux lectures ? Bien-sûr que non. Le premier nous présente ce que serait le monde réconcilié de l’Homme avec Dieu et le second les modalités de cette réconciliation.

Se réconcilier avec Dieu, se convertir, c’est accepter de se mettre en route à la suite de l’appel que Dieu.

Il ne cesse de nous appeler au quotidien même dans les déserts de nos vies, même dans la sécheresse de notre vie spirituelle.
Conversion
Nous n’avons jamais fini de nous convertir, car nous n’avons jamais fini de découvrir l’immensité de l’amour de Dieu. Alors, mettons en marche pour partir à la rencontre du Seigneur qui ne dévole que dans cet accueil mutuel que nous décrit Paul dans la seconde lecture.
Frontière
Que le Seigneur nous donne la grâce en ce dimanche et tout au long de cette semaine de quitter nos zones de sécurité, de confort pour franchir la frontière qui nous sépare de l’autre. Ainsi, « d’un même cœur, d’une seule voix, nous rendrons gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ »
<< Méditation du premier dimanche de l’Avent  – A

Méditation du troisième dimanche de l’Avent – A >>

 

La joyeuse attente

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Ce troisième dimanche de l’Avent est le dimanche de la Joie. Cette Joie que nous goûterons dans la nuit de Noël ; celle de savourer que l’Amour de Dieu va jusqu’à nous offrir son Fils pour nous sauver de nos tristesses, de nos insatisfactions, de nos attentes impatientes. C’est d’ailleurs la question centrale de ce dimanche, celle de l’attente. Les disciples de Jean-Baptiste interrogent Jésus : « Es-tu Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre » ? Cette question Jésus la retournera à ses disciples en leur demandant « Pour vous qui suis-je » ?
Interrogations
Nous qui connaissons Jésus que par la foi, l’enseignement de l’Église et le lecture priante de la Parole, avouons que nous nous interrogeons sur Lui. Pourquoi si Dieu est le Sauveur tant de mal dans ce monde ? Où est cette Joie promise par les Prophètes et annoncé par Jésus ?

Peut-être est-ce parce que nous manquons de foi et de confiance dans la force de l’Esprit.

Missionnaires
Demandons à Dieu d’être davantage signe de sa force, d’espérer contre toute espérance afin de devenir ces missionnaires de l’impossible. Ne laissons pas notre zèle missionnaire être arrêté par des contingences humaines, mais avec l’humilité qui nous vient nous Seigneur, annonçons par nos vies que l’Espérance en Lui ne déçoit pas. Que la lumière du Christ qui vient nous réchauffer, déploie notre dynamisme à la louange de gloire de sa grâce (Ep 1).
<< Méditation pour le premier dimanche de l’Avent – A
<< Méditation pour le deuxième dimanche de l’Avent – A

Méditation pour le quatrième dimanche de l’Avent – A >>

 

Marcher, veiller et espérer

Nouavent_1s entrons ce dimanche dans le temps de l’Avent. Les textes que nous propose la liturgie nous entrainent à marcher, veiller et espérer. C’est la dynamique de ce temps d’attente qui nous conduira vers cette fête de Noël.
Entrainement
Laissons-nous entrainer pas l’invitation du prophète Isaïe de venir vers la lumière du Seigneur, c’est elle seule qui peut illuminer nos cœurs et rendre nos vies davantage fécondes.
Joie
Notre quotidien nous entraine souvent à courir, à remplir nos agendas pour assumer nos missions et le temps passant nous oublions l’essentiel : tâcher de trouver la joie de Dieu au coeur de nos vies.Le psalmiste nous dit sa joie lorsqu’il lui est annoncé le but de sa marche : aller vers la maison du Seigneur. Et nous ?

Sommes-nous capables de ressentir une joie profonde, un appel qui nous entraine sur le chemin de l’espérance ?

Relecture
Durant tout ce temps de l’Avent, prenons le temps de relire nos vies chaque jour pour y trouver une raison d’espérer et d’entrer dans l’action de grâce de nous savoir aimé par Dieu qui, par amour, pour chacun de nous, nous offre son Fils unique.

>> Méditation pour le second dimanche de l’Avent – A